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Fertilisation des céréales en début de montaison Messagerie Hauts-de-France

Comment fractionner l'azote sur blé tendre en 2021 ?

18 mars 2021

Avec  des reliquats plutôt faibles et une absorption d'azote moyenne, comment adapter le fractionnement des apports azotés cette année ?

Comment maximiser l’efficience des apports azotés ?

L’analyse des cumuls de pluie en fréquentiel sur la région montre que la probabilité de valoriser pleinement un apport azoté se dégrade à partir de la mi-mars, particulièrement en avril, pour ensuite redevenir meilleure fin avril / début mai.

L’année 2020 a été marquée par une assez longue période de sécheresse à partir du 10 mars, faisant craindre de faibles efficacités de l’azote. Toutefois, les résultats des essais 2020 montrent que les coefficients de valorisation de l’azote (CAU), ne sont jamais totalement nuls et que l’azote peut jouer, même en situation stressante. Les efficacités ont même été bonnes en sols profonds dans les essais, en particulier avec des formes d’engrais solides, grâce au retour tardif des pluies en mai.

De manière générale, voici les principaux critères à prendre en compte pour optimiser l’efficacité des apports azotés :

- Les cumuls de pluie suivant l’apport : une quinzaine de mm est nécessaire pour valoriser l’apport. Privilégier les apports avant des pluies annoncées plutôt qu’un stade précis. Ne pas hésiter à anticiper (ou retarder) de quelques jours les apports par rapport au stade prévu.

- La dynamique de croissance des plantes. La dose d’azote sera d’autant plus élevée que la croissance de la plante est importante. Sur la période tallage, la vitesse de croissance est relativement faible et les besoins en azote sont limités, alors qu’à l’approche du stade épi 1 cm, ces besoins vont augmenter fortement.

- Forme d’engrais : les apports sous forme de solution azotée sont plus sensibles au phénomène de volatilisation que les formes solides (ammonitrate ou urée + NBPT). Il s’agit alors d’être particulièrement attentif aux conditions d’application (éviter des situations très venteuses, de faibles hygrométries, intervenir le matin…).

- Enfin, il sera toujours pertinent d’utiliser des outils de pilotage pour réévaluer les besoins de la culture en fin de cycle.

Quel fractionnement pour 2021 ?

- Pour les parcelles ayant déjà reçu un apport « tallage » fin février/début mars, il n’y a pas encore d’urgence, car les parcelles sont pour la plupart encore au stade mi à fin tallage. Il faudra être vigilant à l’arrivée du stade épi 1 cm prévu fin mars.

- Pour les parcelles n’ayant pas encore reçu d’azote, les besoins des plantes vont augmenter à l’approche du stade épi 1 cm. Apporter l’azote avant une pluie en s’adaptant au niveau de la dose prévue.

Quelques astuces pour l’apport prévu autour du stade épi 1 cm

- La dose apportée à ce stade devra tenir compte de la mise en réserve à prévoir pour la fin montaison en fonction du besoin complémentaire de la variété (bc). Par Exemple, pour une variété type Chevignon avec un bc de 0,2, la mise en réserve est de 60 kg N/ha.

- En fonction de la pluviométrie prévue, l’apport pourra être anticipé de quelques jours si nécessaire.

- Si la dose prévue dépasse 120 kg N/ha, il sera judicieux de fractionner l’apport en encadrant le stade épi 1 cm : 80 kg N/ha à épi 1 cm, puis 40 kg N/ha à 1 nœud par exemple pour une dose de 120 kg N/ha.

Tableau 1 : Quelques exemples de fractionnement possibles

Avantage au fractionnement en 4 apports dans les essais

Au vu des doses bilan assez élevées cette année, le fractionnement sera une stratégie intéressante, permettant de répartir les risques.

Plusieurs essais conduits de 2012 à 2019 montrent que le fractionnement en 4 apports offre un gain médian de 1 q/ha et 0,2 % de protéines par rapport à une stratégie en 3 apports (avec des gains de 2 à 4 q/ha dans 25 % des essais – figure 1).

Les situations où 3 apports ont été meilleurs qu’un fractionnement en 4 apports (notamment en 2019) correspondent aux situations avec une dose totale inférieure à 180 kg N/h ou un reliquat de sortie d’hiver élevé.

Figure 1 : Ecart de rendement du blé tendre entre parcelles avec un fractionnement de l’azote en 4 apports (tallage + épi 1 cm + 2 nœuds + dernière feuille étalée) et parcelles avec un fractionnement en 3 apports (tallage + épi 1 cm + dernière feuille étalée) – 38 essais ARVALIS et partenaires 2012 à 2019 (Nord France)

Les bâtons rouges correspondent aux essais 2019.

Et le soufre ?

Les cumuls de pluie pendant la période hivernale (carte 1) ont été importants cette année et le risque de lessivage du soufre est fort, surtout en sol superficiel. Les apports peuvent se faire du stade tallage jusqu’à début montaison (1 nœud) afin d’anticiper d’éventuelles carences.

Le soufre est majoritairement absorbé durant la montaison, entre 50 et 70 kg/ha, sous forme de sulfate SO42-. La forme du soufre apporté n’a que peu d’impacts sur son efficacité. Les engrais soufrés étant souvent associés à d’autres éléments (N, P, K, Mg…), il faudra prendre en compte les besoins de la plante dans les contextes locaux.

Attention ! Les quantités de soufre des produits sont exprimées en SO3 et non en soufre. Pour convertir S en SO3, il faut multiplier par 2,5 : Teneur SO3 = Teneur S x 2,5. Assurez-vous lors du choix du produit d’avoir assez de kg de SO3 pour combler les besoins de votre culture !

Carte 1 : cumul de pluies (en mm entre le 1er octobre 2020 et le 15 février 2021

Figure 2 : Grille de préconisation d'apport de soufre (kg SO3/ha) sur blé tendre, entre début et fin tallage, pour un rendement de 80 q/ha sans apport régulier de produits résiduaires organiques – Source ARVALIS

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