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Orge d’hiver au stade épi 1 cm avant apport d’azote en février 2020 en Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Fertilisation des céréales : s’adapter à la date de semis

20 février 2020

Sous l’effet des températures douces à très douces depuis le début de l’hiver, les stades des céréales avancent rapidement et compensent en partie le retard des semis. Pour les semis d’octobre, certaines variétés de blé tendre très précoces sont déjà bien redressées et approchent du stade épi 1 cm tandis que ce stade repère devrait être atteint début à mi-mars pour les variétés précoces à ½ précoces. Voici nos recommandations actuelles concernant la gestion des apports d’engrais.

Ajuster les apports d’azote aux différentes situations culturales

L’état et l’avancement des parcelles sont très variables, selon la situation (dates de semis très étalées, stades hétérogènes, hydromorphie…).

Semis d’octobre : céréales entre plein tallage et redressement

Parcelles n’ayant pas encore reçu d’apport azoté : prévoir un apport à partir de la dernière décade de février.
     Pour les céréales encore en plein tallage à la fin février : apporter entre 30 et 40 kg/ha
     Pour les céréales déjà bien redressées, proches d’épi 1 cm : 60 à 70 kg N/ha

Parcelles ayant déjà reçu un apport azoté début tallage : attendre début mars pour réaliser le deuxième apport.
     Ce deuxième apport sera effectué au stade épi 1 cm – la dose à apporter est déterminée en fonction de la dose prévisionnelle calculée selon la méthode du bilan, en gardant 40 à 60 kg d’azote en report pour la montaison.

Semis de novembre et semis de décembre : céréales en cours de tallage

Parcelles n’ayant pas encore reçu d’apport azoté, ayant souffert d’excès d’eau : dans ces situations difficiles, il est recommandé de réaliser un apport au tallage (30 à 40 kg N/ha), dès que la portance du sol le permettra.

Parcelles ayant déjà reçu un apport azoté début tallage : attendre mi-mars pour réaliser le deuxième apport
     Ce deuxième apport sera effectué au stade épi 1 cm – la dose à apporter est déterminée en fonction de la dose prévisionnelle calculée selon la méthode du bilan, en gardant 40 à 60 kg d’azote en report pour la montaison.

Piloter l’alimentation azotée en cours de montaison est primordial cette année

En situations d’excès d’eau prolongé, la méthode du bilan est fréquemment mise en défaut. Ainsi, la synthèse régionale pluriannuelle, réalisée dans le cadre du projet PROBE, montre que cette méthode sous-estime d’une trentaine de kg d’azote en moyenne la dose à apporter dans ces situations. Autour de cet écart moyen, on constate également une variabilité importante (figure 1 – pour en savoir plus, cliquez ici).

Cela s’explique principalement par le fait que l’efficience de l’engrais azoté apporté est altérée dans ces conditions d’excès d’eau : croissances racinaire et foliaire ralenties et limitées, fonctionnement métabolique des plantes perturbé en l’absence d’oxygène.

Seul le pilotage de l’apport courant montaison permet de réajuster la dose d’azote nécessaire à chaque parcelle. Cette année, ce pilotage sera donc particulièrement stratégique, en particulier dans les parcelles qui ont été les plus marquées par l’excès d’eau.

Figure 1 : Effet de l’hydromorphie sur l’écart à la dose optimale

Différence significative au seuil de 1 %
Source : synthèse régionale pluriannuelle, projet PROBE

Soufre : un risque de carence plus élevé cette année, néanmoins, pas d’urgence pour l’apporter

Le soufre présente une mobilité dans le sol similaire à celle de l’azote : il se libère par minéralisation et est lixiviable. Les fournitures du sol en soufre sont ainsi étroitement liées au type de sol, aux apports de matières organiques et au climat de l’automne et de l’hiver. Compte tenu de la pluviométrie hivernale importante, le risque de carence en soufre est plutôt élevé dans bon nombre de situations de la région (grille de préconisation soufre).

Les cumuls de pluie depuis le 1er octobre dépassant déjà régulièrement les 400 mm, il faudra envisager une fertilisation soufrée même dans des situations de sols assez profonds où les impasses sont habituellement recommandées. Outre les sols argilo-calcaires et les sables, régulièrement exposés à la carence en soufre, les limons sableux battants seront à surveiller plus particulièrement cette année.

Tableau 1 : Grille de préconisation soufre ARVALIS sur céréales (kg SO3/ha) des céréales d’hiver selon la pluviométrie

PRO = Produit Résiduaire Organique

Il n’y a néanmoins pas d’urgence à réaliser les apports soufrés dans l’immédiat, les carences en soufre se déclarant rarement avant fin mars - début avril. En effet, l’élément soufre étant sensible au lessivage, il est recommandé de l’apporter sur une céréale en pleine croissance afin d’obtenir la meilleure valorisation possible. Lorsqu’il est nécessaire, nous préconisons donc d’effectuer l’apport de soufre avec l’apport azoté réalisé à épi 1 cm (apport sous forme d’azote soufré).

Rappelons qu’il est possible de la corriger une carence à la vue de symptômes au champ et ce, jusqu’au stade 1 nœud sans perte de rendement.

Phosphore : valorisé uniquement en sol faiblement pourvu

Pour les parcelles faiblement pourvues en phosphore (teneur du sol faible), un apport d’engrais phosphaté est à prévoir s’il n’a pas été fait cet été ou au semis. En revanche, nos essais montrent que si le sol est correctement pourvu en phosphore, l’apport ne sera pas valorisé même sur une culture chétive marquée par l’excès d’eau.

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec AGRIAL, la CAVAC, la Chambre d’agriculture de la Mayenne, la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, la Coopérative d’Herbauges, Bernard AgriServices, Soufflet Agriculture.
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