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Résistance des cultures

Faut-il craindre la vague de froid ?

02 février 2012

Des températures de -5°C ou -10°C sont courantes dans nos milieux en hiver, et n’engendrent généralement pas de gros dégâts. Par contre, ce qui est plus inhabituel, c’est l’occurrence d’un froid aussi intense sur des cultures bien avancées, et parfois déjà à épi 1cm. Quels sont les risques ?

Il n’aura échappé à personne la grande avance prise par les cultures suite à un automne et un début d’hiver particulièrement favorables. Ceci implique d’une part une vernalisation complète dans la totalité des situations pour les espèces vernalisables, et dans certains cas des cultures qui approchent ou dépassent Epi 1cm (des cas ponctuels ont été reportés en Ile de France et dans le Berry, et ces situations sont plus fréquentes en Poitou-Charentes et dans le Sud de la France).

Plus de risques pour les avoines, orge de printemps et blé dur

Toutes les espèces ne sont évidemment pas également sensibles au froid. Les cultures les plus sensibles, et qui nous semblent réellement exposées par cette vague de froid, sont les avoines d’hiver, les orges de printemps semées en automne et les blés durs. Ensuite viennent les orges d’hiver et les blés alternatifs. Enfin, les espèces les moins à risque sont : le blé tendre d’hiver, le triticale et le seigle. Au sein des espèces, il existe des gradients de tolérance au froid ; ainsi les variétés de céréales à paille sont évaluées pour leur résistance au froid par le CTPS.

Moins de dégâts avec les semis clairs

Le stade de la culture va également être déterminant sur l’impact potentiel du froid. En effet, lorsque les cultures ont terminé leur vernalisation, leur capacité à s’endurcir s’abaisse, voire disparaît. Ainsi, pour des blés tendres alternatifs (qui ont de faibles besoins en vernalisation), l’aptitude à s’adapter à un froid progressif n’existe plus ; ce sera donc la valeur absolue de la température minimale atteinte qui primera. Cela est également vrai pour des céréales (toutes espèces confondues) qui approchent ou dépassent Epi 1cm. De plus, à partir de ce stade, l’épi s’élève au-dessus de la surface du sol, ce qui le rend plus vulnérable à une chute brutale et ponctuelle de la température. Il est important de remarquer que toutes les talles d’une plante ne sont pas synchronisées ; lorsque le maitre-brin atteint ce stade, les apex des talles primaires et a fortiori secondaires sont beaucoup moins avancés et donc moins vulnérables. Ainsi, des céréales semées claires sont moins à risque que des céréales semées densément : la proportion de maitre-brins sur l’ensemble des tiges est plus faible.
On considère généralement à partir de ce stade le seuil de -4°C sous abri (environ -7°C en plaine) comme un seuil d’alerte, et non un seuil de dégâts systématiques ; les références en plein champ concernant les conditions de destruction des cultures sont évidemment très rares et peu documentées.

Des risques limités

La destruction d’une partie des plantes ou des maitres-brins ne condamne évidemment pas la culture. On sait que les céréales ont de fortes capacités de compensation, à travers le tallage, la fertilité épi et le PMG. Une perte de plantes n’est vraiment préjudiciable que si elle dépasse 20 à 40% selon les milieux. De même, le gel du maitre-brin va provoquer une croissance accrue des talles de la plante, qui compenseront partiellement la disparition des tiges principales. Par ailleurs, les racines de la culture survivent à de tels scénarii de froid : les tiges qui se maintiendront bénéficieront donc d’un système racinaire déjà développé, ce qui accroit la capacité de la culture à se rétablir en début de printemps.

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