En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Feuilles de blé dur avec symptômes de rouille jaune en avril 2020 en Méditerranée (bulletin ABDD) Messagerie Méditerranée

Fongicides sur céréales : intervenir en cas de rouille jaune

09 avril 2020

Depuis un mois, le blé dur présente des symptômes de maladies, notamment la rouille jaune et la septoriose. La stratégie fongicide est aujourd’hui fortement corrélée au stade des parcelles. Le point sur les différentes situations.

En Vallée du Rhône, un important foyer de rouille jaune s’est développé, d’abord sur Miradoux et RGT Volur, puis plus récemment sur Anvergur. Des foyers moins importants ont été observés également en Camargue sur les mêmes variétés. Cela touche des blés quasiment à tous les stades. La plupart des parcelles concernées dans ces secteurs ont déjà reçu un premier fongicide.

La septoriose est également présente. Pour l’instant, elle reste sur les feuilles du bas et ne monte pas.

Quand intervenir ?

Pour des blés malades, il faut agir.

Les questions qui se posent aujourd’hui sont :
- A quel moment ?
- En combien de passages ?
- Avec quel produit ?

Pour y répondre, une simulation a été réalisée afin de déterminer, pour les différents stades représentés aujourd’hui et selon la localisation, à quelle date les blés atteindront le stade pivot dernière feuille étalée (tableau 1).

Tableau 1 : Prévisions de la date à laquelle le blé sort sa dernière feuille pour différents stades au 3/04/2020 en fonction de la localisation - Littoral doux : Narbonne et Camargue ; plaine intérieure : Costières jusqu’à Orange ; intérieur froid : Nord Gard et Alpes-de-Haute-Provence - estimations réalisées pour des variétés ½ précoces (type Anvergur)

Dans notre région, la stratégie fongicide repose sur un traitement pivot à F1 étalée qui permet de tenir jusqu’à floraison, sauf en cas de présence de Fusarium.

En cas de maladies précoces (rouille jaune, rouille brune, septoriose), un premier traitement doit être réalisé pour maintenir la culture saine jusqu’à F1 étalée.  

Pour des blés entre le stade 2 nœuds et dernière feuille étalée

Un blé aujourd’hui à 2 nœuds a été semé autour de Noël sur la partie plus douce de la région (Littoral, Costières, Camargue) ou fin octobre-début novembre sur la partie plus froide (Nord du Gard, Alpes-de-Haute-Provence).

Ces cultures vont mettre entre 15 et 20 jours à passer de 2 nœuds à la dernière feuille étalée. La durée de persistance des principaux produits utilisés sur rouille jaune est de 20 jours (comme le tébuconazole). Une application réalisée aujourd’hui leur permettra de tenir jusqu’à dernière feuille étalée. Ce premier traitement est indispensable en cas de présence de rouille jaune ou de rouille brune.

En cas de présence de septoriose, la décision va dépendre de l’intensité de l’attaque : si celle-ci a atteint déjà les trois dernières feuilles sorties, alors un passage est nécessaire. Si, au contraire, elle reste sur les feuilles du bas et ne remonte pas, il faut attendre autant que possible d’être à dernière feuille étalée dans le cas où aucune autre maladie n’est présente.

Pour des blés entre épi 1 cm et 1 nœud

Un blé entre épi 1 cm et 1 nœud a été semé entre mi-janvier et fin janvier sur les secteurs plus doux et entre Noël et mi-janvier pour les secteurs plus froids (5 jours de retard environ pour une même date de semis entre ces deux secteurs). Ces blés vont peu monter et ont un cycle qui est accéléré par rapport à des semis à date « plus classique ».

Ceux qui sont à épi 1 cm vont mettre entre 25 et 30 jours pour arriver à dernière feuille étalée, et ceux qui sont plus proches de 1 nœud, de 20 à 25 jours.

Les prévisions météorologiques pour les dix prochains jours ne laissent pas prévoir un arrêt de la maladie. Il est donc dangereux de ne pas traiter aujourd’hui en cas de rouille jaune. Un premier traitement doit être réalisé dès que possible.

Pour les blés à 1 nœud sur le littoral, le traitement va couvrir la plante jusqu’à dernière feuille étalée. Pour les blés à 1 nœud sur les secteurs froids (Alpes-de-Haute-Provence) et les blés à épi 1 cm, la dernière feuille étalée va arriver en limite de l’efficacité de ce traitement. Il faudra être très vigilant lors des dix derniers jours : suivez bien l’évolution de la sortie de la F1 afin d’agir dès que possible. Si la maladie réapparait au bout de vingt jours, il risque d’être difficile d’attendre sans qu’elle ne cause de dégâts significatifs. Il faudra alors réaliser un deuxième passage avant que la dernière feuille soit étalée.

Pour des blés début tallage

Les blés à début tallage ont été semés fin janvier/début décembre dans des secteurs plus froids (Manosque) ou mi-février dans des secteurs plus doux (Camargue).

Pour l’instant, il n’y a pas de maladie signalée sur ces blés. Ils vont peu monter, et seront à F1 étalée dans un mois environ. Si la culture est attaquée par la rouille jaune, il est possible de réaliser un premier traitement dès aujourd’hui puis attendre la dernière feuille étalée.

Quels fongicides ?

En cas d’attaque de rouille jaune, quel que soit le stade, le premier traitement peut être réalisé avec du tébuconazole, une des solutions les plus efficaces (et la moins chère). Celui-ci peut être appliqué à demi-dose. Attention : augmenter la dose ne rendra pas le produit plus persistant car seules les feuilles déjà présentes sont directement protégées.

De manière plus globale, une triazole sera efficace sur rouille jaune. S’il vous reste de l’époxyconazole, profitez-en pour vider les stocks (limite d'utilisation fin juillet, après c’est interdit).

Attention : des retours nous laissent penser que l’association tébuconazole + soufre réduit l’efficacité de la triazole. Dans le doute, éviter ce type de mélange.

Si un deuxième traitement est nécessaire avant dernière feuille étalée, il est possible d’appliquer à nouveau une triazole. Mais mieux vaut alterner les molécules actives (metconazole ou cyproconazole par exemple).

Pour le traitement pivot à dernière feuille étalée, il cible principalement la rouille brune (qui se développe à une température plus élevée que la rouille jaune) et la septoriose.

Vous pouvez utiliser :
- des produits à base de strobilurine (azoxystrobine, picoxystrobine, trifloxystrobine),
- des triazoles (metconazole, cyproconazole ou tébuconazole) en alternant la matière active avec le premier traitement,
- un SDHI telle que le benzovindiflupyr ou le fluxapyroxad par exemple.

Parmi les spécialités utilisées, on retrouve (liste non exhaustive) : Bounty, Twist 500 SC, Elatus Pus, Elatus Era, Priaxor EC, Comet 200, Librax.

Des mélanges peuvent être réalisés afin de limiter les problèmes de résistance et/ou accroître l’efficacité du traitement. A titre d’exemple : Librax (0,68) + Comet 200 (0,35) ; Elatus Plus (0,5) + Arioste 90 (0,5) ; Amplitude (0,55) + Priaxor EC (0,55) ; Elatus Plus (0,5) + Bounty (0,33) ; Kardix (0,75) + Twist (0,15).

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10