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Observation d’une plante d’orge au stade tallage en février 2020 en Hauts de France Messagerie Hauts-de-France

Forte pluviométrie cet hiver : adapter la conduite des céréales à la parcelle

06 février 2020

Excès d’eau et douceur hivernale ont marqué ce début de campagne des céréales 2019/2020. Les semis ont été très échelonnés et les situations sont très hétérogènes. Ce qui impacte la gestion des interventions de sortie d’hiver.

Depuis cet automne, les cumuls de pluie sont très élevés perturbant l’implantation des céréales sur toute la région Hauts-de-France, particulièrement sur la bordure maritime dans le secteur du Boulonnais ou en Seine-Maritime.

Dans le Nord, l’Oise et l’Aisne, les cumuls atteignent 300 mm de pluie entre le 1er octobre et fin janvier, soit + 20 à + 40 % de plus que la médiane pluriannuelle alors que la bordure maritime ou la Thiérache dépassent les 400 mm, voire même plus de 550 mm dans certains secteurs (carte 1).

Carte 1 : Pluies du 1er octobre 2019 au 27 janvier 2020

Les températures sont, quant à elles, très douces depuis décembre et 2020 se positionne proche de l’année 2018 avec des cumuls de pluie et de températures largement supérieurs à la moyenne (figure 1).

Figure 1 : Relation entre cumul de températures et pluviométrie entre le 1er octobre 2019 et le 1er février 2020

Une hétérogénéité dans les développements

Les semis se sont étalés sur une plus longue période entraînant une hétérogénéité de développement :

- Les semis réalisés en bonnes conditions début octobre sont aujourd’hui très développés grâce aux températures très douces depuis le mois de décembre.

- Par contre, la 2e vague de semis de fin octobre début novembre a été réalisée en mauvaises conditions sur sols humides ou battants, et a subi de forts cumuls de pluie juste derrière les implantations. Pour ces situations, des pertes de pieds ou des symptômes de phytotoxicité peuvent s’observer parfois de manière marqué (manque de sélectivité après applications de racinaires : pendiméthaline, prosulfocarbe, flufenacet). Malgré tout, grâce aux températures très douces, on peut être aujourd’hui surpris du bon rattrapage de ces parcelles.

- Certaines parcelles ennoyées ou replaquées présentent des retards de développement importants, avec ponctuellement des pertes de pieds (bordure maritime).

Pour l’instant, les simulations de stade au 3 février prévoient l’arrivée du stade épi 1 cm plutôt en avance rapport à la médiane : autour du 15-20 mars (selon les secteurs) pour les semis de début octobre, autour du 25 mars pour les semis de fin octobre et début avril pour les semis de novembre. Les semis très tardifs en mauvaises conditions pourront s’étaler encore plus fortement.

Cette année, il faudra s’attendre à une grande variabilité de stades, selon la qualité des implantations ou les cumuls d’eau rencontrés, et il sera nécessaire d’adapter l’itinéraire technique à la parcelle.

Tableau 1 : Estimation du stade épi 1 cm (modèle prévisionnel au 3/2/2020 ARVALIS - Institut du végétal)

Désherber avant de fertiliser !

Ces décalages de dates de semis (semis en moyenne au 25/10, soit 10 jours de plus que les dernières années) ont toutefois l’avantage de réduire la pression ravageurs et des adventices.

Toutes les parcelles n’ont pas pu être désherbées à l’automne, mais les implantations retardées et le retour forcé au travail du sol (labour ou autres) devraient contrebalancer cet effet (excepté pour les semis avant le 15/10 dans les parcelles historiquement infestées).

- Pour les parcelles qui n’ont pu être traitées à l’automne avec des populations résistantes aux sulfonylurées, l’utilisation de type racinaire peut s’envisager, du moment que le stade de la culture n’est pas trop avancé (1-2 feuilles maxi pour le blé). Le risque de phytotoxicité existe, mais n’est pas plus élevé qu’à l’automne. Attention toutefois, car certains produits ne sont plus autorisés après le 31 décembre (ex : Fosburi ou Merkur).

- Pour les parcelles avec population sensible, intervenir le plus tôt possible sur adventices jeunes dès que les conditions seront satisfaisantes (sols ressuyés, hygrométrie favorable…) même si des températures négatives sont annoncées.

- Et surtout, ne pas fertiliser avant de désherber, au risque que l’azote bénéficie en premier aux adventices plutôt qu’à la culture !

Gérer le premier apport azoté

La conduite des apports azotés doit être adaptée aux situations agronomiques en tenant compte des fournitures du sol et du développement des parcelles.

Compte tenu des fortes pluviométries cet hiver, le lessivage a pu être important cette année, particulièrement sur les sols les plus superficiels. Mais d’un autre côté, la douceur de la fin d’hiver a pu permettre une minéralisation en surface. Les premiers retours dont nous disposons montrent qu’il a effectivement un peu plus d’azote disponible en surface que d’habitude.

Il sera donc important de réaliser un reliquat sortie d’hiver pour estimer les fournitures du sol et s’adapter à l’année.

- Les conditions difficiles d’enracinement doivent inciter à fractionner le plus possible pour accompagner la culture (stratégie en 3 ou 4 apports).

- Pour les semis précoces bien développés, les parcelles sont en plein tallage et l’état de croissance est bon, il n’y a pas d’urgence pour les 1ers apports azotés. Il sera toutefois prudent d’apporter de l’azote avant la fin du tallage, compte tenu du lessivage potentiel de l’année.

- Pour les semis plus tardifs, il faudra éviter toute carence précoce, tout en évitant des doses trop élevées (40 kg N/ha sera suffisant).

- Pour les parcelles ayant fortement souffert de l’excès d’eau présentant un retard de stade important, il sera nécessaire d’accompagner la culture.

- L’utilisation d’outil de pilotage pour réévaluer les besoins de la culture en fin de cycle sera évidemment pertinent dans le contexte de cette année.

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1 commentaires 08 février 2020 par DUVAL

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