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En cas de carence azotée en pomme de terre on observe une décoloration de la végétation. Fertilisation

Fertilisation organique : ce qu'il faut savoir

21 novembre 2011

La fertilisation organique sur pomme de terre concerne les épandages de produits organiques pendant l’interculture qui précède la plantation.

Objectifs

► Raisonner les pratiques d’épandage et la dose d’apport des fertilisants de façon à optimiser la nutrition minérale de la culture, limiter les fuites du nitrate et phosphore dans l’environnement et réduire les risques d’accumulation du nitrate dans les tubercules
► Contribuer à l’entretien des teneurs en matières organiques des parcelles

Sommaire :

► Valeurs fertilisantes des produits organiques

► 
Détermination de la composition

► 
Détermination des coefficients d'équivalence engrais

► 
Pratiques conseillées de fertilisation organique

► 
Epandage de boues de stations d'épurations

► 
Pour en savoir plus

Calculer les valeurs fertilisantes des produits organiques

Les engrais organiques possèdent une valeur fertilisante dont il faut tenir compte dans le calcul de la fumure azotée, phosphatée, potassique et magnésienne de la pomme de terre.

La connaissance de la valeur fertilisante d’un produit organique repose sur la détermination de sa composition (teneurs en azote total, en P2O5, K2O et MgO) et des coefficients d’équivalence engrais minéral.

Pour chaque élément fertilisant, le coefficient d’équivalence engrais minéral (voir encadré 1)  exprime l’efficacité de l’engrais organique par rapport à un engrais minéral de référence (ammonitrate, superphosphate 45 % et chlorure de potassium).

En pratique, on calcule la fourniture réelle en élément fertilisant à la culture, en multipliant la dose totale d’élément fertilisant apportée par le coefficient d’équivalence engrais minéral. On calcule alors un effet direct de l’apport sur la culture.


ARVALIS - Institut du végétal propose un outil gratuit de calcul : Fertiliser avec les produits organiques.

Encadré 1. Calcul de la valeur fertilisante d’un engrais organique apporté avant pomme de terre

Va = Valeur Fertilisante par effet direct pour l’élément E = Teneur en élément E x Keq pour l’élément E

E = N, P2O5, K2O ou MgO
Keq = Coefficient d’Equivalence Engrais minéral

La valeur fertilisante s’exprime en kg d’élément E par tonne d’engrais organique frais.

La teneur de l’engrais organique en élément E s’exprime en kg par tonne de produit frais.

En multipliant cette valeur Va par la quantité d’engrais apportée (en tonne de produit frais par ha), on obtient la quantité d’élément E apporté par le produit organique qui a la même efficacité que l’engrais minéral (valeur apparaissant dans les bilans N, P, K, Mg).

Exemple de calcul :

Quantité d’azote fourni par un apport de 25 t/ha de fumier de bovin non composté, appliqué à l’automne précédent la plantation de pomme de terre (fumier dont la teneur en azote est de 5,8 kg d’azote par tonne) :

Valeur fertilisante
Va = teneur en azote en kg/t x Keq = 5,8 x 0.15 = 0.87

Azote fourni par l’apport organique = Va x quantité apportée en t/ha
= 0.87 x 25
= 22 unités/ha

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Analyser les effluents organiques pour déterminer leur composition

Pour déterminer la composition du produit, il est recommandé d’effectuer des analyses régulières en laboratoire (prévoir une analyse à chaque période d’épandage important, ou au moins une fois par an).

Il convient de se montrer particulièrement soigneux lors du prélèvement des échantillons, pour que ceux-ci soient représentatifs ; les échantillons devront parvenir au laboratoire dans les 48 heures suivant le prélèvement.

Les appareils de mesure de la teneur en azote ammoniacal (type Quantofix ou Agrolisier) sont utiles pour déterminer la valeur azotée des lisiers juste avant l’épandage, mais une analyse en laboratoire reste nécessaire pour connaître les teneurs en phosphore, potassium et magnésium

Le tableau 1 contient des valeurs repères pour les quelques types de fertilisants organiques autorisés sur la culture. Il est cependant préférable d’utiliser des références locales, tenant compte des particularités régionales. Il convient également de tenir compte des valeurs concernant le magnésium dans la mesure où une fertilisation magnésienne est envisagée sur la parcelle (voir chapitre Fertilisation magnésienne).



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Déterminer les coefficients d'équivalence d'engrais des fertilisants organiques

Les coefficients d’équivalence (Keq) engrais minéral des principaux fertilisants organiques pour l’azote et le phosphore (P2O5) figurent dans le tableau 2.


Le coefficient d’équivalence engrais pour le potassium (K2O) et le magnésium (MgO) est égal à 1 quel que soit le type de produit.

En utilisant la formule développée dans l’encadré, on peut calculer les doses d’N, P2O5, K2O et MgO efficaces apportées par les apports organiques par effet direct. Ces valeurs permettent de déterminer le solde à apporter sous forme d’engrais minéraux (voir chapitres fertilisation phosphatée et potassique, azotée et magnésienne).


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Respecter les règlementations relatives à l'épandage d'effluents organiques

En premier lieu, il convient de respecter les réglementations qui s’appliquent à l’exploitation et notamment les programmes d’action en zones vulnérables.

Les arrêtés préfectoraux traduisant la mise en application du 4ème programme d’action de la Directive Nitrates déterminent trois types de produits organiques :

- Type I, contenant de l’azote organique et un C/N élevé > 8, tels que les déjections avec ou sans litière à minéralisation assez lente (par exemple les fumiers de bovins),
- Type II, contenant de l’azote organique et un C/N bas ≤ 8 tels que les lisiers de porcs, les fientes de volailles et les engrais du commerce, d’origine organique animale, à minéralisation rapide,
- Type III, ne concernant que les engrais minéraux et les fertilisants uréiques de synthèse.

Les produits organiques autres que les effluents d’élevage, tels que les boues, les composts ou les eaux résiduaires, peuvent être classés dans les types I ou II en fonction de leur rapport C/N.

Les périodes d’épandage non recommandées pour les cultures de printemps sont précisées dans les programmes d’action d’application obligatoire dans les zones vulnérables. Pour connaître le contenu de ces programmes d’action départementaux, se renseigner auprès des Directions Départementales de l’Agriculture et de la Forêt (DDAF) ou des Chambres départementales d’Agriculture.

Les effluents organiques pailleux sont déconseillés en pommes de terre en raison des risques de développement de la gale commune et du rhizoctone brun. En cas d’utilisation, il faut veiller à ne pas laisser de « zones creuses ».


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Réaliser un plan d'épandage des boues de station d'épuration

L’organisation et le suivi de l’épandage des boues résiduaires urbaines sont sous la responsabilité du producteur de boues qui doit notamment réaliser un plan d’épandage ainsi que les analyses des boues et des sols.

En cas d’épandage de boues issues de stations d’épuration urbaines, il convient de consulter la réglementation en vigueur (arrêté du 8 janvier 1998).

Plusieurs critères sont à prendre en compte :

- La quantité de matière sèche apportée par les boues résiduaires urbaines sur dix ans qui doit être inférieure à 30 t/ha,
- Les teneurs maximales en éléments traces métalliques ou organiques des boues (tableau 1),
- Les flux cumulés maximaux (en tenant compte des fréquences d’apports) d’éléments traces métalliques et organiques (tableau 1),
- Les teneurs maximales des sols (au-delà de ces teneurs, le sol n’est pas apte à recevoir des boues (voir tableau 2),
- La valeur agronomique des boues (qui doit être connue).


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Pour en savoir plus

ADEME, 2001 - Les boues municipales et leur utilisation en agriculture.

AGPM technique, ITCF, CETIOM, 2001 - Brochure « Boues de stations d’épuration municipales ».

Institut de l’élevage, ITAVI, ITCF, ITP, 2001 - Fertiliser avec les engrais de ferme. Février 2001.

ARVALIS - Institut du végétal, Alternatech, INRA, ISAB, 2003 - Brochure « Azote et pomme de terre, les points-clefs du raisonnement de la fertilisation ».

Arrêté du 8 janvier 1998 fixant les prescriptions techniques applicables aux épandages de boues sur sols agricoles pris en application du décret n° 97-1133 du 8 décembre 1997 relatif à l’épandage des boues issues du traitement des eaux usées.

ARVALIS - Institut du végétal – Dossier « Produits organiques » - Perspectives Agricoles, n° 326, septembre 2006.

Application internet « Fertiliser avec les produits organiques »

COHAN J.P., 2010. Prendre en compte la matière organique. La pomme de terre française, n° 567, janvier-février 2010.

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Retrouvez ici nos articles sur les différentes fertilisations de la pomme de terre

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