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Miniature produits fongicides Fongicides blé tendre

Garder les SDHI pour le T2

10 avril 2014

Les essais réalisés par ARVALIS - Institut du végétal en 2012-2013 contre la septoriose confirment l’intérêt des triazoles et du chlorothalonil en T1. Ils démontrent également l’avantage des SDHI en T2.

50 % des agriculteurs traitent aujourd’hui en deux fois contre la septoriose, principale maladie foliaire rencontrée sur blé tendre. En 2013, ARVALIS - Institut du végétal a mené six essais visant à définir les meilleurs choix de produits ,pour chacun des deux traitements, T1 et T2. Pour construire les protocoles, l’institut s’est appuyé sur les résultats obtenus antérieurement : ils ont montré que les associations à base de SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) associées à une triazole se valorisaient mieux positionnées sur la « dernière feuille », donc en T2 plutôt qu’en T1 ou T3. Deux groupes d’essais ont donc été mis en place : ceux comparant en T1 les associations à base de triazoles, chlorothalonil et prochloraze, et ceux confrontant les spécialités à base de SDHI en T2.

Le prochloraze a toujours sa place en T1Présent dans le Sportak ou le Pyros, le prochloraze offre toujours un intérêt, même s’il est moins net en 2013 qu’en 2012. Pour 20 €/ha de moins que la référence Opus New 1,5 l, l’association Osiris Win à 1,2 l et Pyros à 0,6 l garantit de bons rendements, malgré des résultats visuels en retrait. Bilan : pour un investissement de 30 à 40 €/ha, plusieurs possibilités existent avec un bon rapport qualité/prix.

La référence Opus new toujours efficace en T1

En T1, la référence Opus New (époxiconazole) à pleine dose (1,5 l) offre une bonne efficacité, évaluée à 57 % pour un coût de 54 €/ha. Cette bonne performance se confirme en rendement brut : de 83,4 q/ha, il s’affiche en hausse de 8,5 q/ha par rapport au témoin non traité. Ces chiffres dépassent ceux d’Osiris Win (époxiconazole et metconazole) à demi-dose, soit 1,5 l/ha. En 2012, l’avantage était à ce dernier, moins coûteux.
Les bons résultats obtenus avec les mélanges à base de chlorothalonil, du type Pixel (1,5 l) et Ludik (0,75 l) ou Sunorg Pro (0,9 l) et Bravo (0,9 l) confirment l’intérêt de cette molécule par rapport à une triazole
seule comme Opus New à 1,5 l/ha.

En introduisant un mode d’action supplémentaire, ces associations égalent ou supplantent légèrement la référence, à la fois en efficacité et en rendement, pour des coûts inférieurs : respectivement 44 et 41 €/ha. L’application de Cherokee à 2 l, qui comprend deux triazoles en plus du chlorothalonil, se positionne également bien par rapport à Opus New, avec une efficacité de 60 % mais des résultats un peu inférieurs en rendement. Ce produit  reste intéressant pour une application en T1. La dose de Cherokee peut être abaissée à 1,5 l/ha, réduisant le coût à 33 €/ha au lieu de 44 à pleine dose. L’efficacité descend à 53 % mais sans chute de rendement. Le rapport qualité/prix devient alors intéressant.

Les bons résultats obtenus avec les autres mélanges à base de chlorothalonil confirment l’intérêt de cette molécule par rapport à une triazole seule.

Parmi les autres solutions à base de chlorothalonil, l’association de Bravo Premium à du Sunorg Pro fournit pour 40 €/ha de bons résultats, bien qu’un peu en retrait de la référence. À 39 €/ha, le mélange Joao (prothioconazole) à 0,4 l et Bravo à 1 l se situe au niveau d’Opus New 1,5 l. L’association Prosaro (prothioconazole et tébuconazole) à 0,5 l avec Bravo à 1 l donne quant à elle des résultats un peu meilleurs, pour presque 20 €/ha de moins.

Les SDHI valorisés en T2

En T2, les trois essais conduits par ARVALIS - Institut du végétal ont servi à mieux comparer les SDHI. Pour chaque produit testé, deux doses ont été appliquées. Les résultats ont été rapportés à la référence Opus new à 1,5  l/ha. Celle-ci est apparue clairement dépassée par les produits à base de SDHI.
Au sein de cette nouvelle famille, le fluxapyroxad, contenu dans Adexar et Cériax/Voxan, sort globalement bien son épingle du jeu. Cériax /Voxan à 1,2 l/ha offrent l’une des meilleures performances, tant en efficacité (73 %) qu’en rendement (110,2 q/ha). En plus du SDHI et de l’époxiconazole présent dans Adexar, il contient de la pyraclostrobine. Pour une même dose de fluxapyroxad, soit à 1,2 l/ha, il apporte ainsi 9 % d’efficacité et 2,3 q/ha de mieux par rapport à 0,8 l/ha d’Adexar. Ce produit fournit par ailleurs de meilleures performances que Viverda à 1,25 l/ha, révélant un avantage du fluxapyroxad sur le boscalid toutes choses égales par ailleurs. Un peu moins bons que le fluxapyroxad, les autres SDHI offrent malgré tout de très bons résultats.
L’intérêt de l’Aviator Xpro, à base de bixafen, est fonction de sa dose : à 0,75 l/ha, il apporte 5 % d’efficacité et 1,3 q/ha de plus qu’à 0,6 l/ha.

Le fluxapyroxad, contenu dans Adexar et Cériax/Voxan, sort globalement bien son épingle du jeu.

Tableau 1 : Moyens agronomiques permettant de prévenir les attaques de la septoriose


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2013 : pas facile de positionner ses traitements

En 2013, les faibles températures au printemps ont entraîné d’importants retards de stade, tout particulièrement dans la moitié nord de la France. Ce phénomène a complexifié le raisonnement des dates de traitements T1 et T2 contre la septoriose.
Il fallait se fonder non sur des dates calendaires mais sur l’apparition des stades clés et des contaminations, soit dernière feuille pointante pour le T1 et gonflement pour le T2, les deux traitements étant décalés d’une quinzaine de jours dans de nombreuses régions. Pour ce second traitement, une forte dose était nécessaire afin de voir le produit persister et pour maintenir un feuillage sain le plus longtemps possible. Dans de nombreux cas, sur variétés très sensibles à la septoriose, un traitement à la floraison s’est avéré nécessaire pour protéger la phase de maturité particulièrement longue en 2013.
Dans ces conditions particulières, l’utilisation d’un outil d’aide à la décision comme Septo-LIS permettait d’objectiver les risques et la conduite à tenir.


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