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gelées sur blés à début montaison Messagerie Poitou-Charentes

Gelées des 7 et 8 avril : quel impact pour les céréales dans la région ?

15 avril 2021

La chute brutale des températures observée la semaine dernière - après une brève période quasi-estivale - intervient sur des céréales en montaison. Pour les parcelles au stade 2 nœuds, l’impact de ces gelées devrait être relativement limité, compte tenu de leur intensité, restée modérée sur notre région. Toutefois, pour les quelques parcelles les plus précoces où les céréales ont atteint des stades plus avancés, des observations doivent être ciblées et des dégâts seront peut-être à déplorer.

Ces gelées surviennent sur des céréales à paille en tout début de montaison (et des maïs très peu avancés, à 1 feuille pour les parcelles les plus précoces). Les températures sous abri les plus basses enregistrées n’ont pas dépassé les -5°C ; sur une part importante du territoire, elles avoisinent les -2°C.

D’autre part, cet épisode de froid est intervenu sur une végétation sèche, avec de bons rayonnements pour la saison.

Figure 1 : températures minimales enregistrées du 3 au 10 avril 2021

Il est possible que certaines situations culturales modulent l’impact du gel. Le stress hydrique rend les plantes moins rapidement gélives. En revanche, l’irrigation peut s’accompagner d’une fragilisation de la plante sur ce critère, fragilisation d’autant plus marquée sur des stades avancés (à dernière feuille étalée / gonflement).

Des impacts fonction du stade des céréales

Les conséquences de ces gelées dépendent de leur intensité et du stade des cultures lors de leur survenue. Il est très difficile de les chiffrer. En effet, les repères de risque retenus par Arvalis et diffusés doivent être considérés comme des seuils d’alerte et non pas des seuils de dégâts systématiques. Les conditions d’apparition du froid ou du gel au champ sont aussi très variables et évidemment très différentes de ce qui pourrait être expérimenté en conditions contrôlées. Or ce sont ces mesures standardisées qui sont utilisées pour déterminer les seuils de froid. On peut néanmoins s’accorder sur les éléments ci-dessous, mais il est primordial d’aller observer les plantes aux périodes adéquates.

Entre épi 1 cm et 2 nœuds

En début de montaison, le gel peut provoquer une destruction totale de l’épi qui est encore petit (inférieur à 2 cm) : l’épi gelé va rapidement perdre son aspect brillant et turgescent et se nécroser. Au champ, cela se traduit par la régression des tiges dont l’épi est détruit. C’est d’abord le maître-brin qui est détruit avant que les autres talles prennent le relai et assurent la mise en place du rendement sans grande pénalité.

A ce stade, le seuil d’alerte est de -4°C sous abri, avec des dégâts probables en deçà de -6/-7°C.

• Risques potentiels dans la région : L’épisode de gel est survenu alors que les minima sont restés globalement supérieurs à ces seuils. On peut s’attendre à des dégâts ponctuels mais avec des conséquences limitées pour la majorité des parcelles (qui étaient au stade 2 nœuds). Repérer les parcelles des secteurs les plus gélifs (Nord Angoulême) et les espèces sensibles comme des orges de printemps semées à l’automne pour observer l’épi une semaine après les gelées et confirmer le diagnostic.


Gel d’épi dans la tige avant 2 nœuds : ce type de dégâts est peu probable compte tenu des minimales enregistrées.

Entre 2 nœuds et dernière feuille étalée

En cours de montaison, les dégâts du gel peuvent se traduire par une destruction partielle de quelques épillets à la destruction totale de l’épi. Il n’y a pas de compensation par une montée à épi des talles déjà trop développées, la composante « nombre de grains par épi » est affectée, avec un impact direct sur le nombre de grains par m².

Là encore, le seuil d’alerte est de -4°C sous abri, avec des dégâts probables en deçà de -6/-7°C.

• Risques potentiels dans la région : Les parcelles les plus précoces sont potentiellement concernées : blés tendres et blés durs les plus avancés, orge d’hiver, triticales très précoces. Mais les minima étant majoritairement restés supérieurs au seuil, le risque d’exposition est faible. Les parcelles les plus avancées de la bordure maritime ont été moins exposées au froid. On peut s’attendre à des dégâts ponctuels, aux conséquences plus pénalisantes. Repérez les parcelles les plus avancées sur les secteurs ayant gelé au plus fort. Le diagnostic ne se résume pas à épi détruit/épi intact. Il faudra attendre l’épiaison pour évaluer précisément les conséquences sur le potentiel de rendement.


Destruction d’épillets au-delà de 3 noeuds

Dernière feuille étalée – méiose

Ce stade est atteint lorsque le sommet de l’épi atteint la ligule de l’avant-dernière feuille. A ce stade, le gel peut provoquer des pertes de fertilité du pollen : absence ou mauvaise fécondation à floraison, le nombre de grains par épi est fortement impacté.

A ce stade, le seuil d’alerte est fixé à +2°C. Toutefois, les pénalités dues aux basses températures s’expriment surtout si le rayonnement est également faible (avec des valeurs inférieures à 200 cal/m²/jour) durant plusieurs jours consécutifs.

• Risques potentiels dans la région : les orges ayant atteint le stade barbes pointantes et les triticales les plus avancés ainsi que certains blés très précoces semés très tôt ont été exposés. Mais, bien que les seuils d’alerte sur les températures minimales aient largement été dépassés, les niveaux de rayonnement observés ces derniers jours sont restés bons sur la région, ce qui devrait limiter le risque. En cas d’accident, les conséquences sont très pénalisantes. L’évaluation de ce risque doit être maintenu cette semaine également avec toujours de petites gelées observées. Repérez les parcelles les plus avancées et particulièrement les orges d’hiver. Pour le diagnostic, il faudra attendre le début de formation des grains (fin mai-début juin) pour observer les manques (par des épillets vides de grain faute de fécondation). Pour les orges d’hiver, il sera possible d’observer des épis qui baillent à floraison.

Pour mémoire, en 2017, des épisodes de froid avaient marqué les esprits : des gelées les 21 et 27 avril avaient été d’ampleur similaire (quelques postes météo dépassant les -4°C), mais avec présence de givre et de glace notable. Ces gelées tardives étaient intervenues sur des céréales beaucoup plus avancées (les orges d’hiver étaient entre sortie de la dernière feuille et épiaison).

Message rédigé par Arvalis - Institut du végétal avec l’appui des techniciens des Chambres d’Agriculture de la Charente, Charente-Maritime et de la Vienne, Coop de Mansle, Coop de Matha, coop de St-Pierre-de-Juillers Coop Sèvre et Belle, Coop de la Tricherie, Océalia, Piveteau, SCEA Loulay, Soufflet.

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