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Fertilisation azotée du blé : quelle stratégie adopter en conditions sèches ?

27 avril 2017

Les conditions sèches de ces dernières semaines soulèvent des questions autour du raisonnement du pilotage des apports d’azote sur les blés. Voici quelques repères pour prendre les bonnes décisions.


Sommaire :

Quelle conséquence d’un déficit pluviométrique consécutif d’un apport d’engrais azoté ?
Quelle stratégie adopter en 2017 ?
Quelles actions tactiques peut-on mener précisément ?

Quelle conséquence d’un déficit pluviométrique consécutif d’un apport d’engrais azoté ?

En cas d’absence de pluie suite à un apport azoté, les engrais restent en surface du sol (non dissolution des granules pour les engrais solides) et sont soumis aux pertes par volatilisation ammoniacale, diminuant ainsi leur efficacité. Des stress azotés peuvent apparaître si les pluies ne reviennent pas assez tôt dans les sols où les reliquats d’azote minéral sont faibles.  Dans les situations les plus critiques, un stress azoté peut également être induit par un stress hydrique.

Quelques essais historiques permettent de cerner ce qui se passe en situations sèches :

- L’efficacité de l’engrais est proportionnelle aux précipitations qui suivent l’apport jusqu'à 20 mm d'eau. Au-delà, la valorisation de l'apport est constante et pratiquement totale. L’efficacité est d’autant plus élevée que la pluie est proche de l’apport (l’engrais est alors rapidement mis à disposition des racines). Cela nous a permis de dégager une règle approximative mais simple : si la culture reçoit 15 mm ou plus dans les 15 jours qui suivent l’apport, sa valorisation est assurée. Si les précipitations sont moindres, elle est incomplète. (essais du Magneraud en 1996-1997).

- L’absence de pluie dans les 20 jours va engendrer des pertes d’efficacité variables en fonction de la forme d’engrais (l’ammonitrate reste à tout moment plus efficace que la solution azotée) ; au-delà des effets d’efficacité des engrais (estimée par la quantité d’azote effectivement absorbée par la culture), des pertes de rendement peuvent être liées soit au retard, soit au déficit d’absorption de l’azote.

- Des émissions d’ammoniac, aussi appelées volatilisation, ont lieu suite aux apports. Leur importance va dépendre du milieu, des conditions climatiques qui suivent l’apport (vent, délai du retour des pluies...) et de la forme de l’engrais. L’urée et la solution azotée engendrent davantage d’émission d’ammoniac - et donc de pertes d’azote - que l’ammonitrate. Mais certains additifs, de type inhibiteurs de l’uréase, permettent de limiter très fortement ces émissions. Les doses d’azote finalement à disposition des cultures sont donc potentiellement réduites par ce phénomène de perte.

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Quelle stratégie adopter en 2017 ?

En premier lieu, il est nécessaire de diagnostiquer si l’apport début montaison (épi 1 cm) présente des difficultés de valorisation vis-à-vis de la pluie. Le seuil « critique » classiquement utilisé est le cumul de 15 mm de pluie pendant les 15 jours (mais ce seuil est certainement variable selon le type de sol, la répartition des pluies et l’humidité du sol lors de l’apport) ; en dessous de ce seuil, la valorisation de l’engrais est partielle, mais pas nulle. Les cartes ci-dessous, établies le 12 avril dernier, précisent quel cumul de pluie a été atteint pour différentes hypothèses de dates d’apport. 


Cliquez sur l'image pour l'agrandir

En cas de difficultés de valorisation climatique de l’apport d’engrais, il est alors nécessaire de déterminer si le déficit pluviométrique entraîne déjà un stress hydrique de la culture. Si oui, le potentiel de rendement sera revu à la baisse, tout comme la dose d’azote à apporter si cette hypothèse n’est pas déjà prise en compte dans la détermination de l’objectif de rendement. La réalisation d’un bilan hydrique tel qu’Irré-LIS permet de répondre à cette question.

Dans tous les cas, la pluie (ou de l’irrigation) sera nécessaire pour retrouver une efficacité (partielle ou complète) des apports d’engrais déjà effectués ou programmés pour le 3e apport.

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Quelles actions tactiques peut-on mener précisément ?

Est-il pertinent d’avoir recours à un apport d’engrais foliaires ?

Dans des conditions de manque de pluie, les apports d’engrais foliaires ne peuvent éventuellement apporter un plus que dans les situations où la culture n’est pas perturbée par un stress hydrique. Toutefois les résultats d’une expérimentation réalisée au Magneraud en 2012 ont montré que malgré l’absence de stress hydrique, l’apport sous forme d’urée en pulvérisations foliaires (plusieurs pulvérisations de 20 kg N/ha) d’une dose d’azote équivalente à celle apportée au sol ne s’est pas avérée efficace. Notons que les quantités d’azote apportées sont toujours restreintes, soit en raison du faible dosage de ces produits, soit en raison d’une limite haute pour éviter les brûlures.

Peut-on utiliser sans problème les OAD de pilotage du 3e apport d’azote ?

Dans les situations de valorisations incomplètes des précédents apports, il est probable que les outils de diagnostic indiquent à raison une carence azotée (puisque la culture n’a pas eu accès à tout l’engrais apporté), mais que le conseil de dose corrective soit surestimé en raison du stock d’azote présent dans le sol, en attente d’absorption par la culture.

La première condition pour une utilisation pertinente d’un outil de pilotage est que l’apport d’azote principal à « épi 1 cm » soit valorisé par la plante, c'est-à-dire qu'un cumul de 15 mm de pluie depuis ce dernier apport a bien été enregistré. Dans le cas des outils YARA NTester et Farmstar, on doit attendre encore 5 jours après l’obtention de ce cumul, pour que la mesure (au sommet de la plante) soit pertinente.

Différents cas se présentent en cas de prolongement de l’absence de pluie, selon l’outil considéré. Voici des éléments pour quelques OAD :

• JUBIL :

En cas d’absence de pluie prolongée, jusqu‘au stade « Dernière Feuille Ligulée », le dosage de la teneur en nitrate du jus de base de tige devient inapproprié. En effet, la méthode repose sur la constitution par la plante d’un stock de nitrate en tout début de montaison. On mesure alors la décroissance de ce stock. S’il n’est pas réalisé, alors on ne mesurera en fin de montaison qu’un flux de nitrate dans la base de la tige, variant quotidiennement et impossible à interpréter.

La règle de conduite est alors la même que celle proposée dans la dernière colonne de l’arbre décisionnel, selon la forme d’engrais et le niveau de stress hydrique.

• YARA NTESTER :
En cas d’absence de pluie depuis le début de montaison, on peut attendre un stade ultérieur pour profiter d’un retour de pluie en fin de montaison.
Si le retour des pluies se fait autour du stade « Dernière feuille ligulée » et qu’il y a un cumul de 15 mm (+ 5 jours), on peut mettre en œuvre la méthode au stade « Dernière Feuille Etalée » ou « Gonflement ». Attention, dès que le stade « Epiaison » est atteint, il est trop tard, la mesure serait alors en dehors les conditions d’utilisation.

• FARMSTAR :

L’outil est pleinement valide si un cumul de pluie suffisant a été atteint suite au dernier apport d’azote ; dans le cas contraire, le conseil FARMSTAR reflète bien l’état de nutrition azotée de la culture au moment de la prise d’image, mais le conseil de dose doit être modulé en fonction d’une part estimée du précédent apport qui serait toujours en attente d’absorption dans le sol, ou qui aurait été perdu par volatilisation. L’accompagnement par les conseillers de terrain permet donc d’affiner le conseil édité, sur la base d’hypothèse du devenir de l’azote déjà apporté.
On peut noter que Farmstar intègre l’effet du stress hydrique sur le potentiel de croissance de la plante. Les préconisations tiendront donc compte de l’éventuel impact du stress hydrique sur le potentiel de biomasse à floraison et abaisseront la dose requise

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