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Confection de silo ensilage maïs fourrage Maïs fourrage

Et si le bon dimensionnement des silos était le meilleur conservateur ?

19 août 2020

Une teneur en matière sèche de 30 à 35 %, un tassage efficace limitant la porosité et un bon dimensionnement du silo permettant un avancement rapide du front d’attaque au désilage (minimum 10 cm/jour en hiver, 20 cm/jour en été) : voila le trio gagnant pour une bonne conservation du fourrage. Cette « chasse au gaspi » permet de contenir les pertes de fourrages au front d’attaque en dessous de 3 % de la matière sèche initiale.

Au sein de chaque mètre cube d’un silo de maïs fourrage, on distingue trois compartiments : la matière sèche (MS) du maïs fourrage, l’eau du fourrage et l’air. L’objectif de l’opération de tassage de l’ensilage est de chasser l’air et donc l’oxygène de la masse de fourrage. Autrement dit, le tassage réduit la porosité du silo. En effet, une forte porosité est néfaste à la bonne conservation par ensilage pour deux raisons :

  • à la fermeture du silo, la présence d’oxygène retarde l’atteinte des conditions anaérobies nécessaires au développement des bactéries lactiques acidifiantes. Pendant ce temps, les micro-organismes indésirables occasionnent des pertes et se multiplient. Ils seront d’autant plus nombreux dès l’ouverture du silo...

  • à l’ouverture du silo, une forte porosité permet à l’oxygène de pénétrer rapidement et en profondeur dans le fourrage, réveillant ainsi l’activité néfaste des levures et moisissures.

Tasser d’autant plus que la teneur en matière sèche est élevée, facile à dire ...

La densité, exprimée en kg MS/m3 est souvent utilisée comme indicateur de risque d’échauffement au front d’attaque. La valeur pivot de 220 kg MS/m3 est couramment utilisée. En revanche, ce raisonnement occulte l’impact de la teneur en matière sèche du fourrage sur la porosité du silo. C’est pourtant bien la porosité qui régit la quantité d’oxygène et sa vitesse de pénétration dans la masse de fourrage lors de l’ouverture. Pour un fourrage dont la teneur en matière sèche est de 32 %, une densité de 220 kg MS/m3 correspond à une porosité inférieure à 40 %, ce qui est la recommandation pour éviter les échauffements sous réserve d’assurer une vitesse de désilage minimale de 10 cm/j en période froide et 20 cm/j en période chaude. Au-delà de 32 % MS, il importe d’obtenir une densité plus élevée. En cas de récolte à teneur en matière sèche élevée (> 36 %), il devient nécessaire d’obtenir des densités très élevées, supérieures à 250 kg MS/m3, difficilement atteignables en pratique. Pire, à 40 % MS lors de la récolte, la densité moyenne du silo devrait être de 290 kg MS/m3 en moyenne, ce qui est quasiment impossible !

Bien que les conservateurs (acide propionique ou bactéries lactiques hétérofermentaires) permettent de retarder les échauffements dans ces situations, ils ne permettront pas de les éviter totalement, en particulier dans les couches superficielles du silo. Lorsque cela est possible, le redimensionnement du silo permettant d’obtenir des vitesses d’avancement élevées au front d’attaque constitue une réelle assurance anti-échauffement et minimise les pertes.

Figure 1 : Pertes de fourrage dues à l'échauffement selon la densité dans le silo et la teneur en matière sèche du fourrage avec une vitesse d'avancement de 8 cm/j

Figure 2 : Pertes de fourrage dues à l'échauffement selon la densité dans le silo et la teneur en matière sèche du fourrage avec une vitesse d'avancement de 23 cm/j

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6 commentaires 03 septembre 2020 par ROEDERER

J'ajoute un quatrième point qui est la finesse de hachage. En effet, ces dernières années, j'ai rencontré des difficultés pour fixer une date d'ensilage convenable, la plupart du temps à cause de l'intendance: il faut réunir l'équipe au complet, et comme le réchauffement climatique nous amène à ensiler fin Août, cela veut dire qu'il faut que tout le monde soit rentré de vacances... Il arrive régulièrement que la dernière semaine avant l'ensilage soit prévue fraîche et pluvieuse (comme cette année) et qu'elle soit en réalité sèche et venteuse et le maïs prend cinq points (ou plus) dans la semaine pour arriver à 38, 39 voire plus! Dans ce cas, pour arriver à tasser, il faut raccourcir la longeur de coupe: cette année 10mm chez moi. Les ensileuses récentes permettent même un règlage en court de chantier et peuvent descendre jusqu'à 8mm sans ralentir le chantier. Il faut, dans ce cas, disposer d'un autre fourrage que le maïs pour assurer la fibrosité de la ration. Certes, la finesse de hachage est le dernier point après les trois autres, mais cela reste tout de même un levier supplémentaire pour assurer la conservation du maïs pour un an. Bon courage à tous.

03 septembre 2020 par MOLLIERE

Cela a été prouvé à de nombreuses reprises par des études universitaires sérieuses Les 3 éléments primordiaux pour réussir le tassage sont par ordre décroissant 1) l epaisseur de la couche fine (avoir le temps de le faire ) en chiffre moi s de 10 cm est idéal donc "fouler" le tas a l'infini 2) poids tracteur tasseur 2 a 2,5 tonnes par rang d'ensileuse 3) pression maximum des pneus des tracteurs brasseurs Enfin l'expérience fait la différence pour les détails

21 août 2020 par ROEDERER

Pourtant un grand poête l'a dit: "con caduque ou con débutant, le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con..." En tout cas, chez moi, 3 tasseurs sur les silos pour faire face à l'ensileuse 9 ou 10 rangs (selon l'écartement des rangs de maïs). Deux sont équipés de tracteurs chargés de masses et un d'un téléscopique. Les deux tracteurs sur le silos de 15x25 m et le télésco sur le silo de 11x33m. Quatre grosses bennes pour "faire la route", mais ça suffit: les parcelles sont autour de la ferme (ça, c'est une chance!). Merci MARTIN pour votre soutien.

21 août 2020 par MARTIN

Roederer, les vieux cons ne doivent pas ménager leurs conseils aux jeunes, d'abord parce qu'ils sont âgés et ensuite parce qu'ils ont passé l'age d'être cons.

21 août 2020 par ROEDERER

On peut ajouter au commentaire précédent que pour bien tasser, il faut avoir le temps et donc, avoir suffisamment d'engins tasseurs (avec les pilotes idoines...) ... mon expérience me permet de dire qu'il ne faut pas dépasser 3 rangs de maïs par tasseur sinon on est vite débordé et on se contente d'étaler le maïs sans chasser l'air. Avec les ensileuses actuelles (9, 10, 12 rangs) et la puissance de leurs moteurs, il faut avoir étalé la benne en trois godet maxi pour avoir le temps de "fouler". Mais bon, c'est un "vieux con" qui dit cela, on en trouvera sûrement pour dire qu'ils font mieux tout seuls... Bon courage à tous.

21 août 2020 par MARTIN

Pourriez vous signaler que le tassage du silo avec un tracteur ne dépend pas du poids du tracteur mais presque uniquement (car il ne faut pas que le tracteur "s'envole") de la pression de gonflage de ses pneus !

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