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Deux hommes observant le blé dur à épiaison après l'épisode de gel en mai 2019 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Gelées : peut-on déjà estimer les dégâts potentiels sur les cultures ?

09 mai 2019

Les 5 et 6 mai derniers, les cultures ont été exposées à des températures basses pour la région mais qui sont rarement descendues en dessous des 0°C sous abri. Ce court épisode de frais peut-il être préjudiciable pour les céréales et les maïs ?

Ces gelées surviennent sur des céréales à paille comprises entre dernière feuille étalée et épiaison voire floraison, et quelques maïs assez avancés, notamment pour les semis les plus précoces (jusqu’à 3-4 feuilles). Elles sont d’une intensité beaucoup plus faible qu’en 2017, où les températures dépassaient parfois les -4°C sous abris. Les conséquences potentielles sont donc à relativiser (Figure 1).

Figure 1 : Températures minimales et rayonnements du 01/04/2019 au 12/05/2019 (à gauche) et du 01/04/2017 au 12/05/2017 (à droite) pour les stations météo de Niort (79, en haut) et Angoulême (16, en bas)
Les températures sont moins basses en 2019 et couplée à de bons rayonnements.



Figure 2 : Minimum des températures minimales enregistrées sur la période du 04 au 07/05/2019


Leurs conséquences sont difficiles à chiffrer et dépendent de leur intensité, de leur durée et du stade des cultures. D’autres paramètres météorologiques peuvent aussi entrer en jeu comme le rayonnement et l’hygrométrie. Les repères de risque de gel vis-à-vis des céréales retenus par Arvalis doivent être considérés comme des seuils d’alerte et non pas des seuils de dégâts systématiques.

Conséquences possibles sur céréales à paille

Risque modéré de destruction d’épillets pour les céréales à paille entre Dernière Feuille Etalée et Floraison

Les dégâts seront visibles dès l’épiaison avec des épillets détruits, blanchis, desséchés voire parfois destruction de l’épi entier pour les cas les plus extrêmes. Durant cette période, les céréales sont généralement sensibles aux gelées très prononcées (-3 à -4 °C). Compte tenu de l’intensité relativement faible des gelées, peu de dégâts graves de ce type devraient être observés dans la région.

Ces dégâts de gel sont aléatoires, en fonction d’effets microclimatiques, d’exposition, zone d’écoulement d’air, topologiques mais aussi dans la parcelle et même au sein des épis. D’où la difficulté de mesurer formellement les risques.

Il faut désormais attendre avant de mesurer l’effet du gel ! A partir des stades épiaison/floraison, l’estimation visuelle et la détermination du nombre d’épillets avortés ou détruits sont possibles.

Risque de défaut de fertilité à la méiose

Durant une courte période (à l’échelle de la parcelle entre 48 et 72 h) qui correspond au stade méiose, les cultures sont plus fragiles et peuvent subir des dégâts lorsque les températures sont basses. Le seuil d’alerte froid méiose est de +4°C (sous abris), mais le rayonnement compte aussi !

Ce stade pour les blés survient lorsque le sommet de l’épi est encore dans la gaine et atteint la ligule (base) de l’avant-dernière feuille. Compte tenu des rayonnements élevés de début mai sur la région, ce type d’accident pourrait ne concerner que quelques cas isolés de parcelles tardives (blés et orges) et très exposées au froid. En cas d’accident, les conséquences sont particulièrement graves car la compensation est limitée.



Les dégâts éventuels ne seront observables que tardivement après la formation du grain et se traduiront par des épillets vides de grain (absence de fécondation). Ils concernent rarement toutes les parcelles d’une zone (stades diversifiées via les dates de semis, variétés, etc.) et tous les épis d’une parcelle (stades différents des tiges sur une plante).

Les premiers diagnostics de fertilité des épis ne pourront être réalisés que tardivement après la formation du grain par comptage des épillets vides (absence de fécondation).

Conséquences possibles sur maïs

Après la levée, les jeunes feuilles se trouvent exposées à la température de l’air. Un gel de quelques heures est suffisant pour les détruire. Les effets visuels de températures gélives sur les feuilles déployées sont bien connus : dans un premier temps, elles brunissent rapidement, puis elles deviennent plus ou moins translucides. En revanche, avant 5 feuilles visibles, le méristème apical (apex), qui produit les feuilles une par une, est encore dans le sol. Il est donc bien protégé des basses températures.

Dans la majorité des cas, les nouvelles feuilles formées, mais pas encore visibles, se développeront et les conséquences sont donc minimes voire nulles sur le rendement.

En conséquence, suite aux gelées matinales de ces derniers jours, ne rien faire et attendre. Le risque de destruction est limité. Le plus souvent, quelques pieds disparaissent sans compromettre la culture. Rester prudent lors des traitements herbicides de postlevée précoce, et laisser à la plante fragilisée par le gel le temps pour repartir en végétation.

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