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Un homme tourne la vanne pour alimenter un canon à eau et irriguer le blé à montaison en Occitanie fin mars 2021 Messagerie Ouest Occitanie

Céréales : quand positionner l'irrigation ?

22 avril 2021

Les blés les plus précoces atteignent les stades critiques de besoins en eau : dernière feuille pointante (DFP) / dernière feuille étalée (DFE) voire gonflement. L’absence de pluies conséquentes depuis mi-février a entraîné dans une majorité de parcelles des stress hydriques. Les pluies de ces derniers jours ne sont pas suffisantes pour reconstituer les réserves en eau du sol.

Irriguer les céréales est sécurisant pour le rendement et la qualité en faisant toutefois attention au risque de verse notamment après l’épiaison, en raison de la retenue d’eau par les barbes des épis. L’intensité d’irrigation des canons enrouleur étant très élevée (10 à 20 mm par heure), il est recommandé de réduire la dose d’irrigation à 20-30 mm plutôt que 35-40 mm pour éviter la verse. De même, il est préconisé d’utiliser de petites buses pour réduire la taille des gouttes.

La pluie tombée ces derniers temps ne compensera pas le manque d’eau

Les mois de février et de mars se caractérisent par une période de sécheresse importante. Mi-avril, les faibles quantités de pluie qui sont tombées ont permis de réaliser des apports d’azote et d’assurer leur valorisation (variable selon les secteurs).

Le cumul de pluies d’avril sur les zones céréalières de la région varie de 5 à 15 mm (figure 1).

Figure 1 : Cumul des pluies des 10 et 11 avril 2021 dans le sud-ouest de la France

Les sols les plus superficiels sont déjà exposés à un épuisement de leur réserve facilement utilisable ; dans les situations les moins pluvieuses, cet épuisement est survenu depuis près de un mois (figures 3 à 5). Très peu de pluies sont actuellement prévues.

Impact du sec sur les céréales

Plusieurs phénomènes se cumulent sur cette campagne :
• une hydromorphie hivernale importante qui a conduit à des régressions de talles ;
• une sécheresse depuis mi-février qui a empêché un tallage de compensation entre début montaison et 2 nœuds, et après 2 nœuds, avec un impact possible sur la fertilité des épis ;
• un gel possible, notamment dans les bas-fonds.

Si le stress hydrique perdure après le stade 2 nœuds, la biomasse aérienne peut être impactée, notamment la partie remobilisable de la biomasse, qui est transférée dans les grains pendant le remplissage. Les capacités de la plante à maintenir le poids de mille grains (PMG) seront, de ce fait, réduites.

Adapter la période d’irrigation à l’espèce, au type de sol et aux besoins

Lorsque l’irrigation est possible, elle permet un gain moyen de 2 à 2,5 q/ha par tranche de 10 mm d'eau apportée. La période d’irrigation et les règles de décision sont fonction du type de sol (et plus précisément de sa réserve utile), de l’espèce considérée et de son stade. Ainsi, en cas de déficit hydrique sur blé tendre, l’irrigation est valorisée à partir du stade 2 nœuds en sols superficiels, mais seulement au stade dernière feuille pointante (DFP) en sols profonds.

Figure 2 : Période de sensibilité au manque d’eau des céréales à paille

Un stress hydrique entre la fin montaison et la floraison provoque une réduction du nombre de fleurs fertiles, l'altération de la fécondation, une réduction de la taille des enveloppes, et l'avortement des embryons. S'il survient au cours du remplissage des grains, il peut entraîner une altération de la vitesse et la durée de remplissage ainsi qu'une sénescence précoce des feuilles.

Etat des réserves en eau et conseils d’irrigation

Dans les cas d’irrigation, les apports d’azote tardifs prévus pourront être déclenchés avant l’irrigation pour assurer leur bonne valorisation.

Sur sols superficiels (réserve utile ≤ 70 mm)

La réserve de survie est vide pour les blés durs et les blés tendres sur les sols superficiels (figure 3). Des pluies conséquentes ne sont pas prévues dans les prochains jours. Même dans le cas contraire, elles ne permettraient pas de combler la totalité du déficit hydrique. Il est donc conseillé d’irriguer dès l’atteinte du stade 2 nœuds. En volume d’eau limité à 1 tour d’eau, l’atteinte du stade DFP sera le point de déclenchement de l’irrigation.

Le stress hydrique a pu déjà impacter la fertilité de l’épi. Une irrigation peut permettre de maintenir un PMG correcte, qui pourra être bon si les conditions redeviennent favorables.

Figure 3 : Bilan hydrique calculé avec l'outil Irré-LIS® pour la variété Oregrain, semée au 30 octobre en sol de boulbènes superficielles - Fleurance (32)

Sur sols moyens (RU entre 80 et 110 mm)

La réserve de survie est atteinte pour les blés durs et les blés tendres sur les sols moyens (figure 4). De plus, aucune pluie conséquente n’est annoncée prochainement.

Le positionnement de l’irrigation à DFP est idéal sur ces types de sols. Cela permettra aux plantes de compenser, en fonction toutefois, de la qualité de leur enracinement.

Figure 4 : Bilan hydrique calculé avec l'outil Irré-LIS® pour la variété Oregrain, semée au 30 octobre en sol de terreforts moyens - Station D’En Crambade (31)

Sur sols profonds (RU ≥ 110 mm)

La réserve de survie est en cours d’atteinte pour les blés sur les sols profonds à très profonds (figure 5). Aucune pluie conséquente n’est annoncée prochainement. Sur ces sols, une irrigation au stade DFP serait bénéfique.

Les faibles stress sur ces parcelles laissent espérer une capacité importante de rattrapage, notamment en cas de meilleures conditions climatiques à partir de l’épiaison. La faible pression maladies, liée au sec, est bénéfique.

Figure 5 : Bilan hydrique calculé avec l'outil Irré-LIS® pour la variété Oregrain, semée au 30 octobre en sol d’alluvions argilocalcaires profonds - Station d’En Crambade (31)

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