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Ravageurs de maïs

Faut-il prendre des risques concernant la protection des semis en 2010 ?

01 janvier 2010

Si les taupins sont restés discrets cette année, d’autres ravageurs moins attendus se sont manifestés, comme les corvidés, certaines noctuelles, ou encore des pucerons (attaques tardives).

La campagne passée rappelle qu’il faut toujours faire preuve d’humilité en terme de prévision de risques vis-à-vis des ravageurs. En effet, tous les efforts avaient été faits pour disposer de plusieurs solutions techniques afin de lutter contre les taupins, principaux ravageurs des semis et responsables de dégâts importants en 2006 et 2007.
Finalement, malgré des semis d’une précocité exceptionnelle partout en France, facteur habituellement favorable aux attaques de ravageurs, celles-ci ont été relativement faibles en 2009, excepté dans la zone traditionnelle des terres noires du Bassin de l’Adour dans le Sud-Ouest.


Cependant, d’autres ravageurs se sont largement manifestés, à des niveaux plus élevés que d’habitude. C’est notamment le cas des corvidés, fait marquant de l’année 2009 (encadré 1). Des attaques de noctuelles terricoles (vers gris) ont parfois été difficiles à contrôler (à cause d’un stade larvaire trop avancé). Les scutigérelles ont confirmé leur nuisibilité dans le Sud-Ouest. Enfin, des larves de Spodoptera exigua ou d’héliothis ont été remarquées très tôt au sud de la Loire.

Dégâts d’oiseaux : une protection difficile
Sur maïs, les dégâts liés aux oiseaux sont principalement le fait de deux espèces, le corbeau freux et la corneille noire. Ces oiseaux, bien souvent confondus, présentent cependant des caractéristiques physiques et comportementales différentes.

À l’échelle nationale, les dégâts sont relativement faibles mais les pertes économiques sont importantes sur les exploitations concernées. De fortes attaques, souvent sur maïs assolés, isolés ou en semis décalés, peuvent conduire à un resemis, bien souvent attaqué lui aussi.
Difficiles à repousser, les corvidés doivent surtout ne pas être attirés : éviter si possible les semis décalés et les semis réalisés immédiatement après un travail du sol (offre de nourriture attirant les oiseaux), bien enfouir les semences.

Repousser, effaroucher, réguler
Suite à la disparition de l’anthraquinone, une substance active répulsive reste disponible : le thirame qui présente également des propriétés fongicides.
Gustafson 42S (ou Royalfl o orange) est homologué sur maïs comme répulsif oiseaux à la dose de 0,375 l/q (160 g de thirame/q de semences). Le traitement de semences Vitavax 200 FF est homologué sur maïs et maïs doux à la dose de 0,250 l/q (50 g de thirame/q).

Attention, l’efficacité des répulsifs n’est pas totale et apparaît vite limitée face à des populations importantes.

Différents moyens d’effarouchement, sonores et/ou visuels, peuvent être envisagés pour disperser les oiseaux. Leur efficacité n’est ni totale ni permanente. Ils ne doivent être utilisés qu’en cas d’attaque avérée car les oiseaux s’adaptent très rapidement à de nouvelles situations. Les techniques de lutte par éloignement présentent une assez grande diversité de résultats, en fonction de leur bon usage, des espèces en présence et de la disponibilité ou non d’autres ressources alimentaires.
Elles sont à combiner à des techniques de régulation. Les deux espèces inscrites sur la liste nationale des animaux dits « nuisibles », peuvent faire l’objet d’une dérogation pour une destruction à tir après la fermeture de la chasse (se renseigner auprès de la préfecture) ou pour le piégeage (possibilité de dispense de l’agrément piégeur en se rapprochant de la fédération départementale de lutte contre les organismes nuisibles).

Cette dérogation préfectorale ne peut être prise qu’en présence de dégâts identifiés : la lutte démarre donc par une déclaration des dégâts ! Les formulaires sont disponibles auprès de l’administration. Ils ne permettent pas des dédommagements, mais sont nécessaires pour identifier les besoins et mettre à disposition des moyens de lutte.

 

La nuisibilité de ces noctuelles est heureusement restée très faible, mais leur présence prouve le caractère atypique de la campagne et rappelle la grande difficulté à prévoir les attaques de ravageurs.

Même si les dégâts occasionnés n’étaient pas toujours remarquables (voire remarqués) en 2009, la nuisibilité diffuse sur de grandes surfaces peut représenter des enjeux économiques importants.

Pour les prochaines campagnes, la protection ne doit pas se raisonner uniquement sur le niveau d’attaque rencontré en 2009, mais bien prendre en compte les dégâts observés au cours des années précédentes, qu’il s’agisse d’une parcelle en monoculture ou en rotation.

La protection doit viser dans la plupart des cas un complexe de ravageurs telluriques (dont les taupins) et aériens tels que l’oscinie (Poitou-Charentes, Bretagne, Pays de Loire, Centre, Alsace, Rhône- Alpes), la géomyze (Bretagne), les pucerons (Centre), les cicadelles (vallée  de Garonne et Midi-Pyrénées).

Les solutions pour 2010
Cruiser 350, traitement de semences à base de thiamethoxam, est autorisé pour la prochaine campagne pour protéger les semis de maïs grain, maïs fourrage et maïs porte graine femelle contre les taupins, oscinie, cicadelles et les attaques précoces de pucerons. Les conditions d’emploi demeurent restrictives, avec notamment un semis avant le 15 mai et la mise en place d’un déflecteur à la sortie de la turbine du semoir (pour respecter la réglementation en vigueur). À noter qu’il sera possible de protéger un maïs avec Cruiser 350 en 2010 quelle que soit la protection insecticide utilisée dans la parcelle au cours des années précédentes.

Deux produits en formulation microgranulés ont été récemment homologués pour protéger les semis de maïs contre les taupins :
• le Force 1,5 G (téfluthrine, 12,2 kg/ha) pouvant être appliqué une année sur trois dans la même parcelle,
• le Belem 0,8 MG (cyperméthrine, 12 kg/ha).

Les substances de ces deux produits appartiennent à la famille des pyréthrinoïdes, qui se caractérise par une très faible mobilité dans le sol.

L’application doit donc être réalisée au moyen d’un diffuseur afin de bien répartir les microgranulés dans la raie de semis.

La technique est simple et relativement efficace avec un semoir disposant de socs (avec ou sans disques ouvreurs), mais plus délicate avec un semoir à disque ne disposant pas de soc. Dans le cas d’une application irrégulière, d’une préparation du sol un peu trop grossière (sol motteux, sol trop lissé, quantité importante de résidus végétaux…), le niveau de protection contre les attaques de taupins peut vite s’avérer décevant.

Quels moyens de protection en 2010 ?

Les solutions techniques de protection des semis ont fortement évolué avec la disparition des carbamates et l’arrivée des pyréthrinoïdes (encadré 2), dont l’application est plus exigeante et le spectre d’efficacité plus restreint. Le coût moyen de la protection est passé de près de 30 €/ha en 2008 à environ 55 €/ha en 2009. Le raisonnement de la protection doit également prendre en compte d’autres facteurs difficilement prévisibles, comme le prix du maïs et sa forte variabilité.

La connaissance des risques, intégrant l’identification des espèces de ravageurs, la fréquence et l’intensité des attaques, est un élément déterminant pour faire le choix le plus approprié, sans pour autant supprimer toute incertitude.

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