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Le datura, une mauvaise herbe toxique Plante invasive et toxique

Datura dans le maïs : tout mettre en œuvre pour l'éviter

26 mai 2021

Le datura stramoine est une adventice annuelle, de la famille des solanacées, qui a pris de l'ampleur ces dernières années. Cette dicotylédone contient des alcaloïdes très toxiques pour l’homme comme pour l’animal. La vigilance est primordiale, y compris dans les zones encore peu touchées, pour éviter une propagation à grande échelle du datura.

Le datura est régulièrement observé dans les cultures d'été (maïs, sorgho, soja, tournesol, cultures maraîchères…) mais aussi en interculture sur chaumes de céréales ou après colza, et dans les jeunes prairies.

Cette adventice pose des problèmes à plusieurs échelles : elle exerce une nuisibilité directe sur la culture en place (due à son fort développement), et elle dégrade la qualité des récoltes. Le point sur nos recommandations pour en garder le contrôle dans les maïs.

Au sommaire : Les dangers liés au datura et sa réglementation
• Comment reconnaître le datura ?
• Des moyens de lutte préventive à ne pas négliger
• Quelles stratégies herbicides possibles ?

Les dangers liés au datura et sa réglementation

Originaire du Mexique et du sud-ouest des Etats-Unis, le datura contient des alcaloïdes tropaniques (atropine et scopolamine) qui agissent sur le système nerveux central. Ils entraînent des troubles cardiaques, de la sécrétion et des muscles lisses. De très faibles quantités suffisent et toutes les parties de la plante en contiennent (fleur, feuille, graine, sève). Par conséquent, des limites réglementaires existent.

Pour l’alimentation humaine, la limite maximale est actuellement fixée à 1 µg/kg - pour l’atropine comme pour la scopolamine – dans les aliments destinés aux nourrissons et enfants en bas âge contenant du millet, du sorgho, du sarrasin ou leurs dérivés (Règlement Européen 2016/239).

Pour l’alimentation animale, la limite réglementaire concerne la quantité de graines de datura : elle est fixée à 1 g/kg dans toutes les matières premières ou aliments pour animaux (Directive Européenne 2002/32). Ces seuils sont très faibles mais sont généralement atteints avec la production d’une seule plante. Un pied de datura pour 25 m² peut suffire à provoquer une intoxication mortelle chez les bovins via le maïs fourrage.

Dans le cadre de sa politique de haute protection de la santé du consommateur, la Commission Européenne a voté le 15 avril 2021 la révision du règlement 1881/2006 pour la consommation humaine. Ce futur règlement, applicable à partir du 1er septembre 2022, prévoit de nouvelles teneurs maximales en alcaloïdes tropaniques pour la nutrition humaine : entre 5 et 15 µg par kg de grains récoltés mis sur le marché (tableau 1). Le maïs et ses produits dérivés seraient désormais concernés (excepté le maïs destiné à la transformation par voie humide).

Tableau 1 : Teneurs maximales réglementaires en alcaloïdes tropaniques (atropine et scopolamine) dans différentes céréales et produits céréaliers destinés à la nutrition humaine à partir du 1er septembre 2022

Comme pour les mycotoxines de champ (déoxynivalénol, etc.), ce règlement s’applique à la commercialisation en vue d’une première transformation.

Attention ! Ces nouvelles teneurs maximales réglementaires entreront en vigueur au 1er septembre 2022 et concerneront donc la collecte qui sera mise sur le marché à partir de cette date.

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Comment reconnaître le datura ?

Au stade plantule, les cotylédons sont très étroits et allongés et les 2-3 premières feuilles sont ovales avec des bords entiers. Les limbes sont dentés à partir de la 4e feuille. On observe des poils sur la tige et les pétioles.

Aux premiers stades de la plante, la confusion est possible avec le chénopode hybride (appelé aussi « chénopode à feuille de stramoine »), voir même avec des jeunes plantules d’épinards.

Une fois adulte, cette plante annuelle peut mesurer de 40 cm à 4 m de hauteur grâce au développement d’une tige puissante et ramifiée. Ses grandes feuilles présentent des dents inégales et ses fleurs sont longues, blanches et en forme d’entonnoir. Les fruits sont en forme de capsules ovales et épineuse, ils renferment de nombreuses graines noires. Une capsule de datura peut produire jusqu’à 500 graines, et un pied jusqu’à 5 000 graines. De plus, une graine peut survivre plus de 80 ans dans le sol.

Le datura se reconnaît également par une odeur forte et désagréable au toucher (veillez à utiliser des gants pour toucher la plante).

Figure 1 : Caractéristiques du datura au cours de son cycle de développement

Cotylédons étroits et allongés et 1res feuilles à bors entiers
Cotylédons étroits et allongés et 1res feuilles à bors entiers

Fleur et fruit contenant jusqu'à 500 graines
Fleur et fruit contenant jusqu'à 500 graines

La germination estivale du datura est très échelonnée, les levées peuvent s’effectuer d’avril à septembre. Cette plante, qui apprécie les températures élevées, peut germer à une profondeur supérieure à 10 cm dans tous les types de sol.

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Des moyens de lutte préventive à ne pas négliger

- Ne surtout pas laisser monter à graine les daturas pendant l’interculture.

- Arracher les daturas manuellement en cours de saison en prenant soin de sortir les plantes de la parcelle et en portant des gants.

- Surveiller les bords des parcelles, les fossés, les passages d’enrouleurs.

- Broyer les passages d’enrouleurs avant montée en grain du datura.

- Commencer les récoltes sur les parcelles les moins infestées si possible, pour ne pas répandre d’éventuelles graines dans le reste des parcelles de l’exploitation.

- Matériel de récolte : veiller au bon nettoyage du matériel entre les chantiers. Surveiller particulièrement le début de chantier de la machine, là où des graines de datura peuvent tomber au sol.

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Quelles stratégies herbicides possibles ?

Sur maïs, l'efficacité des herbicides homologués est satisfaisante. Cependant, la réussite du programme de désherbage peut être remise en cause par les levées échelonnées du datura qui se poursuivent tant que la culture ne couvre pas le sol. De plus, la persistance de l'effet des programmes herbicides sur la durée du cycle du datura est insuffisante. On constate des re-salissements tardifs dus à de nouvelles levées. C’est particulièrement le cas dans les zones où la canopée est moins développée (faible pouvoir concurrentiel de la culture), voire absente (dégâts d'animaux, passages d'enrouleurs…), le datura profitant de chaque percée lumineuse.

En maïs, il est donc recommandé de prévoir une base d'herbicides de prélevée avec un spectre large pour cibler le datura. Ainsi, en postlevée, les levées sont généralement plus groupées et sont mieux contrôlées par la suite avec une intervention positionnée sur des jeunes daturas aux stades « 2-4 feuilles » associant des herbicides systémiques (sulfonylurées, tricétones) éventuellement complétés d'un produit de contact lorsque le datura est plus développé (pyridate).

Ce programme se révèle parfois insuffisant ; une troisième intervention aux stades « 8-9 feuilles » est alors possible pour une meilleure gestion des levées tardives.

A des stades avancés de la culture, la pulvérisation doit être réalisée « en dirigé » ciblant le jet de pulvérisation sur l'inter-rang pour une question de sélectivité.

Figure 2 : Exemples de programmes de désherbage pour gérer les daturas dans le maïs (doses exprimées en l/ha ou kg/ha)
Exemples de programmes de désherbage pour gérer les daturas dans le maïs

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L'emploi des outils de désherbage mécanique est délicatLes passages de bineuse ont tendance à stimuler de nouvelles levées. Il faut donc avoir un système de dents bien adaptées pour scalper l'adventice sans remuer le sol en profondeur. Attention au nettoyage du rang qui est souvent insuffisant. Le nombre de passages doit être important (4 à 5 passages), ce qui n'est pas toujours possible dans certains contextes pédoclimatiques. Le dernier passage devra être réalisé au stade limite de passage du tracteur, peu avant la fermeture du rang.

Pour en savoir plus, consultez la plaquette « Gérer le datura dans les maïs » - ARVALIS et AGPM ou le bulletin ATS n°42 (FNPSMS) « Désherbage : maîtriser les adventices difficiles ».

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