En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Blé tendre au stade 1-2 nœud avant le froid de début avril 2020 en Occitanie Messagerie Nord-Aquitaine

Froid : quelles conséquences sur les céréales ?

09 avril 2020

Les céréales ont bénéficié de températures et d’un rayonnement cléments les semaines précédentes. Les gels matinaux de ces derniers jours risquent de freiner légèrement leur progression. Mais peuvent-ils générer des dégâts sur les plantes ?

 Des températures minimales autour de - 1°C

La température est descendue, dans la majorité des situations, autour de -1°C sous abri. La température en plaine peut être mesurée à des valeurs inférieures de 2 à 4°C à la température sous abri. Dans le détail des températures horaires, le froid n’est descendu au plus bas que quelques heures, de 2 h à 5 h du matin. Par ailleurs, l’humidité des nuits est assez faible, provoquant un froid sec sans gelée blanche.

Carte 1 : Températures minimales le 27 mars 2020 (en °C)

Figure 1 : Températures du 25 mars au 1er avril 2020 pour le poste météo de Bergerac (24)

A quels stades sont les céréales ?

Actuellement, les stades des céréales sont très variables (tableau 1). Approximativement :
• semis d’octobre : stade 3 nœuds,
• semis de novembre : stade 2 nœuds,
• semis de décembre : 1 nœud, 
• semis de janvier : début montaison. 

En résumé, les stades s’étalent de début montaison à dernière feuille pointante pour les céréales les plus avancées.

Tableau 1 : Stades des blés tendres sur le poste météo de Bergerac (24)

Quels impacts des températures négatives sur les blés ?

Jusqu’au stade fin tallage, les céréales sont assez résistantes au froid : - 12 à - 15°C sous abri.

A partir de la montaison, le jeune épi devient sensible au gel. Le seuil d’alerte se situe de - 5 à - 7°C sous abri, ce seuil s’élève progressivement au cours de la montaison pour arriver autour de 0°C à floraison.

Figure 2 : Seuils d’alerte vis-à-vis des accidents climatiques en fonction des stades

Rappelons que ces températures sont des seuils d’alerte et non des seuils de dégâts systématiques.

A partir de la montaison, les gels peuvent provoquer une destruction d’épillets, qui se matérialise par des trous dans l’épi au moment de l’épiaison ou un gel total d’épi. Les visualisations de dégâts de gel sur épi ne sont possibles qu’à l’épiaison.

Physiologiquement, les dégâts de gel ne sont pas systématiques car les céréales possèdent plusieurs mécanismes d’échappement à la prise en gel de leurs tissus avec, par exemple, les phénomènes de surfusion. La durée d’exposition au froid est également un facteur important de risque de dégâts.

Les blés sont majoritairement au stade 2 nœuds actuellement, s’étalant selon les dates de semis et la précocité variétale. Au vu du seuil d’alerte début montaison, du stade majoritaire et des températures relevées le matin du 27 mars, le risque de dégâts sur blé reste faible de notre point de vue.

Qu’en est-il des orges ?

Les orges d’hiver sont, quant à elles, plus avancées que les blés : elles sont majoritairement à 2 nœuds, voire dernière feuille pointante pour les plus avancées. Nous considérons que la méiose (peu après dernière feuille étalée) n’est pas encore atteinte.

Tableau 2 : Stades des orges sur le poste météo de Bergerac (24)



Du côté des orges de printemps, elles sont entre le stade tallage et début montaison (rare), donc moins exposées au risque de froid, la sensibilité étant croissante au cours de la montaison.

En conclusion

Les conditions climatiques actuelles ne doivent pas engendrer de craintes particulières en lien avec les petites gelées. A l’inverse, le retour d’un temps sec et doux peut constituer une opportunité de rattrapage pour certaines parcelles : il va permettre une reprise douce de la croissance sans générer une demande trop brutale vis-à-vis des racines, pas toujours bien installées.

Par ailleurs, l’ensoleillement actuel et le vent d’Est peuvent engendrer des lésions foliaires (dérèglement de la photosynthèse dans le premier cas, dessèchement des bouts de feuilles dans l’autre) ; ces symptômes, probables, n’ont en général pas d’impact sur la suite de la croissance des cultures.


Photo : dégâts de gel sur feuilles - ARVALIS

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10