Orge de printemps à début tallage fin mars 2022 en Ile de France Messagerie Centre / Ile-de-France

Fertilisation azotée des orges de printemps : plusieurs situations possibles

31 mars 2022

Dans le Nord Centre et l'Ile-de-France, les premières orges de printemps atteignent le stade début tallage. C'est le moment de se (re)plonger dans sa stratégie de fertilisation si tous les apports d'azote n'ont pas encore été réalisés.

Fractionnement des apports d’azote : que disent les essais ?

De nombreux essais sur la fertilisation des orges de printemps permettent de tirer quelques enseignements :
• Lorsque les apports en végétation peuvent être correctement valorisés, les apports de 3 feuilles à épi 1 cm offrent les meilleures efficacités, avec un coefficient apparent d'utilisation (CAU) amélioré de 20 % par rapport à ceux positionnés au semis (azote apporté juste avant la période de forte demande de la plante).
• Les stratégies tout au semis tirent leur épingle du jeu uniquement en cas de sécheresse intense en avril et en cas de semis postérieurs au 10 mars, sans que ce soit systématique. Dans la synthèse d’essais, c’est en moyenne – 3 q/ha par rapport au fractionnement « 1/3 semis puis 2/3 à tallage ».

Dans nos régions, au regard des potentiels élevés et des semis précoces d’orges de printemps, il est préconisé de fractionner la dose en « 1/3 au semis et 2/3 en végétation (tallage) », voire « 50/50 », compromis entre années sèches et humides. Une incorporation lors du semis permet de limiter les pertes (notamment en urée et solution).

Figure 1 : Stratégies de fertilisation sur orges de printemps
Stratégies de fertilisation

Se référer aux réglementations en vigueur dans les zones vulnérables. En Ile-de-France et dans le Centre, le fractionnement de l’azote est obligatoire si la dose totale d’azote est supérieure à 120 unités.

Quelle marge de manœuvre à l’heure actuelle ?

On peut distinguer plusieurs situations :
• Pour ceux qui ont réalisé une stratégie « tout au semis » : les orges de printemps implantées après mi-février ont bénéficié de pluies seulement mi-mars. La valorisation de l’azote est donc moyenne, surtout pour les apports non incorporés. Pour les orges implantées plus précocement (10 février), les conditions ont été plus favorables, avec des pluies juste après le semis.
• Pour ceux qui fractionnent les apports : dans les situations où le second apport a été réalisé ces derniers jours, les averses de début de semaine sont certes bénéfiques mais insuffisantes actuellement. Les conditions de la semaine prochaine seront déterminantes. Dans les situations où le second apport n’est pas encore effectué, il est conseillé d’attendre pour les orges de printemps plus tardives.
• Pour les agriculteurs irrigants, si aucune précipitation ne permet la valorisation des apports, un tour d’eau peut être envisagé à partir de début montaison.

Dans toutes les situations : ajuster la dose par le pilotage est toujours payant

Un diagnostic début montaison permettra de corriger une carence en azote dans l’optique d’atteindre le compromis optimal rendement/protéines. Surveiller en particulier les variétés les plus productives (Rgt Planet notamment), pour éviter d’avoir un phénomène de dilution de la protéine trop important.

Pour cela, la mise en place d’une bande sur-fertilisée (rajouter 100 kg N/ha en plus de la dose prévisionnelle sur une bande) au stade tallage est indispensable (méthode N-Tester Extra). Si les plantes sont sous-alimentées au stade 1 nœud, un apport de 30 à 40 kg N/ha est conseillé, à positionner dès que possible (8-10 jours) si des pluies sont annoncées. Cet apport modéré à 1 nœud n’entraînera pas de déclassement d’une orge brassicole (taux de protéines = 9,5-11,5 %) vers une orge fourragère : les gains moyens sont de +1 % du taux de protéines et 6 q/ha en rendement.

Attention : tout diagnostic doit se faire uniquement si l’apport précédent a été valorisé, en pinçant le milieu de la dernière feuille ligulée et sur un couvert sec.

La méthode N-Tester est validée aujourd’hui pour les orges de printemps avec des potentiels de rendement supérieurs à 65 q/ha uniquement.

Figure 2 : Utilisation du N-Tester sur orges de printemps
Utilisation du N-Tester sur orges de printemps

Rendez-vous sur le site Yara pour une interprétation gratuite du résultat N-Tester.

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