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Semis de céréales d'automne au stade début tallage en décembre 2020 en Normandie Messagerie Normandie

Etat des céréales au 1er décembre

10 décembre 2020

Les conditions météorologiques douces de cet automne ont permis de semer les céréales dans de bonnes conditions dans la majorité des cas, même si les semis ont pu être retardés par des précipitations importantes et régulières en octobre dans le Calvados et la Manche. Les dernières implantations sont intervenues sereinement en novembre. Les céréales se développent rapidement cette année, sous l’effet des températures particulièrement douces et l’absence d’excès d’eau dans les sols.

Des semis précoces en Haute-Normandie

Dès fin septembre, les semis les plus précoces ont débuté en Haute-Normandie. Le cumul de précipitations en octobre sur ce secteur est proche de la médiane des cinquante dernières années, avec toutefois une concentration sur la première décade. Dans ces conditions, une deuxième vague de semis s'est concentrée autour du 15 octobre. Quant au mois de novembre, il a été très sec, ce qui a permis la réalisation des désherbages et des protections insecticides.

Carte 1 : Pluviométrie du 1er septembre au 23 novembre 2020

Comme l’illustre la carte 1, un fort gradient Est-Ouest est observable en Normandie (- 150 mm à + de 300 mm).

Des semis retardés par la pluie en Basse-Normandie

Pour la Basse-Normandie, le scénario est un peu différent puisque des précipitations sont arrivées à partir de la dernière décade de septembre et le mois d’octobre a été très pluvieux (125 mm). Par conséquent, les fenêtres de semis ont été réduites : une première vague a eu lieu du 15 au 20 octobre, puis une seconde au cours de la première quinzaine de novembre.

Pour l’ensemble de la région Normandie, les températures automnales observées ont été très douces et supérieures à la médiane, favorisant le développement rapide des céréales. Les semis les plus précoces sont actuellement en plein tallage. Cette douceur a eu également des conséquences sur le développement des adventices et l’activité des ravageurs d’automne. 

Désherbage : plusieurs situations sont observées

Dans la plupart des parcelles, les désherbages d’automne ont pu être réalisés dans des conditions satisfaisantes, grâce aux larges fenêtres d’intervention possibles en novembre. Les semis les plus précoces (septembre - début octobre) ont parfois déjà reçu deux passages herbicides, en situation de flore graminée abondante.

Des marquages assez souvent observés suite aux désherbages de pré ou de postlevée précoce

Pour ces parcelles, des marques de phytotoxicités sont parfois observées. Ces marquages s’expliquent par les importants abats d’eau survenus après les semis ou juste après les désherbages de postlevée mi-novembre. Ces phytotoxicités seront la plupart du temps sans impact sur la culture puisque nous bénéficions actuellement de conditions saines (pas d’excès d’eau dans les parcelles) et qu’elles surviennent sur des céréales jeunes, ayant des facultés de récupération et de compensation. Les céréales devraient être en capacité de détoxifier assez rapidement et de continuer leur cycle de développement.

Des retards d’action ou des manques d’efficacité des herbicides de postlevée

En Haute-Normandie, des manques d’efficacités sont parfois constatés pour les passages de postlevée réalisés sur novembre. Ceci peut s’expliquer par deux phénomènes :
- peu de pluie après des applications réalisées sur des sols secs. Dans ces situations, il convient d’attendre au moins 4 semaines après pour évaluer leurs efficacités. En fonction des résultats observés, une nouvelle intervention pourra être planifiée si nécessaire.
- décalage suite aux pluies d'octobre du passage de postlevée, souvent en rattrapage de la prélevée sur des semis très précoces. Le désherbage a donc eu lieu sur des stades de graminées (vulpins, ray-grass) déjà bien développés. Dans ce cas, il faudra envisager un nouveau rattrapage avec des herbicides foliaires, à condition que ces produits fonctionnent encore sur la flore graminée. Dans les parcelles où cette flore est difficile à maîtriser, il conviendra d’ajuster la conduite pour les prochaines campagnes et d’actionner l’ensemble des leviers agronomiques (rotation, faux-semis, décalages de dates de semis…). Les semis de septembre notamment sont à proscrire dans ces situations.

Côté ravageurs d’automne

Observations des cicadelles

Cet automne, des cicadelles brunes, potentiellement vectrices du virus de la maladie des pieds chétifs, ont été fréquemment observées dans des secteurs où il était auparavant inhabituel de les croiser. Leur présence a été particulièrement marquée à l’Est de l’Eure où des captures importantes ont pu être effectuées ; leur activité était beaucoup plus réduite sur le reste de la région. Le seuil d’intervention (au moins 30 captures par semaine) a cependant rarement été atteint. Quelques cicadelles vertes (non vectrices) ont pu être piégées, mais elles ne sont pas nuisibles pour les céréales. Désormais, la baisse des températures depuis la fin novembre a mis fin à l’activité des cicadelles.

Attention aux pucerons

Cet automne, de nombreuses périodes d’exposition au vol de pucerons ont été relevées. Les températures particulièrement douces enregistrées en octobre et novembre, ont favorisé les vols de pucerons et la contamination de parcelles de céréales (figure 1).

Figure 1 : Suivi de l’activité des pucerons d’automne – Caen (14)

Quasiment tous les semis sont concernés puisque des périodes favorables à l’activité de vol des pucerons ont été enregistrées jusqu’au 20 novembre, période à laquelle la grande majorité des parcelles étaient levées. Les semis précoces ont subi une exposition particulièrement importante puisqu’ils ont été soumis à de nombreuses périodes de vol de pucerons cet automne. La plupart des parcelles sont désormais protégées. Il faut cependant maintenir la surveillance au cours de l’hiver et rester prêt à intervenir, notamment si la douceur persiste. En cas de températures moyennes journalières proches des 12°C ou de températures maximales supérieures à 15°C, de nouveaux vols pourraient avoir lieu.

Pour rappel, suite à l’observation de vos parcelles, il est recommandé d’intervenir si des pucerons sont présents sur 10 % des pieds ou s’ils sont présents dans la parcelle depuis plus de 10 jours. Cette deuxième partie de la règle est importante puisque, dans nos régions, elle correspond très souvent au facteur déclenchant une intervention.

Schéma 1 : Activité des pucerons en fonction de la température

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec AGRIAL, la coopérative de Bellême, la Coopérative de Creully, D²N, Nat ’up et SEVEPI.

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