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symptômes de gel sur maïs en mai 2019 dans le Centre est Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne / Limousin

Gel sur maïs : des effets selon le stade de la culture

16 mai 2019

Les gelées matinales de la semaine dernière ont-elles des conséquences sur les maïs déjà semés et ceux qu'il reste à semer ?

Le climat plutôt sec des semaines d'avril et les bonnes conditions de structure et de ressuyage des sols ont incité les producteurs de maïs à sortir les semoirs très tôt cette année. Au-delà du simple effet contextuel, précocifier les chantiers de semis est une pratique qui a tendance à se répéter ces dernières années, ce qui expose la culture à des risques de gelée.

Des températures basses pour ce début de campagne

Dans le centre de la France, les semis de maïs grain sont quasiment achevés et les maïs les plus avancés sont au stade 3 feuilles. Cependant les températures froides des derniers jours ont fortement ralenti leur croissance (figures 1 et 2).

Figure 1 : Nombre de jours avec des températures minimales < 6°C (zéro végétatif pour le maïs) entre le 24 avril et le 4 mai 2019


Figure 2 : températures et pluviométrie enregistrées sur la station d'Orléans pour un semis de maïs au 8 avril

Quelles conséquences du gel sur le maïs ?

Les effets du gel dépendent du stade du maïs.

Pour les parcelles non levées, c’est la température du sol qui est à prendre en compte. Celui-ci a un effet « protecteur » : la plante n’est pas touchée par le gel.

Pour les parcelles déjà levées, les jeunes feuilles se trouvent exposées à la température de l’air. Un gel de quelques heures est suffisant pour les détruire. Les effets visuels de températures gélives sur les feuilles déployées sont bien connus : dès le lendemain du gel, les feuilles des plantes touchées deviennent translucides puis virent au brun.

Jusqu’au stade 4-5 feuilles visibles, le méristème apical (apex), qui produit les feuilles, est encore dans le sol. Il est ainsi bien protégé du froid et gardera sa capacité à produire des feuilles. Dans la majorité des cas, les nouvelles feuilles formées, mais pas encore visibles, se développeront et les conséquences seront limitées. Toutefois, sur certaines plantules, les feuilles gelées - en se repliant plus ou moins sur elles-mêmes - peuvent bloquer le déploiement des nouvelles feuilles formées. Dans ce cas, il y aura perte de pieds.

En conséquence, suite aux gelées matinales de ces derniers jours, il convient de ne rien faire et d'attendre : la parcelle n’est pas détruite.

En revanche, il faudra être prudent lors des traitements herbicides de postlevée précoce, pour laisser à la plante fragilisée par le gel du temps pour repartir en végétation. Attention au risque de manque de sélectivité des mélanges herbicides, d’autant plus si les amplitudes thermiques élevées (> 15°C) se maintiennent avec des températures minimales inférieures à 6°C.

Et pour les semis à venir ?

Au semis, on recherche une levée rapide et homogène. La graine doit être au contact de l’humidité et dans des conditions d’aération suffisante pour permettre la germination.

Dans les conditions actuelles, le semis devra être suffisamment profond (≥ 4 à 5 cm) pour échapper au gel, aux oiseaux et au dessèchement superficiel du sol,, sans être trop profond
(< 8-9 cm) pour limiter l’épuisement des réserves de la graine par l’élongation du coléoptile, réduire la durée de l’émergence et donc échapper au parasitisme.

En cas de sol sec en surface, il faut choisir une option franche (semis tout en surface dans le sec ou tout en profondeur dans le frais) plutôt qu’un compromis qui ne permettrait la levée que d’une partie des semences en cas de temps sec prolongé.

Dans un sol ressuyé, la semence se conserve très bien s’il n’y a pas assez de chaleur pour germer et pour lever. Une semence qui commence à germer (gonflement) ne doit pas s’arrêter jusqu’à la levée.

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1 commentaires 18 mai 2019 par ROEDERER

Merci à vous de nous rappeler l'essentiel . Comme toujours ! Il faudra qu'on se fasse "moucher", un jour, à vouloir semer de plus en plus tôt... Sauf si le réchauffement climatique supprime ces gelées printanières... Cette année, comme les autres, j'ai "dégainé" le semoir plus tôt qu'habituellement, surtout en raison de la sécheresse et aussi parce que les anciens disaient: "la terre, il faut la prendre quand elle bonne"... Peut-être qu'ils ne racontaient pas que des c****ries ! Bon courage à tous

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