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Grandes cultures bio : comment réussir ses premières années de conversion ?

07 février 2019

Dans un contexte où le nombre de producteurs bio ne cesse d’augmenter, voici quelques préconisations pour ceux qui s'installent.

Priorité n°1 : bien réfléchir la rotation et maîtriser les nouvelles cultures

Dans notre région, la conversion en agriculture biologique (AB) passe par un allongement important des rotations, nécessaire pour gérer l’azote, les adventices et les bioagresseurs. De nouvelles cultures sont généralement introduites sur l’exploitation, comme en attestent les chiffres franciliens. En moyenne, 7 cultures différentes sont produites chaque année sur une ferme de grandes cultures biologiques francilienne.

Figure 1 : Assolement moyen (2005-2017) des exploitations produisant des grandes cultures biologiques (Conversion et AB) en Ile-de-France

Source : Chambre d’Agriculture de région Ile-de-France

La priorité est d’appréhender au mieux ces nouvelles cultures, ce qui nécessitera d’acquérir de nouvelles connaissances techniques et d’en faire l’expérience dans son propre contexte pédoclimatique. Et cela en appliquant de nouvelles règles liées à la certification AB !

Au cours des premières années, il est primordial de « sortir » de sa ferme et d’aller à la rencontre des agriculteurs bio les plus expérimentés de son secteur.

Priorité n°2 : gérer les adventices grâce aux leviers possibles

La maîtrise des adventices en AB nécessite de mettre en œuvre une combinaison de leviers techniques : rotation, labour, faux-semis, retard de la date de semis des céréales, espèces et variétés couvrantes, nettoyage de la moissonneuse batteuse… et bien sûr le désherbage mécanique.

Ce dernier est généralement une nouveauté. Deux ou trois ans sont souvent nécessaires pour maîtriser au mieux ces nouveaux outils : bineuse à plus ou moins grands écartements, herse étrille, houe rotative, roto-étrille…

Mais la gestion des adventices est également très liée à la disponibilité de l’azote du sol. Un sol riche en azote favorisera les adventices nitrophiles (ray-grass, vulpin, gaillet…).

Pour les parcelles les plus infestées (dont la maîtrise était déjà difficile avec de la chimie), il est recommandé, au cours des premières années, d’implanter des cultures dites « nettoyantes » (luzerne…) et de s’abstenir d’apporter des engrais organiques riches en azote.

Priorité n°3 : maîtriser le triage

Le triage à la récolte est recommandé en bio, en particulier pour les stockeurs ou les agriculteurs réalisant leurs propres semences. Cette technique peut être nouvelle et donc nécessiter une montée en compétence sur le sujet.

Le stockage sans insecticides et sans insecte implique une plus grande vigilance et de nouvelles procédures de nettoyage par exemple.

Priorité n°4 : le reste on verra plus tard !

La fumure de fond n’est généralement pas nécessaire dans les premières années de conversion. Les sols sont encore suffisamment riches phosphore, potasse et autres éléments pour subvenir aux besoins des cultures et aux exportations plus faibles qu’en conventionnel. Des analyses de sol permettent de conforter ce diagnostic.

Quant aux produits de biocontrôle, stimulateurs des défenses naturelles des plantes utilisables en bio, il sera toujours temps de les utiliser plus tard. De nombreux agriculteurs en grandes cultures bio n’ont plus de pulvérisateurs. A la condition de bien choisir ses variétés (tolérance à la rouille jaune obligatoire), vous constaterez que les maladies ne sont plus un problème sur céréales à paille. Ces produits-là ne compenseront jamais un mauvais choix de précédent ou une mauvaise implantation !

Des surfaces de grandes cultures bio en augmentation
Les surfaces en grandes cultures biologiques augmentent fortement dans notre région, comme l’illustre les chiffres publiés par la Chambre d’Agriculture de région Ile-de-France.

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3 commentaires 08 février 2019 par COURSEAU

j'approuve pleinement...lorsqu une grande partie des agriculteurs sera passée en BIO , les prix s'effondreront De plus ,je vois mal les nouvelles générations retourner à l'agriculture de nos grands parents Mais, peut etre que de jeunes citadins écolos- bobos viendront s'essayer à la chose puisque les medias nous affirment doctement que c'est ainsi que doit aller l'agriculture française En tout cas, pour ma part de vivre

08 février 2019 par LEFORESTIER

@Queyral : labour annuel systématique ? Quelle région ?

08 février 2019 par QUEYRAL

A bien comprendre en bio on fait le contraire du conventionnel : plus d'engrais même organique, plus de protection fongique, plus de mauvaises herbes ...! Excusé ce peu , mais nous avons des producteurs de céréales BIO qui sont agréer depuis 50 ans : Engrais obligatoires et à grosse dose , protections maladies obligatoires , lutte contre les mauvaises herbes mécaniques impératives , des coûts de production très importants pour au final récolter quand tout va bien 25 Qx de blé si non 10à 15 qx de moyenne . bien vendu à 450 € , ils sont dans le rouge à cause des charges . ... Nous n'avons pas avancer sur le revenu des agriculteurs . le prix du blé BIO va rapidement être à 350€ à cause de l'augmentation des volumes ... Vous avez à coeur la technique, moi j'ai à coeur un revenu pour vivre !

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