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Vulpin au stade plantule Désherbage des céréales

Exploitez l'humidité du sol pour lutter contre le vulpin

14 décembre 2012

Vis-à-vis du vulpin, l’emploi de sulfonylurées en sortie d’hiver reste l’une des stratégies les plus courantes. Pour optimiser leur efficacité, il vaut mieux réaliser le traitement en le sol humide. Dans les situations fortement infestées en vulpins, un traitement dès l’automne est fortement conseillé.

Lorsqu’elles sont appliquées sur un sol humide, les sulfonylurées gagnent en efficacité : les adventices les absorbent par leurs feuilles mais également par leurs racines, un mode de pénétration qui ne doit pas être négligé. C’est en tout cas ce qu’a montré un essai mené par ARVALIS-Institut du végétal en 2011 (figure 1). Réalisée dans les chambres climatiques de Montardon (64), l’expérimentation a permis de comparer l’action de différents produits uniquement en fonction de l’humidité du sol, toutes les autres conditions étant égales par ailleurs. Quatre niveaux de saturation en eau du sol ont été testés : 40, 60, 80 et 100 %. Tous les autres paramètres étaient non seulement stables mais optimaux : 80 % d’hygrométrie, photopériode de 12 heures, températures de 10 °C la nuit et de 15 °C le jour. L’essai a porté sur Atlantis WG (mésosulfuron + iodosulfuron) et Kalenkoa (mésosulfuron + iodosulfuron + diflufénicanil ou DFF), appliqués soit à pleine dose (500 g/ha pour Atlantis WG et 1 l/ha pour Kalenkoa), soit à dose classique (300 g/ha pour Atlantis WG et 0,8 l/ha pour Kalenkoa).


Une sensibilité accrue au sol sec

Pour un sol saturé à 100 %, la pleine dose d’Atlantis WG a fourni la même efficacité que les deux doses testées avec Kalenkoa. En revanche, la diminution de la saturation du sol a entraîné une baisse des efficacités. Cet effet s’est avéré plus marqué avec Atlantis WG, et ce d’autant plus que la dose employée était faible. Quel que soit le niveau de saturation du sol, la pleine dose a donc fourni 13 points d’efficacité de plus que la dose modulée. Ces résultats révèlent que le mésosulfuron et l’iodosulfuron, les sulfonylurées présentes dans les deux produits, sont pénalisés lorsque le sol est « sec ». Toutefois, dans le cas de Kalenkoa, la présence de DFF et la formulation OD (dissout dans l’huile) semblent compenser partiellement la perte d’efficacité des deux matières actives en conditions d’humidité faible. Au même titre que les essais mesurant la nuisibilité des adventices sur le rendement montrent qu’il vaut mieux intervenir sur des adventices jeunes pour en assurer le contrôle, cette expérimentation confirme l’intérêt des désherbages précoces : les conditions de sol « humide » se rencontrent plus fréquemment fin février que fin mars.

En dernier recours : mélanger les modes d’action

En cas de stress hydrique, les sulfonylurées peuvent donc être mises en échec. Que faire dans ce type de situation ? Mélanger des molécules ayant des modes d’action différents peut s’avérer une solution. C’est ce qu’a mis en évidence un autre essai réalisé également dans les chambres climatiques de Montardon (figure 2). Deux spécialités y ont été testées sur vulpin en conditions de manque d’eau : Oklar à base de flupyrsulfuron pour la famille des sulfonylurées à action foliaire et racinaire, et Axial Pratic qui contient du pinoxaden, un herbicide de la famille des Den à mode d’action strictement foliaire. L’efficacité de ces produits utilisés seuls ou en mélange a été étudiée selon trois scénarios climatiques : des conditions normales, froides ou sèches après application. Oklar seul a fourni des efficacités insuffisantes en conditions de stress (figure 2). Comme le mésosulfuron ou l’iodosulfuron, le flupyrsulfuron apparaît donc sensible à l’humidité du sol. La contre-performance est d’autant plus marquée que les notations ont été effectuées 26 jours après le traitement, ce qui est précoce. Le laps de temps laissé au produit pour agir a pu être trop court.


Un outil pour sécuriser le traitement

De son côté, Axial Pratic appliqué seul s’est montré moins sensible qu’Oklar aux conditions difficiles, particulièrement en situation de stress hydrique. Mais c’est le mélange Axial Pratic + Oklar qui a obtenu les meilleures efficacités, supérieures à celles d’Axial Pratic seul, quelles que soient les conditions testées. Il semblerait donc qu’en conditions de traitement difficiles, le recours à un mélange de modes d’action différents permette de régulariser l’efficacité du désherbage sur vulpin, les conditions requises pour optimiser l’action de chacune des substances actives étant différentes.

Lorsque l’application doit se faire en situations plus limitantes (stress hydrique, chute brutale des températures annoncée, application différée à fin mars…), le recours à un mélange est donc un moyen de sécuriser son traitement. Cette solution n’est toutefois qu’un palliatif ultime dans les parcelles infestées de vulpins où il est préférable d’intervenir dès l’automne.

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