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Cultures de céréales très développées

Faut-il déjà réguler les parcelles les plus exubérantes ?

15 décembre 2011

Avec le prolongement de la douceur automnale, certaines parcelles de céréales d’hiver atteignent des niveaux de croissance rarement vus, au point que certains s’interrogent sur la nécessité d’appliquer un régulateur de croissance.

Les causes du phénomène

Douceur automnale, semis trop précoces et fortes disponibilités en azote peuvent conjointement expliquer les végétations les plus exubérantes.

Alors qu’à cette époque de l’année, les parcelles de céréales devraient être majoritairement au stade 2-3 feuilles à début tallage, il est fait état localement de cultures (orges d’hiver surtout, en régions Bourgogne, Auvergne et Poitou-Charentes) anormalement développées, qui présentent un aspect proche de redressement voire de la montaison (photo : Etat de croissance d’une parcelle d’orge hiver au 30 novembre 2011).

Les secteurs concernés ont notamment bénéficié d’un automne (période 1 octobre – 30 novembre) beaucoup plus chaud que d’habitude (+120 à +150°Cj à période calendaire égale – (Carte 1 : Ecart de cumul de températures en 2011 par rapport à la médiane 1990-2010 – période du 1er octobre au 30 novembre), et à une absence quasiment totale de gelées ; les plantes sont donc en pleine phase de croissance, croissance d’autant plus soutenue que la disponibilité en azote peut être forte (reliquats post-récolte forts, enlèvement des pailles, minéralisation estivale et automnale active).

Il faut en plus rajouter une certaine tendance des agriculteurs cette année à avoir semé leurs céréales plus tôt que d’habitude, voire aussi à avoir augmenté leurs densités de semis, en réponse aux faibles densités d’épis observées le printemps dernier.

Véritable redressement ou juste excès de végétation ?

Les cultures d’hiver ne peuvent pas être déjà prêtes pour la montaison ; par contre la concurrence pour la lumière peut expliquer un élancement des plantes.

Au bilan de ces conditions culturales particulières, on observe parfois des plantes bien tallées, avec de grandes feuilles, qui rentrent très tôt en compétition pour la lumière et par conséquent se redressent. Néanmoins, ceci ne peut être assimilé à des stades tels que Epi 1cm ou début montaison, car les observations faites par nos équipes en régions indiquent que l’apex reste tassé au niveau du plateau de tallage. En effet, pour réaliser la transition vers le stade Z30, les cultures d’hiver nécessitent une phase de vernalisation (pas encore complète car les températures sont trop élevées) et l’action de jours se rallongeant.

Est-il nécessaire de réguler ?

Les régulateurs agissent sur les entre-nœuds de la tige : sans dissection, pas de bonne décision.

L’action des régulateurs de croissance, en application précoce, est essentiellement d’éviter l’allongement des premiers entre-nœuds et de renforcer la tige. Or, les premières observations ne font pas état du décollement de l’épi. L’application d’un régulateur de croissance n’aurait donc aucun effet bénéfique sur une plante dont la tige n’est pas en phase d’élongation (Figure 1 : Coupe de la base d’une plante à épi 1cm). Par ailleurs dans le cas du blé tendre, l’action des régulateurs de croissance, pour les C3 ou C5 par exemple, est d’inhiber temporairement les gibbérellines. Le pic de présence dans la plante se situant au stade épi 1 cm, l’application d’un régulateur de croissance aujourd’hui ne présente aucun intérêt. Il est donc nécessaire de se garder d’une application trop précipitée de régulateur de croissance ; seule une observation attentive de l’état de décollement de l’apex et des conditions météo à venir pourrait permettre une décision pertinente.

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