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Intervention du pulvérisateur dans une parcelle de céréales en avril 2019 en Occitanie Messagerie Ouest Occitanie

Faibles réserves hydriques : bien piloter les interventions de printemps sur céréales

04 avril 2019

Les réserves hydriques sont au plus bas... si possible, il devient nécessaire d’irriguer les céréales. En parallèle, il faut raisonner la fertilisation azotée et le désherbage.

Au sommaire : 
• Apports d’azote : tout dépend de la situation
• Attendre la pluie pour désherber
• Des maladies plutôt discrètes pour l’instant
• Faut-il irriguer ?

Apports d’azote : tout dépend de la situation

Quelle dose apporter ?

Différents cas de figures se présentent aujourd’hui selon les apports d’azote déjà réalisés et leur date.

=> Un apport a été réalisé (tallage ou encadrement du stade épi 1 cm) .

• Apports réalisés avant le 10 février : ils sont aujourd’hui totalement valorisés par la plante.
→ La plante est le plus souvent encore alimentée

• Apports réalisés après le 10 février : le cumul des pluies depuis cette date ne permet pas la valorisation complète de ces apports. Une partie a été perdue par volatilisation et/ou par réorganisation dans le sol avec une différence selon la forme qui a été utilisée et l’état d’humidité du sol au moment de l’apport.
→ Si cela correspond à la totalité de l’apport montaison, alors il faudra veiller à bien piloter le dernier apport pour ajuster la dose nécessaire.
→ Si cela correspond au 1er passage de l’encadrement de l’apport épi 1 cm, alors il faudra solder la dose dès le retour de conditions favorables.

=> Aucun n’apport n’a été réalisé

C’est le cas des situations où le niveau des reliquats en sortie d’hiver permettait d’alimenter la culture durant la phase de tallage. Ces parcelles commencent à souffrir du manque d’azote induit par le stress hydrique.
→ L’azote devra être apporté au plus près de la pluie. La dose sera à moduler en fonction de la date de cette pluie.

=> Apports qualité

Dans le cas d’apports effectués dans des conditions non optimales, une partie de l’azote est inévitablement perdue. Dans ces situations, l’utilisation d’outils de pilotage représente un bon moyen d’ajuster au plus près la dose du dernier apport par rapport aux besoins réels de la culture.

Quelle forme d’azote ?

En l'absence de pluies significatives, les engrais azotés apportés à la culture ne sont pas dissous, et donc non assimilables par la plante. Une carence azotée peut alors affecter les céréales à paille si l'azote n'est pas absorbé dans les 20 jours après l'apport. Dans cette situation, une irrigation précoce s'avère très productive.

Dans certains contextes climatiques, la sécheresse peut avoir des répercussions sur l’alimentation azotée. En effet, il ne faut pas moins de 15 à 20 mm de pluie ou d’irrigation depuis le moment d’application de l’engrais azoté pour qu’il soit dissout et mis à disposition des racines de la plante. Ainsi, dans les situations à faible fourniture du sol en azote, et en l’absence de pluie pendant plus de 20 jours après l’apport d’azote réalisé juste avant le stade épi 1 cm, la culture est affectée par la carence azotée. Des essais conduits sous les abris mobiles du Magneraud ont montré que la perte de rendement liée à un retard d’absorption de 23 jours de l’azote apporté au stade épi 1 cm allait de 8 à 15 q/ha selon la forme d’engrais utilisée. Dans les sols à faible réserve en eau qui sont aussi des sols à faible fourniture d’azote, la carence azotée se produit en même temps que le stress hydrique et les effets du manque d’eau et d’azote se cumulent. La productivité de l’irrigation peut alors dépasser 3 q/ha pour 10 mm alors qu’elle se situe autour de 1,5 à 2 q/ha en cas de stress hydrique seul.

Figure 1 : Efficacité des apports d’azote selon la forme et le climat

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Attendre la pluie pour désherber

Les désherbages effectués depuis quelques semaines ont pu ponctuellement provoquer des problèmes de sélectivité liés aux fortes amplitudes thermiques et au stress hydrique des plantes. L’efficacité de ces désherbages n’est pas toujours satisfaisante, notamment du fait de la faible hygrométrie lors des passages.

Dès que la pluie sera annoncée, les désherbages seront possibles, même si les parcelles n’ont pas un grand potentiel : une parcelle claire sera d’autant plus salie !

Figure 2 : Amplitudes thermiques journalière

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Des maladies plutôt discrètes pour l’instant

Maladies foliaires

L’inoculum est présent depuis la fin de l’hiver en rouille brune, septoriose et rouille jaune. L’absence de pluie permet aux plantes de croitre sans avoir de contamination sur leurs nouvelles feuilles. Les températures douces provoquent une multiplication de l’inoculum présent.

Certaines parcelles ont toutefois des symptômes de rouille jaune sur variétés sensibles (ex : Tiepolo et Quality). A partir du stade montaison, ces parcelles doivent être traitées contre cette maladie explosive.

Maladies du pied

L’oïdium présent sur orge depuis plusieurs semaines tend à régresser du fait de l’absence totale de rosée dans les parcelles.

Il n’y a aucun traitement fongicide à prévoir avant un retour des pluies, excepté en cas de rouille jaune.

Consultez le Baromètre Maladies Blé tendre

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Faut-il irriguer ?

Pour les personnes ayant accès à l’irrigation, même si des pluies conséquentes revenaient vers le 10 avril, il est recommandé d’arroser dès que possible.

• Evidemment, l’azote devra être apporté juste avant si cela n’a pas été fait.

• Si l’année continue dans la sécheresse, il faudra jusqu’à quatre irrigations pour obtenir la meilleure rentabilité. Commencer à irriguer puis laisser tomber lors du remplissage du grain (en mai) donne de mauvais résultats.

Les stades critiques pour positionner l’irrigation sont Dernière Feuille Pointante (mise en place des composantes Fertilité épi et taille de l’enveloppe du grain) et Début remplissage (mise en place de la composante PMG).

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