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Chrysomèle

Alsace et Rhône-Alpes sont désormais sur le front

01 janvier 2010

Avec 291 adultes capturés, l’année 2009 marque incontestablement un tournant concernant la chrysomèle des racines du maïs en France.

Certes, le nombre d’adultes capturés entre juin et septembre 2009 ne constitue pas un record (les piégeages avaient été plus nombreux en 2005 en région parisienne). Mais le nombre de pièges et de foyers ayant capturé au moins une chrysomèle en 2009 est nettement plus important. Seize nouveaux foyers ont été définis et ont fait l’objet d’un plan de lutte visant à éradiquer l’insecte, toujours inscrit sur la liste de quarantaine au niveau européen.

La France continentale en première ligne

291 adultes de chrysomèles ont été capturés, dans 6 foyers en Alsace et 10 foyers en Rhône-Alpes. À noter également, 3 foyers au sud de la Bourgogne (Saône-et-Loire).

Les mesures d’éradication prévues par la réglementation sont très contraignantes et très coûteuses. Après la campagne 2009, les surfaces concernées s’élèveraient à plusieurs dizaines de milliers d’hectares, ce qui augmente de façon exponentielle le coût de la stratégie d’éradication. De plus, les récentes captures posent des questions sur les mesures actuelles :

► Sur la dynamique du ravageur. L’Italie constitue un réservoir d’insectes : la suppression des insecticides en traitements de semences et l’absence de mise en œuvre de lutte efficace ne permettent pas de limiter les populations. Des adultes peuvent aisément franchir les Alpes au moyen des transports routiers, et le risque de nouvelle introduction d’adulte en France est très élevé. Ce risque remet en question l’utilité d’une stratégie d’éradication en France (qu’il faudrait alors pérenniser),
► Concernant le plan de surveillance qui n’est pas infaillible. La découverte de foyers avec de nombreuses captures, par exemple près de Rouffach (68) avec plus de 100 individus capturés en 2009, montre le caractère ponctuel de la surveillance, et donc du plan de lutte pouvant être mis en place en cas de capture d’insecte,
► Concernant le plan de lutte ayant pour objectif l’éradication. Malgré la mise en place de mesures drastiques, deux foyers ont capturé chaque année des chrysomèles des racines du maïs depuis 2007 (près de Bâle-Mulhouse et dans l’Est-Lyonnais) (avec cependant un nombre d’individus capturé faible en 2009).

L’échec des mesures d’éradication peut aussi être en partie attribué au deux points précédemment évoqués (nouvelle introduction ou défaillance du plan de surveillance).

Un nouveau plan de lutte pour répondre à de nouveaux objectifs ?

Suite à ces évolutions récentes, une nouvelle stratégie de lutte pourrait être définie. Elle pourrait évoluer vers un plan d’endiguement dans les régions Alsace et Rhône-Alpes. Un tel plan, dont le cadre réglementaire est défi ni au niveau européen, prévoit une modification des contraintes dans les zones où l’insecte a été capturé. Certaines mesures de lutte seraient mises en œuvre dans une zone géographique élargie et une zone tampon significative serait défi nie pour isoler la zone visant l’endiguement de l’insecte et la zone d’éradication, objectif toujours poursuivi dans les régions où aucun individu de chrysomèle des racines du maïs n’a été détecté en 2009, ainsi qu’en Bourgogne (peu d’individus capturés).

Un plan d’endiguement se distingue de l’éradication par ses objectifs et donc par les moyens mis en œuvre pour lutter contre l’insecte. Dans une stratégie d’éradication, tous les moyens de lutte sont mis en œuvre simultanément sur une aire géographique restreinte pour rechercher une efficacité maximale (proche de 100 %). En revanche, un plan d’endiguement combine les différentes méthodes de lutte dans le temps et sur un espace géographique plus large. Cette stratégie poursuit deux objectifs :

► Limiter l’installation de l’insecte et retarder la nuisibilité dans un secteur géographique donné
► Limiter la population pour freiner sa propagation dans d’autres territoires

Les stratégies de lutte contre la chrysomèle des racines du maïs à mettre en œuvre en 2010 sont actuellement en cours d’étude. Les décisions paraîtront au journal officiel en 2010.

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