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Miniature apport d'engrais azoté Fertilisation du blé tendre

Optimiser l'alimentation de la plante en fractionnant l'azote

27 mars 2014

Une bonne répartition des apports d’azote au cours du cycle de la culture permet de limiter les pertes, d’éviter les suralimentations et d’améliorer la teneur en protéines du grain.

Plus le délai entre l’apport d’engrais et l’absorption par la plante est long, plus les risques de pertes d’azote sont élevés. Certaines pertes peuvent être temporaires à l’échelle de la parcelle lorsque la flore microbienne du sol intègre l’azote au sein de la matière organique (organisation). D’autres pertes sont au contraire définitives comme la volatilisation de l’azote ammoniacal ou la dénitrification de l’azote nitrique sous formes gazeuses, et la lixiviation des ions nitrates.
Fractionner les apports d’azote a donc pour premier objectif de limiter ces pertes et d’assurer un maximum d’efficacité à l’azote apporté. Son second but est d’éviter, autant que possible, les suralimentations azotées de la culture à certains stades : elles peuvent être à l’origine d’accidents comme l’augmentation de la sensibilité aux maladies du pied ou à la verse. Enfin, le troisième objectif du fractionnement est d’optimiser la qualité du grain, en favorisant des teneurs en protéines plus élevées dans le cas des blés panifiables et améliorants ou plus basses quand il s’agit de blé biscuitier.
Les apports d’azote après le stade « gonflement » n’ont plus d’impact sur le rendement, mais ils peuvent accroître la teneur en protéines des grains.

La valorisation limitée par plusieurs facteurs

La stratégie de fractionnement de la dose totale à apporter constitue de ce fait un compromis entre les trois paramètres que sont la capacité d’absorption des plantes, leurs besoinsquantitatifs en azote et la mise à disposition de l’engrais sous l’effet des pluies. Si l’un de ces trois facteurs est limitant, l’engrais apporté est moins bien valorisé.
La capacité d’utilisation de l’azote de l’engrais par la culture s’évalue à travers le CAU (Coefficient apparent d’utilisation). Pour une culture d’hiver comme les céréales, plus le stade de la culture avance, plus le CAU est élevé (figure 1).
Sur blé, un apport au tallage a généralement un CAU de l’ordre de 40 %, contre 80 % pour un apport de fin montaison.
Quant aux besoins du blé en azote, ils varient au cours de son cycle de développement (figure 2). Plutôt modestes au début, ils explosent en début de montaison pour s’atténuer progressivement jusqu’à la maturité, marquant la fin de l’absorption.
Ainsi, le principal apport d’azote se positionne à la veille de la montaison, c’est-à-dire au stade « épi 1 cm », qui marque la reprise de végétation.

Figure 1 : Coefficient d’utilisation de l’azote de l’engrais au cours du cycle de la culture.

Coef. d'utilisation de l'azote de l'engrais
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Enfin, l’efficacité de tout apport d’engrais est également conditionnée par le régime de pluie après l’apport. Il a été démontré qu’un cumul de 15 mm de pluie dans les 15 jours suivant l’apport est nécessaire pour assurer une efficacité maximale de l’engrais. Ce point peut parfois être limitant comme ce fut le cas lors des printemps secs de 2010 et 2011.

Figure 2 : Quantités d’azote absorbées par le blé au cours de son cycle en fonction des fournitures d’azote par le sol et l’engrais.

Quantité d'azote absorbé par le blé selon cycle
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Trois ou quatre apports

Après avoir calculé la dose totale à apporter selon l’objectif de rendement de la parcelle via la méthode du bilan, la stratégie classique sur blé consiste à fractionner cette dose en trois voirequatre apports. S’il est nécessaire, le premier est positionné au début du tallage et ne dépasse pas 60 kg N/ha. Car les besoins du blé jusqu’au stade « épi 1 cm » avoisinent cette quantité d’azote. Si les fournitures du sol ne sont pas suffisantes, le premier apport d’azote a pour objectif de couvrir ces besoins pour assurer un nombre optimal d’épis/m2.
Dans certaines conditions de sol à fourniture en azote élevée, comme avec un fort reliquat azoté de sortie d’hiver en surface (80 kg N/ha sur 0-60 cm), souvent en sols profonds, il est possible voire conseillé de ne pas réaliser cet apport. Dans les sols superficiels et/ou caillouteux ou de craie, à faible fourniture en azote, cet apport est en revanche nécessaire. Mais il est inutile d’aller au-delà de 60 kg N/ha car l’engrais apporté à cette époque est peu efficace (faible CAU). Non seulement sa moindre utilisation par laplante est à l’origine de pertes d’azote, mais un premier apport trop important peut favoriser les risques liés à la verse physiologique par une production de talles secondaires inutiles dans l’élaboration du rendement.
Le second apport, réalisé au stade épi 1 cm au moment de la reprise de végétation, sert à couvrir le solde entre la dose du premier apport et celle mise en réserve pour le dernier.

Le principal apport d'azote se positionne à la veille de la montaison, c'est-à-dire au stade "épi 1 cm".

Les plantes en reprise de végétation sont capables d’absorber de grandes quantités d’azote. Si la dose à apporter est supérieure à 120 kg N/ha et que la forme d’engrais employée est sensible aux pertes, comme la solution azotée, il peut être pertinent de la diviser en deux apports encadrant le stade « épi 1 cm ». Mais à cette époque, les conditions climatiques peuvent être limitantes. Un examen des fréquences historiques des pluies est nécessaire régionalement.

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Dernier apport pour la teneur en protéines

Positionné pendant la montaison, le dernier apport correspond à un report d’une partie de la dose totale d’azote de 40 à 60 kg N/ha (voire 80 kg N/ha pour les blés améliorants ou blés durs). Il est réalisé généralement entre les stades « 2 noeuds » et « gonflement ». Il a pour objectif d’une part d’assurer la nutrition de la plante en fin de montaison, et d’autre part d’augmenter la teneur en protéines des grains, surtout s’il est positionné en fin de montaison.
Un apport de l’ordre de 40 kg N/ha l’améliore d’environ 0,3 point. Ce troisième apport se révèle très efficace car il intervient après la régression des talles inutiles. Le transfert d’azote vers le haut de la plante, les épis, puis les grains, est plus rapide. Ce dernier apport peut être piloté à l’aide d’un outil comme Farmstar, Ntester ou Jubil®.Le principal apport d’azote se positionne à la veille de la montaison, c’est-à-dire au stade « épi 1 cm ».

Blé au stade montaison

Cet article est issu de l'édition de janvier 2014 d'ARVALIS-CETIOM Infos.

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2 commentaires 28 mars 2014 par LE SOUDER

Réponse ARVALIS En réponse à vos remarques : - En Semis Direct, d'accord avec votre remarque de risque de démarrage lent en sortie d'hiver, d'où un premier apport obligatoire. Pour l'apport "epi 1 cm", ce sont vos fournitures du sol et le calcul du bilan prévisionnel qui vous indiqueront la dose -Fractionner est absolument nécessaire pour permettre une alimentation soutenue pour le blé tout au long de sa croissance (en situation avec une pluie correcte, l'azote de l'engrais ne reste qu'un mois dans le sol, il est rapidement soit absorbé par la plante soit absorbé par les microorganismes soit perdu. - ce n'est pas l'azote qui dirige les racines. C'est d'abord la croissance de la plante entière qui induit la croissance racinaire, et les obstacles dans le sol qui orientent la position des racines. L'azote est un élément qui migre facilement au sein du profil, la plante peut prélever ainsi aussi de l'azote en profondeur. Cordialement,

28 mars 2014 par GUYOT

3 remarques OK pour une faible dose epis 1 cm, mais attention en SD, sol froid et trés faible minéralisation Fractionner augmente d'autant le risque d'étre dans de mauvaise condition d’absorption par le sol Est ce qui "biberonnage" n’empêcherait il pas le blé le favoriser son enracinement, ayant l'azote en surface.

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