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Les doryphores font parti des ravageurs en végétation de la pomme de terre Protection de la culture

Protection contre les ravageurs en végétation

29 mars 2011

La lutte contre les ravageurs de la pomme de terre ne doit pas intervenir sous n'importe quelles conditions. Point sur la lutte contre trois ravageurs en végétation.

Objectifs

► Assurer une protection efficace de la culture contre les insectes dangereux par leurs effets directs (prélèvement de sève, ingestion des feuilles…) ou indirects (transmission de virus).
► Eviter les traitements inutiles, pour réduire les transferts de substances actives dans les eaux et vers les tubercules, et les problèmes de résistance des pucerons.
► Prévenir l’apparition de phénomènes de résistance en alternant les produits insecticides utilisés (différents modes d’action).
► Connaître les conduites agronomiques et mesures prophylactiques permettant de réduire la pression des ravageurs.

Les interventions ne seront pas systématiques mais réalisées uniquement en présence de ravageurs.

Conditions d’application des insecticides

Les insecticides doivent pouvoir pénétrer au coeur de la végétation. La bonne répartition des insecticides sur les feuilles est assurée grâce au volume de bouillie. Des volumes inférieurs à 150 l/ha sont insuffisants, préférer des traitements à 300 l/ha. Il est recommandé de choisir des buses adaptées au volume plutôt que d’augmenter la pression de traitement.

En période chaude, les interventions insecticides doivent être réalisées tôt le matin quand les températures sont inférieures à 20 °C et l’hygrométrie supérieure à 70 %. Si la parcelle est irriguée, il est recommandé d’intervenir après irrigation pour éviter le lessivage des produits phytopharmaceutiques.

Sommaire :

► Lutte contre les pucerons

► 
Lutte contre les doryphores

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Lutte contre la teigne

► 
Pour en savoir plus

Lutte contre les pucerons

Quatre espèces de pucerons sont fréquentes sur pomme de terre: Aphis nasturtii, Myzus persicae, Macrosiphum euphorbiae, Aulacorthum solani. Malgré l’existence de critères de reconnaissance, il est très difficile d’identifier les espèces. De plus, les populations peuvent être mixtes et varier en cours de saison. Les insecticides n’ont pas tous la même efficacité selon les espèces, il est donc préférable de choisir une spécialité efficace sur l’ensemble des pucerons.

Un seul traitement adapté et bien positionné est suffisant dans la plupart des cas. On surveillera en particulier les feuilles basses et la face inférieure des feuilles. La date d’intervention est très importante. Pour la déterminer, il existe deux méthodes.

Une méthode d’observation complète :

► Compter le nombre de pucerons sur une feuille du haut, du milieu et du bas de la plante. Répéter l’opération 20 fois. Le seuil d’intervention actuellement retenu se situe entre 5 et 10 pucerons en moyenne par feuille (la feuille est composée de 7 à 11 folioles).

Une autre méthode d’observation simplifiée peut également être adoptée :

► Sur une feuille située sur la moitié inférieure de la plante, choisir une foliole latérale jouxtant la foliole terminale. Observer la présence ou non de pucerons et répéter l’opération 40 fois sur des plantes différentes. Si des pucerons sont présents sur plus de 20 folioles, un traitement insecticide est nécessaire (méthode proposée par Champagne Céréales).


Sur l’ensemble des espèces, les pyréthrinoïdes employées seules sont déconseillées dans le cas de pullulations, préférer ainsi les pyréthrinoïdes associées ou les spécialités à base de flonicamide ou de pymétrozine.

On veillera à alterner les familles de produits insecticides utilisées sur l’exploitation (modes d’action différents) afin de prévenir l’apparition de populations de pucerons résistants.

Le respect des auxiliaires est essentiel pour une bonne maîtrise des populations de pucerons. Utiliser des produits respectueux des auxiliaires quelle que soit la période d’activité (entre mars et septembre).



Contre les pucerons, l'identification de l'espèce est importante pour adapter les produits.

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Lutte contre les doryphores

Le doryphore (Leptinotarsa decemlineata) est présent surtout dans les régions à climat continental ou semi-continental. Les larves et les jeunes adultes sont très voraces et peuvent détruire la totalité du feuillage. En cas de forte invasion, le rendement peut être réduit. Depuis quelques années, il a tendance à être de plus en plus présent en Alsace, en Champagne-Ardenne mais aussi en Picardie.

L’apparition des adultes, pontes et éclosions peut être très étalée. Les adultes arrivent à partir d’avril. Les oeufs de teinte rose orangée sont déposés le plus souvent par paquets de 20 à 50 à la face inférieure des feuilles ou sur le sol. Ils éclosent au bout de huit jours environ.

La lutte vise prioritairement les larves, plus sensibles aux insecticides que les adultes. Le développement des larves dure trois semaines puis elles s’enfouissent dans le sol et se nymphosent pour donner un adulte de première génération. La durée du cycle est de 5 à 6 semaines. Il peut y avoir une deuxième génération, en particulier dans les zones du sud de la France.

Si les larves sont petites (moins de 5 mm, soit moins de la taille d’un grain de riz), il est possible d’utiliser la lutte biologique avec Bacillus thuringiensis. Une intervention à base de pyréthrinoïdes, organophosphorés ou carbamates est envisagée quand les larves sont de la grosseur d’un grain de blé (généralement à partir de juin).

Bien que les larves plus âgées soient les plus résistantes, elles sont situées sur la partie supérieure des feuilles et sont donc plus faciles à atteindre que les jeunes larves localisées à la face inférieure.



Larve doryphore

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Lutte contre la teigne

La teigne (Phthorimaea operculella) est un parasite important dans les régions chaudes et humides, notamment dans le bassin méditerranéen. Dans cette région, il y a en général six générations par an. L’adulte est un petit papillon gris de 10 à 15 mm d’envergure.

Seules les chenilles provoquent des dégâts. Elles minent les feuilles, forent les tiges et les tubercules. Dans les stockages, la destruction peut être totale car les papillons peuvent y accomplir plusieurs cycles complets de développement.

Les galeries sinueuses, irrégulières, peuvent atteindre plusieurs centimètres de longueur. Les parois sont tapissées de soies et les excréments noirâtres sont accumulés vers l’extérieur. Ces caractéristiques permettent de distinguer ces galeries de celles des taupins.

La chenille blanchâtre à gris verdâtre atteint 10-12 mm à son complet développement.

La fécondité des femelles en région tempérée peut atteindre 80 oeufs. Le développement d’une génération est rapide, 20 à 30 jours à 28 °C ; de ce fait, on trouve en général tous les stades de la teigne simultanément à un instant donné.

Le piégeage sexuel des papillons mâles peut diminuer les attaques au stockage mais nécessite un piège pour 10 m2, ce qui est difficilement réalisable.

La lutte contre la teigne commence par éviter les facteurs qui favorisent son développement :

► A la plantation: éviter les tubercules en surface, ce qui favorise les pontes dans les pommes de terre; planter à 10 cm de profondeur.
► En végétation: éviter que les pommes de terre soient à jour ; préférer l’irrigation par aspersion plutôt que l’irrigation à la raie ; assurer le rebutage en cas de présence de fentes en sol lourd.
► A la récolte : ne pas laisser les tubercules déterrés au champ car les papillons ont une activité nocturne. Les récoltes précoces diminuent les risques de dégâts.
► Au stockage : éviter le stockage ouvert à température ambiante. L’optimum est de stocker à des températures inférieures à 6,5 °C.
► En hiver: éviter les repousses et tas de déchets, sources de contamination.

Actuellement, une seule molécule est autorisée, la lambda-cyhalothrine. L’intervention est réalisée à partir de la fin-juillet pour détruire adultes et larves.

En cas de récolte contaminée, il convient d’isoler les lots contaminés.

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Pour en savoir plusACTA, 2011 - Index phytosanitaire (mise à jour annuelle).

ARVALIS - Institut du végétal, Ministère de l’Agriculture, DGAL-SDQPV, 2010 - Dépliant « Protection des pommes de terre : lutte contre les maladies, les ravageurs, les mauvaises herbes, le défanage et la germination» (mise à jour régulière).

ARVALIS - Institut du végétal, 2004 - Principaux ravageurs de la pomme de terre.

ARVALIS - Institut du végétal, FNPPPT, GNIS, 2008. Maladies, ravageurs et désordres de la pomme de terre. Guide pratique.

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