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Maïs fourrage : une qualité très hétérogène en 2018 Résultats d’analyses

Ensilages de maïs 2018 : une qualité correcte mais très hétérogène

22 novembre 2018

Teneur en amidon, digestibilité, valeur énergétique… retrouvez les résultats qualité de près de 8500 échantillons de maïs ensilés en 2018 et quelques recommandations pour leur utilisation.

Les conditions pédoclimatiques et les stades de récolte sont deux composantes essentielles à la qualité du maïs fourrage. Sur la base des conditions rencontrées en 2018, on peut distinguer cinq grandes zones de production de maïs fourrage au plan qualitatif (carte 1).

Carte 1 : Les conditions pédoclimatiques rencontrées en 2018 partagent la France en cinq grandes zones

Des teneurs en matière sèche bien au-dessus des préconisations

Les teneurs en matière sèche (MS) à la récolte ont largement dépassées l’objectif de 32-33 % plante entière sur l’ensemble de la France. 50 % des chantiers d’ensilage ont été réalisés à plus de 34,8 % MS, dont la moitié à plus de 38 % MS. La majorité des chantiers d’ensilage de maïs réalisés à une teneur en MS très élevée (> 37 % MS) se situe dans les régions Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Poitou-Charentes et Limousin.

Des maïs pauvres en amidon

La teneur moyenne en amidon est de 28,3 % à l’échelle France, inférieure de 4,5 points par rapport à 2017. Mais une très grande variabilité s’observe selon les régions. les maïs cultivés dans le nord-est et le centre de la France ont été particulièrement touchés par la sécheresse cet été. Les teneurs en amidon des ensilages y sont respectivement de 24,7 % et 27,3 % avec une très forte variabilité intra-région. Cette hétérogénéité peut s’expliquer par des différences de potentiel de sol, des orages très localisés dans certaines zones et la possibilité d’irriguer ou non. La moitié des ensilages de maïs réalisés dans la zone Nord-Est présente une teneur en amidon inférieure à 25 %.

En revanche, les ensilages récoltés dans les régions Bord Manche et Sud-Ouest présentent des teneurs en amidon assez élevées, proches de celles obtenues en 2017. Ces maïs devront être intégrés avec précaution dans les rations des vaches laitières pour maintenir une fibrosité correcte de la ration et assurer un bon confort digestif. Un apport d’herbe sous forme ensilée ou enrubannée dans la ration pourra être réalisé pour ne pas dépasser le seuil de 23-24 % d’amidon dans la ration.

Des fibres encore bien digestibles à la récolte

La digestibilité des fibres (dNDF) est bonne cette année, de l’ordre de 51,7 % en moyenne.

Les plus hauts niveaux se retrouvent dans les régions où les ensilages ont été récoltés précocement ; c’est le cas des maïs de la zone Nord-Est qui présentent une dNDF moyenne de 53,9 %. Sur ce secteur, les chantiers de récolte ont commencé début août alors que les plantes commençaient à dessécher sur pied. La qualité des fibres de ces plantes jeunes a ainsi été préservée de la sénescence accélérée de la fin de cycle.

Dans le Sud-Ouest en revanche, la digestibilité des fibres est en moyenne de 47,8 %, nettement inférieure à la moyenne nationale (NDLR : attention à la représentativité de ce chiffre car peu d’analyses sur cette zone).

Des valeurs alimentaires correctes

Les teneurs en MAT des ensilages de maïs sont assez moyennes, légèrement en retrait par rapport à 2017, à 7,3 g MAT/kg MS. Les valeurs azotées sont donc aussi moins élevées qu’en 2017 avec - 3 g de PDIN et - 4 g de PDIE pour arriver à une valeur moyenne « France » assez stable entre régions à 45 g/kg MS de PDIN et 67 g/kg MS de PDIE.

Les teneurs en UFL des maïs fourrage à l’échelle nationale sont en légère baisse (- 0,02 UFL/kg MS) par rapport à l’année dernière. En 2018, la teneur moyenne s’élève à 0,90 UFL/kg MS, avec un écart-type élevé à 0,04. La moitié des ensilages de maïs présentent une valeur énergétique inférieure à 0,90 UFL/kg MS. L’origine de cette énergie est assez variable selon les régions. On retrouve ainsi des maïs plus typés « amidon » sur les zones Bord Manche et Sud-Ouest, mais avec une fibre un peu moins digestible.

La bonne digestibilité des fibres des ensilages de maïs du Nord-Est permet de compenser leur plus faible teneur en amidon pour maintenir une valeur énergétique correcte.

Au sein de chaque zone, de fortes disparités sont toutefois constatées sur le niveau des UF mais surtout sur l’origine de l’énergie. 25 % des ensilages de maïs 2018 présentent une valeur énergétique inférieure à 0,88 UFL/kg MS. Alors que 50 % des ensilages sont en dessous de 232 g d’amidon dégradable par kg de MS, 15 % sont à plus de 300 g/kg MS ! La digestibilité des fibres est aussi variable avec un écart-type observé à plus de 5 points pour une moyenne à 51,7 %. Au vu de la variabilité de la provenance de l’énergie intra-région, cette année encore, la valeur UF du maïs fourrage n’est pas suffisante pour caler une ration !

Tableau 1 : Caractéristiques qualitatives des maïs fourrage 2018 : valeurs moyennes et écart-types par région

La base de données constituée rassemble 8468 analyses de fourrages effectuées par 17 organismes :
Limagrain Semences, MiXscience avec Sanders, Laboratoire CESAR, Evialis, GERM-SERVICES, NEALIA, Seenovia, Alicoop, OCELIA, DFP Nutraliance, Prisma, IDENA, Bretagne Conseil Elevage Ouest, EILYPS, Optival, Union Laitière de la Meuse, RAGT Plateau central.

Quelques recommandations concernant l’utilisation des maïs fourrage 2018Au vu de la forte hétérogénéité des ensilages de maïs inter et intra-région, il est vivement conseillé de faire analyser son fourrage afin d’adapter la part de maïs fourrage dans la ration et d’optimiser sa complémentation. La majorité des maïs 2018 sont peu acidogènes, 75 % présentent une teneur en amidon dégradable inférieure à 272 g/kg MS.

Les maïs 2018 sont moins riches en énergie (- 0,02 UFL), plus encombrants (+ 0,01 UEL) et moins ingestibles que ceux de 2017. L’utilisation de ces ensilages risque donc de diminuer légèrement la densité énergétique des rations vaches laitières. Il est possible d’ajouter des céréales en veillant à rester sous la barre des 23-24 % d’amidon dans la ration. L’apport de quelques kilos de matière sèche d’herbe sous forme ensilée ou enrubannée pourra être bénéfique à condition qu’elle soit de très bonne valeur alimentaire.

La teneur en amidon limitée des maïs 2018 pourraient pénaliser la production de viande issue des animaux en finition en lien avec une diminution de la densité énergétique. Pour compenser cette baisse potentielle de performances, l’ajout de céréales ou de coproduits riches en énergie peut être conseillé.

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