En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Gelée du 14 avril en champagne Messagerie Champagne-Ardenne

Gel du 14 avril : quel risque pour les céréales ?

18 avril 2019

Le matin du 14 avril, le thermomètre est descendu autour de -4°C dans la région, et plus localement jusqu'à -9°C. Le point sur les conséquences possibles d’un froid à ce stade sur les céréales.

Un froid ponctuel

La carte ci-dessous présente les températures minimales du 14 avril. Une précision : la température est relevée sous abri. C’est cette mesure « normée » qui est utilisée a posteriori pour étudier le comportement au champ et l’exposition au froid. La température en plaine peut être mesurée à des valeurs inférieures de 2 à 4°C à la température sous abri.

La température est descendue dans la majorité des situations autour de -4°C (de -3°C à -6°C sous abri). Localement dans les zones froides historiques (nord de la Marne, plateaux en Haute-Marne), la température est même descendue jusqu’à -9°C à Mourmelon (51), et -7/-8°C à Chaumont (52), Bourdons sur Rognons (52) et Aubérive (52).

Dans le détail des températures horaires, le froid n’est descendu au plus bas que quelques heures, de 2 h à 5 h du matin le 14 avril. Par ailleurs, l’humidité lors de cette nuit était assez faible sous une influence polaire continentale, provoquant un froid sec sans gelée blanche.

Carte 1 : Températures minimales (°C sous abri) entre le 13 et 14 avril 2019

Les céréales et les risques de froidAu stade tallage, les céréales sont assez résistantes au froid :- 12 à -15°C sous abri.
A partir de la montaison, le jeune épi devient sensible au gel (seuil d’alerte de -5 à -7°C sous abri). Ce seuil s’élève progressivement au cours de la montaison pour arriver autour de 0°C à floraison.
Rappelons que ces températures sont des seuils d’alerte et non des seuils de dégâts systématiques. Ils ont été revus par rapport au -4°C figurant dans les publications historiques.
Ces gels peuvent provoquer une destruction d’épillets, qui se matérialise par des trous dans l’épi au moment de l’épiaison ou un gel total d’épi.
Par ailleurs, physiologiquement, les dégâts de gel ne sont pas systématiques car les céréales possèdent plusieurs mécanismes d’échappement à la prise en gel de leurs tissus avec par exemple les phénomènes de surfusion.
Lors de la méïose (peu après le stade dernière feuille étalée), la plante requiert des quantités importantes d’énergie pour la formation du pollen. Elle est alors particulièrement sensible aux stress climatiques : défaut de rayonnement (seuil d’alerte < 200 cal/m²), froid (seuil d’alerte pour des températures proches du gel), stress hydrique.
La durée d’exposition au froid est également un facteur important de risque de dégâts.

Un risque faible sur blé et orges de printemps, légèrement plus marqué sur orges d’hiver

Les blés sont majoritairement au stade 1 nœud actuellement, s’étalant selon les dates de semis et la précocité variétale d’environ épi 1 cm à 2-3 nœuds pour les parcelles les plus avancées. Au vu du seuil d’alerte début montaison (-5 à -7°C sous abri), du stade majoritaire à 1 nœud, et des températures relevées le matin du 14 avril (-4/-5°C dans la majorité des situations), le risque de dégâts sur blé reste faible de notre point de vue.

Les orges d’hiver sont, quant à elles, plus avancées que les blés, majoritairement à 2 nœuds et à dernière feuille pointante pour les plus avancées. Nous considérons que la méïose (peu après dernière feuille étalée) n’est pas encore atteinte. Le risque de voir des dégâts sur les épis d’orge d’hiver est plus important que sur blé. Toutefois, le froid est resté ponctuel, quelques heures, ce qui tempère ce risque.

Du côté des orges de printemps, elles sont entre le stade tallage et début montaison, donc moins exposées au risque de froid, la sensibilité étant croissante au cours de la montaison.

Pour les situations où il a fait le plus froid (de -7 à -9°C), rappelons-nous de l’année 2017… Les 20 et 21 avril 2017, un coup de froid matinal était intervenu 2 jours consécutifs : majoritairement à -4/-5°C sous abri mais -7°C sur quelques stations en Haute-Marne et jusqu’à -8,8°C à Mourmelon (51). Les blés étaient à ce moment-là au stade 1-2 nœuds et les orges d’hiver au stade dernière feuille.

La meilleure période pour visualiser des dégâts de gel sur épi se situe à l’épiaison. En 2017, au stade épiaison, nous n’avions pas relevé de dégâts de froid dans les zones ayant enregistré les plus faibles températures au moment du gel.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

1 commentaires 19 avril 2019 par MARTINOT

merci pour l'info détaillée

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10