En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Carottes de terre dans un sachet en plastique pour évaluer le reliquat azoté et la valeur A en décembre 2018 dans le Sud-Ouest Messagerie Ouest Occitanie

Fertilisation azotée des céréales : un raisonnement au cas par cas

20 décembre 2018

Un premier apport d’azote peut être envisagé quand les céréales atteignent le stade "début tallage". Une décision à prendre selon la situation de la parcelle cette année.

Dans notre région, les parcelles semées avant le 30 octobre atteindront ce stade entre début et mi-décembre pour le blé tendre, mi et fin décembre pour le blé dur. Le plein tallage se situe après cette date et jusqu’au stade épi 1 cm, ce qui laisse une période large pour réaliser les apports « tallage », s’ils sont nécessaires.

La valeur A validée est fixée à 140 unités d'azote par hectare pour le calcul des bilans azotés 2018. Elle correspond au coefficient de minéralisation de l’année précédente.
Cette valeur A unique cache cette année une grande variabilité entre les parcelles. Les conditions de culture du printemps 2018 expliquent largement ces différences. En effet, le niveau d'hydromorphie des sols au printemps et les conditions d'humidité du sol au hasard des orages de cet automne sont à l'origine des quantités d'azote minéralisés sensiblement différentes d'une parcelle à l'autre et d'un secteur géographique à l'autre.
Les reliquats d'azote mesurés à l'entrée de l'hiver montrent, eux aussi, une variabilité importante entre les parcelles.

Alimenter le blé jusqu’au stade « épi 1 cm »

Quand il est nécessaire, ce premier apport permet à la plante d’atteindre le stade « épi 1 cm » sans subir de carence azotée. Les besoins de la plante entre le semis et le stade « épi 1 cm » sont faibles et estimés à environ 60 kg N/ha.

cet apport ne doit donc pas dépasser cette valeur dans la mesure où :
- L’excédent ne sera pas valorisé par la plante, il ne permet donc pas de maximiser le rendement ou la teneur en protéines.
- Un excès d’azote peut entraîner des problèmes de verse physiologique et favoriser l’apparition de certaines maladies comme l’oïdium.

Le calcul des reliquats azotés par la méthode des bilans est donc indispensable pour décider d’un éventuel apport d’azote au stade « tallage ». Cet apport pourra être retardé, voire annulé en cas de fourniture d’azote du sol suffisante.

Cas des zones vulnérables : l’apport d’azote y est interdit avant le 15 janvier.

Déterminer si un premier apport est nécessaire

Pour déterminer si un premier apport au tallage est nécessaire, il convient d’estimer si l’azote disponible quand la culture atteindra le stade « épi 1 cm » est suffisant pour répondre à ses besoins (estimés à environ 60 kg N/ha). La quantité d’azote déjà absorbée par la culture (Pi), cumulée à la quantité d’azote encore présente dans le sol (Ri) doit donc être supérieure ou égale aux besoins de la culture.

L’estimation du reliquat (Pi+Ri) prend en compte la minéralisation de l’azote organique par les sols, la lixiviation qui a pu avoir lieu en relation avec le type de sol, le prélèvement de la culture entre le semis et le stade épi 1 cm, ainsi que la pluviométrie depuis le 1er octobre de la campagne actuelle.

Le pilotage du premier apport d’azote se fait donc de la manière suivante :
• 60 U – (Pi + Ri) < 0 → Pas d’apport
• 60 U – (Pi + Ri) > 0 → Apport de la différence

Cette année, deux situations bien différenciées sont à prendre en compte :
- Les parcelles situées dans l’Aude où la pluviométrie a été largement supérieure à la normale (pluviométrie supérieure à 300-400 mm cumulés prévus entre le 1er octobre et le 1er mars). Dans ces situations, les besoins d’azote au tallage seront plus importants (autour de 30 à 35 kg N/ha) car une partie de l’azote disponible a été entraîné en profondeur et ne sera plus disponible pour la culture.
- Les parcelles de la région en dehors de l’Aude où la pluviométrie est globalement proche de la normale (pluviométrie inférieure à 300 mm cumulés prévus entre le 1er octobre et le 1er mars). Dans ces situations, l’azote ne sera généralement pas nécessaire avant le stade épi 1 cm.

Tableau 1 : Pluviométrie par station météo - estimation entre les pluies cumulées jusqu’à aujourd’hui et les pluies restantes jusqu’au 1er mars en année normale

Voici les préconisations, pour plusieurs cas-types, sur l’apport d’azote au tallage (60 U – (Pi+Ri)) pour une culture de céréales en fonction du précédent, de son rendement et du type de sol et selon différente pluviométrie estimée entre le 01/10/2018 et le 01/03/2019.

Téléchargez les préconisations d’apport au stade tallage :

- Pour une pluviométrie inférieure à 300 mm du 01/10/2018 au 01/03/2019 - Cas des stations de Auch - En Crambade – Montans
- Pour une pluviométrie autour de 350 mm du 01/10/2018 au 01/03/2019 - Cas de la station de Castelnaudary
- Pour une pluviométrie autour de 350 mm du 01/10/2018 au 01/03/2019 - Cas de la station de Carcassonne

L’importance du fractionnement des apports
Cette pratique permet de répondre aux besoins évolutifs de la culture tout au long de son cycle. En effet, la cinétique d’absorption de l’azote par le blé n’est pas linéaire : faible en début de cycle, elle augmente peu à peu pour atteindre son maximum entre le stade 2 nœuds et la floraison.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10