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Blé à fin tallage stressé par l’excès d’eau et le gel - Parcelle de blé à épi 1 cm Messagerie Pays de la Loire

Fractionner les apports d’azote sur blés pour une valorisation maximale

08 mars 2018

Suite au froid de fin février, la douceur et un temps très humide sont de retour. Le régime de pluies répétées complique fortement la conduite des parcelles.

Si les prévisions météo se confirment, il sera difficile d’envisager des interventions d’ici la semaine prochaine. Or, dans certaines parcelles, la maîtrise des mauvaises herbes devient critique alors qu’il n’était pas envisageable d’intervenir durant l’épisode de froid. Il faut désormais attendre que les cultures reprennent de la vigueur et que la portance soit de nouveau au rendez-vous pour désherber. Concernant la fertilisation azotée, beaucoup de parcelles ont bénéficié d’un premier apport à la faveur du temps plus sec de fin février. L’engrais apporté va permettre de couvrir les besoins du début de montaison.

Les excès d’eau plus préoccupants que le froid

Le froid sévère des derniers jours de février ne devrait fort heureusement avoir que des conséquences limitées sur les cultures. Il est intervenu sur des céréales encore peu avancées donc moins sensibles. De plus, le nombre de jours successifs avec des minima inférieurs à -4°C sous abri est faible (2 à 3 jours maximum dans notre région). Les symptômes liés au froid sont essentiellement des nécroses foliaires. Dans les parcelles les plus avancées – entre épi 1 cm et 1 nœud au moment du froid – on pourrait observer la destruction du maître-brin par gel de l’épi dans la tige. Cet accident sera partiellement corrigé par les talles principales qui prendront le relais. L’expérience de février 2012 montre que la compensation est en général satisfaisante avec au final des rendements corrects.

Le plus préoccupant actuellement est l’excès d’eau qui se prolonge alors que les céréales entrent dans une phase beaucoup plus sensible. Dans les sols concernés, les zones hydromorphes sont plus particulièrement marquées et présentent un aspect jaune – brun. C’est la conséquence du double effet du froid et de l’excès d’eau. Avec le démarrage de la montaison, si la saturation des sols se prolonge, les cultures seront pénalisées : en état d’asphyxie, leur métabolisme est perturbé avec en conséquence une croissance réduite, une mauvaise absorption des minéraux et une régression des talles.

Quelle conduite tenir dans les prochains jours ?

► Le désherbage reste la priorité dans les parcelles nécessitant un rattrapage mais il convient d’attendre le retour de conditions propices : parcelle portante et culture ayant retrouvé un bon état végétatif.

► Ajuster la dose d’azote totale : la valeur de reliquat mesurée doit être ajustée en fonction des pluies tombées depuis le prélèvement de terre. La réserve en eau des sols étant pleine, on peut assimiler les cumuls de pluie depuis cette date à la lame drainante.

► Réserver une dose d’engrais pour la fin de la montaison en adaptant bien à la variété (tableaux 1 à 3 selon les types de blé). L’utilisation d’un outil de pilotage permettra ensuite d’ajuster plus précisément la dose à apporter à dernière feuille étalée.

► Les parcelles ayant reçu un premier apport d’azote resteront bien pourvues jusqu’à la fin mars. Pour les autres, il faut envisager un apport autour du stade épi 1 cm dès que la portance le permettra. Rappelons qu’en état d’excès d’eau, l’azote est mal valorisé - il sera donc dans ces situations encore plus important de piloter le dernier apport pour bien ajuster la dose d’engrais aux besoins de la culture. Le tableau 4 donne des recommandations de fractionnement pour valoriser au mieux l'azote apporté.

Tableau 1 : dose d’azote à reporter à dernière feuille en fonction des variétés de blé tendre dans l’objectif de maximiser rendement et qualité des grains

Tableau 2 : dose d’azote à reporter à dernière feuille en fonction des variétés de blé dur dans l’objectif de maximiser rendement et qualité des grains

Tableau 3 : dose d’azote à reporter à dernière feuille en fonction des variétés de blés améliorants dans l’objectif de maximiser rendement et qualité des grains

Tableau 4 : Exemples de fractionnements recommandés selon le niveau de dose totale à apporter

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec AGRIAL, la CAPL, la CAVAC, la Chambre d’agriculture de la Mayenne, la Coopérative d’Herbauges, les Ets Hautbois, Soufflet Atlantique, Cecab - Bernard Agriservice

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