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Etat des céréales

Fertilité des épis : risque d’accident dans plusieurs régions

28 mai 2012

Les basses températures minimales et les faibles rayonnements récents pourraient avoir des impacts sur certaines parcelles de blé tendre dans le quart nord est de la France et en Poitou-charentes. Un point agroclimatique s’impose.

Les épisodes froids ou à faible rayonnement font craindre des problèmes de fertilité des épis des céréales, quand ceux-ci interviennent aux stades méiose (dernière feuille ligulée) ou floraison. Les faibles températures et rayonnements connus cette dernière semaine sont donc avant tout à craindre pour les parcelles et les régions qui avaient atteint ces stades sensibles. Cela concerne avant tout  les parcelles de blé tendre, qui avaient atteint le stade méiose, et d’orge d’hiver, en floraison, dans le quart Nord-est de la France, et les blés en floraison en Poitou-Charentes.

L’épisode de froid

La carte 1 représente les T° minimales (sous abri) atteintes lors de l’épisode froid de la semaine dernière.

On remarque que les minimales sont descendues en dessous de 4 degrés sur une large partie du territoire. C’est souvent ce seuil qu’on utilise comme « alerte » concernant la méiose. Les températures ce sont également approchées de zéro sur une bonne partie du pays, et sont franchement descendues en dessous dans le Nord-Est.

Les dynamiques horaires sont néanmoins à regarder de près (graphique 1).

En effet, dans l’Ouest, la durée des basses températures est courte. Par contre, le lendemain, dans l’Est, les températures sont restées basses pendant une durée nettement plus longue. Du fait de sa durée et de son intensité, l’épisode de froid vécu dans l’est qui coïncide notamment avec le stade méiose des blés, apparaît donc comme le plus inquiétant. Concernant le Poitou-Charentes, l’intensité du froid, sa durée, et le fait que la floraison soit plutôt moins sensible que la méiose aux basses températures laisse penser que l’épisode aura peut être été moins grave. Il faut néanmoins pour cette région rester attentif, car les températures basses ont été enregistrées à la mi-avril, ce qui a pu coïncider avec des stades méiose dans la région.

Un manque de rayonnement...

La journée du 21 mai a été marquée par de très faibles rayonnements sur tout le territoire (carte 2). Des rayonnements en dessous de 600 joules/cm², soit à peu près 140 cal/cm² sont effectivement très faibles. En Poitou-Charentes et en Pays de Loire, ces très faibles niveaux de rayonnement ont d’ailleurs été constatés les 19 et 20 également.

...Mais un quotient photothermique élevé

La montaison cette année se caractérise par un temps particulièrement frais et assez couvert. Pour interpréter les effets de ce temps sur l’élaboration du rendement, on mobilise généralement un indicateur comme le quotient photothermique, autrement dit, le rapport rayonnement sur température (cartes 3 et 4). En effet, lors de la montaison, et en particulier de la fin montaison, plus le fonctionnement photosynthétique cumulé du couvert est élevé, plus le nombre de grains et la fertilité des épis seront favorables. En l’absence de stress hydriques et azotés, ceci se produit quand les montaisons sont longues, grâce à  des températures fraîches par exemple, et ensoleillées. Le rapport rayonnement-température permet de bien cerner cela. On remarque que cette année, ce rapport est plutôt favorable comparativement à la médiane.

En résumé

Au bilan, on constate une situation assez paradoxale. Les conditions globales sur la durée de la montaison apparaissent a priori favorables en matière d’élaboration du nombre de grains, du fait de l’absence (ou de la relative faiblesse pour les sols plus superficiels) de stress hydriques ou azotés grâce au retour des pluies depuis début avril et à des quotients photothermiques favorables.

Cependant, des risques d’accidents de fertilité épis existent clairement sur plusieurs zones du territoire, car des conditions défavorables sont apparues en coïncidence avec des stades fugaces mais très sensibles (méiose et floraison) aux accidents climatiques. Les parcelles au stade méiose du quart nord-est ont vécu un épisode de froid, voire de gel, intense. Les parcelles de l’ouest à floraison ont quant à elles subi des niveaux de rayonnement très faibles.

Téléchargez :

- Carte 1 : températures minimales atteintes entre le 14/05/2012 et le 18/05/2012
- Carte 2 : rayonnement global le 21/05/2012
- Cartes 3 et 4 : Rapport rayonnement / températures (quotient photothermique)
- Graphique 1 : évolution des températures entre le 15/05/2012 et le 18/05/2012

Pour en savoir plus, consultez les articles « Stress climatique récent à méiose et floraison : les processus physiologiques en jeu » et « Diagnostiquer les problèmes de stérilité d’épis »

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