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Maïs

Variétés : hiérarchiser les critères pour bien choisir

01 janvier 2010

L’appréciation de la valeur agronomique des variétés de maïs passe par la prise en compte simultanée de différents critères.

Les effets de la précocité ont pesé dans les comparaisons des performances des variétés en 2009, tant en terme de rendement biologique que de rendement net payé aux producteurs. Les variétés les plus tardives des différents groupes de précocité ont valorisé les disponibilités en température élevées de l’année lorsque les besoins en eau ont pu être satisfaits. Cette prime à la « tardiveté » s’explique par le fait qu’une variété à durée de cycle plus long intercepte plus longtemps le rayonnement lumineux et présente donc un potentiel de biomasse supérieur. En maïs grain, l’effet d’un point de teneur en eau du grain varie entre 0 et 2,5 q/ha par point de tardiveté selon les conditions de culture. En maïs fourrage, il est de l’ordre de 0,2 t/ha par point de teneur en matière sèche de tardiveté.

En situations plus limitantes en températures, cet avantage ne s’extériorise pas. Le stade de maturité à la récolte a un effet sur les coûts de séchage.

Avec des prix de vente 2009, la prise en compte de ce critère est stratégique. Quant aux teneurs en MS à la récolte, elles conditionnent la valeur énergétique et la qualité de la conservation au silo du maïs fourrage. Des valeurs trop faibles diminuent l’ingestibilité. À l’inverse, l’excès d’amidon, lié à la surmaturité, génère de l’acidose. Le meilleur compromis se situe entre 30 et 35 % de matière sèche de la plante entière.

D’une manière générale, la précocité apporte de la latitude dans les dates de récolte, la gestion des résidus de récolte, l’implantation de la culture d’hiver suivante et la maîtrise de la qualité sanitaire de la collecte.

Le broyage et l’enfouissement des résidus, qui participent à la qualité sanitaire, deviennent plus complexes avec l’augmentation des probabilités des pluies en novembre. Le choix de la précocité doit permettre des récoltes à maturité du 10 au 15 octobre selon les rotations dans une plage de teneurs en eau du grain de 33 à 25 %.

Enfin, la précocité peut aussi être utilisée comme tactique d’évitement de périodes de déficit hydrique en fin de cycle. Une sécheresse d’août et septembre, comme celle de 2009, a tendance à affecter une variété plus tardive dont les périodes de définition du nombre de grains et de début de leur remplissage surviennent plus tard qu’une variété plus précoce, alors que les réserves hydriques des sols ont diminué.

Rendement et régularité se traduisent en marge brute

La valorisation économique d’une parcelle de maïs est étroitement liée à son rendement après déduction du coût de séchage, car exceptée la densité de semis, les charges opérationnelles ne dépendent pas des variétés. La régularité du rendement, qui minimise les effets des aléas climatiques, est liée à un choix de précocité adaptée et à une bonne tenue de tige. Les à-coups de températures, les besoins en eau, le complexe parasitaire et l’itinéraire technique expliquent aussi des écarts de comportement entre années et lieux, mais sont plus difficiles à mettre en évidence. La régularité des résultats s’apprécie donc à l’aide de comparaisons dans des essais multi-locaux et pluriannuels. À précocité identique, une différence de 5 % se traduit par un écart de recettes du même ordre. En fourrage, un écart de 5 % se traduit par une augmentation du nombre de rations ou par un allongement de la période d’affouragement à base de maïs ensilage.

Intégrer la prise en compte du comportement aux fusarioses des épis dans les interventions culturales

Même si l’effet climatique est prépondérant, le constat de différences entre variétés d’expression de symptômes de fusariose sur épis susceptibles de produire des fusariotoxines de champ conduit à intégrer ce critère dans les grilles de décision du pilotage de la culture. Les limites maximales de teneurs en fusariotoxines (DON, zearalénone et fumonisines) adoptées pour l’alimentation humaine et recommandées en alimentation animale constituent des conditions d’accès au marché.

Considérer la tolérance aux maladies dans les situations à risque

La tolérance aux maladies, telle qu’à l’helminthosporiose, est à considérer dans les zones à risques (Sud de l’Aquitaine, Alsace, Bretagne, Normandie et Vallée de l’Isère). Elle participe à l’expression et à la régularité du rendement. Le charbon commun présent à l’état latent dans les parcelles n’est pas un critère rédhibitoire. Les symptômes sont souvent des expressions de stress climatiques et des limites de sélectivité des programmes et périodes d’application du désherbage.

Le pourcentage de plantes à tige creuse est révélateur des interactions avec la dureté des conditions de croissance de fi n de cycle. Il exprime aussi une vulnérabilité aux risques de progression des fusarioses des tiges.

Il est un critère utile en situations de risque de déficit hydrique, de coups de vent à maturité et de récoltes différées. Les données sont à relativiser par la précocité des variétés. Ce caractère, qui n’est pas rédhibitoire, participe aux compromis à effectuer avec les autres critères.

La concentration en UFL : un critère zootechnique synthétique

La valeur énergétique du maïs fourrage, estimée par la concentration en UFL, représente des différences de valorisation potentielle par les bovins et ovins. Un écart de + 0,035 point d’UFL se traduit, pour des vaches laitières qui consomment 16 kg de maïs/jour et produisent 20 à 30 kg de lait/jour, par une différence de production de + 1,1 litre de lait/vache/jour. Une valeur faible en UFL ne peut être compensée par le rendement. En revanche, elle peut l’être, à un coût plus ou moins élevé, par un ajustement de la complémentation.

Retenir plusieurs variétés
Les critères de choix des variétés de maïs restent simples. La cadence du progrès génétique invite à valoriser les innovations récentes. En revanche, les interactions des comportements des variétés avec les conditions de culture justifient de privilégier les variétés qui ont fait leurs preuves de bons résultats entre les années, les régions et les essais. Il est aussi recommandé de retenir plusieurs variétés afin de minimiser les effets des aléas climatiques.

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