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Gelée du 14 avril en champagne Messagerie Ouest Occitanie

Froid de début avril : des dégâts différents selon le stade des céréales

15 avril 2021

La chute brutale des températures observée la semaine dernière - après une brève période quasi-estivale - intervient sur des céréales à paille en pleine montaison. Pour les parcelles au stade 2 nœuds, l’impact de ces gelées devrait être relativement limité, compte tenu de leur intensité. Toutefois, pour les quelques parcelles les plus précoces où les céréales ont atteint des stades plus avancés, des observations doivent être ciblées.

Les gelées du 7 avril ont eu lieu sur des céréales entre 1 nœud (blés tendres tardifs) et dernière feuille étalée (orges). La plupart des blés durs étaient autour de 2 nœuds, les blés tendres à 3 nœuds. Quant aux gels des 14 et 15 avril, ils ont touché des céréales ayant des stades plus avancés : 2 nœuds à dernière feuille étalée pour les blés durs, dernière feuille pointante à étalée pour les blés tendres et sortie des barbes à épiaison pour les orges.

D’autre part, ces épisodes de froid sont intervenus sur une végétation sèche, avec de bons rayonnements pour la saison. Cela permettra à certaines situations culturales de moduler l’impact du gel. Le stress hydrique rend les plantes moins rapidement gélives. En revanche, l’irrigation peut s’accompagner d’une fragilisation de la plante sur ce critère, fragilisation d’autant plus marquée sur des stades avancés (à dernière feuille étalée / gonflement).

Figure 1 : températures minimales enregistrées le 7 avril 2021

Des impacts fonction du stade des céréales

Les conséquences de ces gelées dépendent de leur intensité et du stade des cultures lors de leur survenue. Il est très difficile de les chiffrer. En effet, les repères de risque retenus par Arvalis et diffusés doivent être considérés comme des seuils d’alerte et non pas des seuils de dégâts systématiques. Les conditions d’apparition du froid ou du gel au champ sont aussi très variables et évidemment très différentes de ce qui pourrait être expérimenté en conditions contrôlées. Or ce sont ces mesures standardisées qui sont utilisées pour déterminer les seuils de froid. On peut néanmoins s’accorder sur les éléments ci-dessous, mais il est primordial d’aller observer les plantes aux périodes adéquates.

Entre épi 1 cm et 2 nœuds

En début de montaison, le gel peut provoquer une destruction totale de l’épi qui est encore petit (inférieur à 2 cm) : l’épi gelé va rapidement perdre son aspect brillant et turgescent et se nécroser. Au champ, cela se traduit par la régression des tiges dont l’épi est détruit. C’est d’abord le maître-brin qui est détruit avant que les autres talles prennent le relai et assurent la mise en place du rendement sans grande pénalité.

A ce stade, le seuil d’alerte est de -4°C sous abri, avec des dégâts probables en deçà de -6/-7°C.

• Risques potentiels dans la région : L’épisode de gel est survenu alors que les minima sont restés globalement supérieurs à ces seuils et que la majorité des blés de la région étaient au stade 2 noeuds. Il est peu probable d'avoir des dégâts de ce type. Pour confirmer le diagnostic, l'observation de l’épi peut débuter une semaine après les gelées.


Gel d’épi dans la tige avant 2 nœuds : ce type de dégâts est peu probable compte tenu des minimales enregistrées.

Entre 2 nœuds et dernière feuille étalée

En cours de montaison, les dégâts du gel peuvent se traduire par une destruction partielle de quelques épillets à la destruction totale de l’épi. Il n’y a pas de compensation par une montée à épi des talles déjà trop développées, la composante « nombre de grains par épi » est affectée, avec un impact direct sur le nombre de grains par m².

Là encore, le seuil d’alerte est de -4°C sous abri, avec des dégâts probables en deçà de -6/-7°C.

• Risques potentiels dans la région : Les gelées du 7 et 8 avril ont touchés des orges à ce stade ; les gelées du 13, 14 et 15 avril ont touchés des blés tendres (semis d’octobre, variétés précoces, type BAF) à ce stade. On peut s’attendre à des dégâts ponctuels, aux conséquences plus pénalisantes. Repérez les parcelles les plus avancées sur les secteurs ayant gelé au plus fort. Attention, le diagnostic ne se résume pas à épi détruit/épi intact. Il faudra attendre l’épiaison pour évaluer précisément les conséquences sur le potentiel de rendement.


Destruction d’épillets au-delà de 3 noeuds

Dernière feuille étalée – méiose

Ce stade est atteint lorsque le sommet de l’épi atteint la ligule de l’avant-dernière feuille. A ce stade, le gel peut provoquer des pertes de fertilité du pollen : absence ou mauvaise fécondation à floraison, le nombre de grains par épi est fortement impacté.

A ce stade, le seuil d’alerte est fixé à +2°C. Toutefois, les pénalités dues aux basses températures s’expriment surtout si le rayonnement est également faible (avec des valeurs inférieures à 200 cal/m²/jour) durant plusieurs jours consécutifs.

• Risques potentiels dans la région : les orges ayant atteint le stade barbes pointantes et certains blés très précoces semés très tôt ont été exposés. Mais, bien que les seuils d’alerte sur les températures minimales aient largement été dépassés, les niveaux de rayonnement observés ces derniers jours sont restés bons sur la région, ce qui devrait limiter le risque. En cas d’accident, les conséquences sont très pénalisantes. Pour le diagnostic, il faudra attendre le début de formation des grains (fin mai-début juin) pour observer les manques (par des épillets vides de grain faute de fécondation). Pour les orges d’hiver, il sera possible d’observer des épis qui baillent à floraison.

Un gel à l’épiaison peut entraîner une disparition partielle ou totale d’épi. 2 à 3 jours après le gel, les épis déjà présents en parcelle ont pu être ponctuellement détruits par le froid. Ce cas est extrêmement rare, les céréales n’étant pas à ce stade de culture pour des périodes de semis « classiques ».

Message rédigé par Arvalis - Institut du végétal avec l’appui des techniciens des Chambres d’Agriculture de la Charente, Charente-Maritime et de la Vienne, Coop de Mansle, Coop de Matha, coop de St-Pierre-de-Juillers Coop Sèvre et Belle, Coop de la Tricherie, Océalia, Piveteau, SCEA Loulay, Soufflet.
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