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Adventices dans une parcelle de blé en cour de levée, en 2018 en Bourgogne Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Désherber à l’automne, c’est à partir de maintenant

08 novembre 2018

La pluie tant attendue a fait son retour. En conséquence, les herbicides à action racinaire vont retrouver leur intérêt pour désherber dès l’automne les céréales, afin de réduire la nuisibilité précoce des adventices et contrôler la dérive d’efficacité des herbicides appliqués en sortie d’hiver. Mais les conditions agronomiques restent à la fois diverses et rarement rencontrées dans un passé récent. Revue de détail.

Céréales comme adventices vont lever de manière désordonnée

Aujourd’hui, la majorité - mais pas la totalité - des semis de céréales a été réalisée. Les résultats sont divers et variés en fonction de l’état de sécheresse des parcelles.

Malheureusement, les décalages de dates de semis et/ou levée n’auront pas d’effet sur une réduction du risque de levée des mauvaises herbes, vulpins et ray-grass en particulier, ainsi que des repousses de blé dans les orges. En effet, les conditions de sécheresse extrêmes rencontrées depuis plusieurs mois n’auront pas permis la réussite des faux-semis.

Le cas le plus fréquent, c’est la levée hétérogène de la culture et des mauvaises herbes.



Heureusement moins fréquentes mais sources d’interrogations, les parcelles semées très tôt avec une levée massive des graminées adventices et/ou repousses en même temps que la céréale.



Dans tous les cas, la végétation est en retard, d’environ une ½ feuille, suite à une durée de levée rallongée dans des sols secs.

Quoi qu’il arrive, toute fenêtre climatique doit être saisie pour atteindre l’objectif de désherber dès que possible en cours d’automne.

Désherber dès l’automne… ou « jamais »

La situation la plus complexe, malheureusement majoritaire, se rencontre sur les parcelles avec des levées hétérogènes où il faudra trouver le juste compromis entre le stade de de la céréale et celui des mauvaises herbes. Le créneau idéal, probablement de courte durée, c’est lorsque la culture est totalement levée et que les graminées adventices n’ont pas atteint 2 feuilles. Au-delà de ce stade, les efficacités des herbicides racinaires régressent fortement.

Parmi les herbicides disponibles à l’automne, seuls Trooper (Flufénacet + dff) et Defi (prosulfocarbe) ont l’autorisation pour être appliqués « en continu » de la postsemis – prélevée à la postlevée.

Pour les autres produits, attendre que la culture couvre l’ensemble de la parcelle. Comme déjà annoncé dans le message précédent du 17/10/2018 (voir sur le même sujet), il faudra traiter avec la « manière forte » :
► Pleines doses des herbicides appliqués seuls. C’est par exemple Fosburi ou Antilope 0,6 l/ha, même renforcé avec un herbicide à base de Chlortoluron ou Daiko + huile ou Datamar + huile.
► Association du plus grand nombre de matières actives racinaires différentes possibles avec des doses efficaces. Toutes les associations ne sont pas validées par les firmes phytosanitaires et relèvent donc de la responsabilité des utilisateurs.
► Réserver les produits à base de sulfonylurées autorisés à l’automne uniquement pour les fortes infestations de bromes dans des blés.

Quelques fois, un défaut de sélectivité pourra être observé, plus sur orges d’hiver que sur blé, avec toutes ces solutions, mais osons dire que c’est aussi un gage d’une bonne efficacité.

Par ailleurs, dans les parcelles fortement enherbées d’adventices et/ou de repousses, il faut considérer aujourd’hui qu’il s’agit de situations inextricables à l’avenir compromis. Dans ces conditions, la décision de destruction doit se faire avant tout investissement supplémentaire dans une tentative de désherbage aux résultats potentiellement/probablement très limités, et donc insuffisants.

Dans tous les cas, en fonction de la date de semis ou de la date de levée, le choix reste ouvert de la postsemis – prélevée à la post précoce d’automne, voire à la succession des deux, séparées d’environ 3 semaines, si le climat à venir le permet.

Mode d’emploi des produits : mises en garde

Les herbicides applicables à l’automne sont à dominante racinaire donc soumis à des contraintes d’état du sol. Des taux élevés d’argile et de matière organique peuvent bloquer la substance active. A l’inverse, dans les sols légers et filtrants, les molécules d’herbicides sont moins bien fixées pouvant entraîner des phytotoxicités si la dose n’a pas été adaptée ou si la pluviosité est forte après traitement. L’humidité du sol est également un facteur essentiel. Seule la partie de l’herbicide qui est dissoute dans la solution du sol sera efficace vis-à-vis des adventices. Il est possible de traiter par forte rosée, brouillard, voire sous la pluie.

De manière complémentaire : pas de grains en surfaces, contourner les épisodes trop pluvieux (plus de 30 à 40 mm suite au traitement) et/ou avec amplitudes fortes de températures entre le jour et la nuit (plus de 10°C avec le mini négatif).

Bien respecter les règles d’application des produits à base de prosulfocarbe (Défi, Minarix, Fidox 800 EC, Daiko, Datamar…)

À compter du 4 octobre 2018, de nouvelles conditions d’emploi réglementaires sont à respecter pour les produits à base de prosulfocarbe. Pour les applications d’automne et afin de limiter la contamination des cultures non cibles : cultures fruitières (pommes, poires), cultures légumières (mâche, épinard, cresson des fontaines, roquette, jeunes pousses), cultures aromatiques (cerfeuil, coriandre, livèche, menthe, persil, thym) et cultures médicinales (artichaut, bardane, cardon, chicorée, mélisse, piloselle, radis noir, sauge officinale).

• Dans le cas de cultures non cibles situées à moins de 500 mètres de la parcelle traitée : ne pas appliquer le produit avant la récolte de ces cultures.
• Dans le cas de cultures non cibles situées à plus de 500 mètres et à moins d’un kilomètre de la parcelle traitée :
     - ne pas appliquer le produit avant la récolte de ces cultures,
     - ou, en cas d’impossibilité, appliquer le produit uniquement le matin avant 9 heures ou le soir après      18 heures, en conditions de température faible et d’hygrométrie élevée.

Ces conditions d’emploi viennent s’ajouter à celle existante depuis 2017 rendant obligatoire l’utilisation des buses à injection d’air homologuées ZNT (buses à limitation de dérive homologuées).

Article rédigé par les partenaires de « Objectif Cultures Propres » (OCP) Bourgogne-Franche-Comté :
PELCE Luc et CHAVASSIEUX Diane (ARVALIS), BONNIN Emmanuel (Soufflet Agriculture), BOUCHIE Jean Michel (Axereal), BOULLY Christine (Bourgogne du Sud), CHOPARD Patrick (CA39), COURBET Emeric (CA70), DELATTRE Marc (Columa Végéphyl), GELOEN Michael (Terres Inovia), GOULIER Jean-Baptiste (CA21), GUITTARD Jean Michel (Terre Comtoise), KOEHL Philippe (Interval), LACHAUD Dominique (SAS Ruzé), LOISEAU Marie-Agnès (CA89), MIMEAU mickael (Dijon Céréales), PAGEOT Michel (SAS Bresson), PETIT Amélie, (SeineYonne), PETIT Marie-Sophie (CRA BFC), TOURENNE Didier (CA25-90), VILLARD Antoine (CA71) et ZAMBOTTO Cédric (CA58).

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