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Maladies foliaires sur céréales à paille (rouille jaune) Céréales à paille

Faut-il s’inquiéter de l’apparition précoce des maladies foliaires ?

28 janvier 2016

La douceur récurrente observée depuis les semis voit émerger dès aujourd’hui de nombreux symptômes sur les feuilles des céréales à paille. Dans la majorité des cas, l’heure n’est pas au traitement mais il est important de surveiller l’évolution des maladies si les conditions restent humides (rosée) et douces durant les prochaines semaines.

Les constats visuels font état d’une présence déjà marquée de piétin échaudage et d’oïdium sur orge, blé et triticale. 

En Bretagne, en Normandie, dans le Nord, en Champagne, dans le Centre, en Bourgogne, en Auvergne et dans le Sud-Ouest, les premiers foyers de rouille jaune sont apparus sur les variétés sensibles. La rouille brune se manifeste également dans le Sud-Ouest sur les variétés sensibles avec des symptômes sur les dernières feuilles. Le niveau d’inoculum apparaît très élevé pour ces pathogènes biotrophes, s’installant sur des végétaux vivants. Leur présence est aussi plus marquée en cas de semis précoce : la biomasse importante contribue au développement des maladies qui se propagent par contact et du fait d’une plus grande humidité relative.

Des symptômes de septoriose sont également parfois observés sur les feuilles basses des blés précoces dans certaines régions.

La prochaine quinzaine sera déterminante

Une forte quantité d’inoculum au cours de l’hiver ne veut cependant pas dire que les maladies seront forcément plus développées au printemps. Un gel soutenu par exemple pourrait retarder leur progression avec la destruction des feuilles porteuses des symptômes, les plus anciennes notamment. Cela repoussera les éventuels traitements précoces.

Mais si les températures restent positives ou seulement avec des gelées ponctuelles, des traitements supplémentaires précoces pourraient être nécessaires contre la rouille jaune et l’oïdium, avec des interventions possibles dès la seconde quinzaine de février. La surveillance des parcelles reste donc de mise pour déclencher un premier traitement en cas de besoin et uniquement sur les parcelles touchées.

Quand déclencher le premier traitement ?

Intervenir trop tôt pour endiguer une présence précoce de maladie n’a pas de sens sur une plante qui n’est pas assez développée. Même si une efficacité était observée, cela ne ferait pas baisser la quantité d’inoculum omniprésent dans l’environnement. De plus, les feuilles définitives utiles au remplissage des grains n’apparaîtront qu’après le stade épi 1 cm. Un traitement trop précoce contre les rouilles et l’oïdium ne protègera donc pas mieux le potentiel de rendement et aura un impact sur les coûts de production.

Rouille jaune : une intervention précoce à prévoir sur variété très sensible

Contre la rouille jaune et l’oïdium, il est généralement recommandé d’attendre le stade épi 1 cm pour protéger les variétés les plus sensibles. Ce stade de déclenchement est déjà presque atteint dans les régions les plus au Sud et les tous premiers traitements contre la rouille jaune vont intervenir très prochainement, là où la maladie est visible en foyers.

Des essais conduits en 2014 avec une pression de rouille jaune exceptionnelle ont montré qu’un traitement précoce au stade tallage est possible. Mais il n’a de sens qu’en situation de très forte pression sur variétés très sensibles et s’il est relayé dans les 20 jours par un autre traitement qui va se situer autour du stade épi 1 cm pour être repris à son tour au stade 1 à 2 nœuds. L'année 2016 semble à ce jour être à l'image de 2014 et donc à risque pour les variétés les plus sensibles comme Trapez, Laurier, Hywin… Les molécules efficaces sur rouille jaune sont les triazoles (cyproconazole, époxiconazole, tébuconazole…) et les strobilurines (azoxystrobine, picoxystrobine, pyraclostrobine…). Toutefois, pour une intervention précoce, plus que le choix du produit, c'est le relais tous les 20 jours qui sera important : passé ce délai, de nouvelles contaminations ont lieu sur des feuilles qui n'ont pas été protégées et il est nécessaire de ré-intervenir.
Attention, si les triazoles sont efficaces contre cette maladie, certaines spécialités ne sont pas utilisables avant le stade 1 nœud des céréales. C’est notamment le cas de Cherokee et Bravo Premium.

Rouille brune et septoriose : attendre le stade 1 nœud des céréales

Pour la rouille brune et la septoriose, ce sont toujours les conditions climatiques du mois de mars et surtout d'avril qui sont déterminantes sur le déclenchement d’une épidémie. Il s’agit par conséquent de ne pas traiter trop tôt pour essayer de lutter simultanément contre le complexe parasitaire septoriose / rouille brune. Autrement dit, même si le niveau de rouille brune reste élevé dans le prochain mois, le premier traitement pourra être anticipé mais pas avant que les céréales aient atteint le stade 1 nœud voire 2 nœuds.

A part le sud de la France, l’heure n’est donc pas encore au traitement mais bien à la surveillance des parcelles. Le baromètre maladies et les Bulletins de Santé du Végétal seront utiles pour suivre l’évolution des maladies dans votre région.

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