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Sétaire dans une parcelle de maïs avant désherbage de prélevée en avril 2020, en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Désherbage du maïs : rechercher les conditions les plus adaptées

16 avril 2020

Les semis de maïs sont en cours : c’est le moment de raisonner la stratégie de désherbage en fonction de la typologie de la flore.

Les températures fraîches de fin mars ont retardé les semis de maïs, dans l’attente de conditions plus favorables (sol davantage réchauffé afin de favoriser une levée rapide) ; de plus, le temps sec de ces deux dernières semaines et les sols difficiles à reprendre ont compliqué les implantations. Les conditions n’étaient pas réunies non plus pour effectuer des désherbages de prélevée dans de bonnes conditions pour ces premiers semis. Les premières parcelles semées début avril sont actuellement en cours de levée.

Une stratégie « pré puis post » recommandée pour les problématiques de flore complexe et/ou difficile, particulièrement en semis précoce

La stratégie de prélevée relayée par une intervention de postlevée est à privilégier, voire s’impose dans les situations de densité habituellement élevée en graminées ainsi que pour certaines dicotylédones (véroniques de Perse par exemple). Elle est incontournable pour les situations de sétaires résistantes au nicosulfuron dans la région. Elle s’impose dans les situations attendues de forte présence de graminées estivales ou encore de ray-grass avec l’application d’un produit racinaire avant la levée des graminées. Outre l’efficacité sur les premières levées, c’est essentiellement la rémanence qui confère au programme sa robustesse. L’humidité du sol est un critère important d’efficacité de la prélevée, or ce critère a été plutôt mis à mal ces derniers jours (pour garantir une efficacité optimale, on peut retenir que les herbicides de prélevée nécessitent un cumul de 10 mm de pluie dans les 15 jours qui suivent l’application).

• Pour les semis de la première quinzaine d’avril (dont la levée n’est pas en cours) où la pression graminées attendue est forte dans la parcelle : il convient tout de même d’intervenir en prélevée en essayant de positionner l’application au plus près du semis afin de bénéficier de l’humidité résiduelle et de profiter également des petites pluies annoncées cette semaine. En condition sèche, l’efficacité des chloroacétamides n’est pas nulle et limitera le risque d’avoir à gérer en postlevée des situations non contrôlables par des produits foliaires. L’autre difficulté sera aussi à regarder du côté du vent, qui pourrait limiter aussi les interventions.

• Pour les autres situations semées (pression graminées jugée intermédiaire, levée des maïs en cours ou pour pallier aux conditions de sol jugées trop sèches), on peut reporter l’intervention en postlevée précoce.

Quelles matières actives utiliser ?

En prélevée, on ciblera avec des matières actives les plus efficaces vis-à-vis des graminées. Néanmoins, lorsque d’autres adventices difficiles sont attendues à très fortes infestations, un renforcement est possible avec :
• De la pendiméthaline : intérêt majeur sur renouée des oiseaux, quelques graminées (vulpin, pâturin) et dicotylédones classiques. Peu d’intérêt sur renouée liseron, géraniacées, mercuriales, crucifères…
• Du thiencarbazone-méthyl : intérêt majeur sur renouée des oiseaux et renouée liseron… mais faible sur mercuriales.
• De l’isoxaflutole (IFT) : intérêt manifeste sur ambroisie, crucifères, dicotylédones classiques, lamier, linaires… mais nul à faible sur renouées, mercuriale, géraniacées…

Cas spécifique de la gestion des ray-grass

En situation de résistance ou en cas de fréquence très élevée, la gestion du ray-grass impose aussi le recours à la prélevée. Les résultats acquis récemment mettent en évidence une meilleure efficacité des associations de chloroacétamides à base de S-métolachlore et de DMTAP en présence de résistance.

Le rattrapage de postlevée est à calibrer par la suite selon la flore présente et les éventuelles relevées.

Une stratégie postlevée précoce pour pallier aux conditions trop défavorables de prélevée

Si la pression graminées n’est pas trop forte, si la levée des maïs est en cours, ou encore pour pallier aux conditions jugées de sol trop sèches de prélevée, il est possible de reporter le désherbage de prélevée vers de la postlevée précoce (à 2-3 feuilles du maïs), éventuellement associée à des produits foliaires pour garantir une meilleure efficacité sur les adventices tout juste levées ou non encore levées.

Comme pour les applications de prélevée, cette stratégie repose sur une intervention sur sol suffisamment frais et une pluviométrie suffisante après application permettant d’assurer l’efficacité optimale des matières actives à action racinaire. C’est une intervention délicate à mettre en œuvre car la fenêtre de positionnement est très étroite pour bénéficier de l’ensemble des potentialités de l’association des produits (sol humide, besoin en températures, hygrométrie supérieure à 70 %, absence de forte amplitude thermique et adventices très jeunes). Dans les faits, un rattrapage s’avère souvent nécessaire.

Les recommandations en lien avec des évolutions réglementaires attendues

Pour l’utilisation du S-métolachlore

La dose maximale autorisée actuellement pour les herbicides à base de S-métolachlore est 2,1 l/ha (1921 g/ha). Les firmes proposant des produits contenant du s-métolachlore émettent des recommandations d’emploi restrictives anticipant les décisions de renouvellement des autorisations pour les produits concernés. Entre autres, elles déconseillent toute application sur les aires d’alimentation de captages prioritaires et zones sensibles et recommandent une dose maximale de 1000 g/ha de S-métolachlore (soit 1,1 l/ha de Dual GS, 1,04 l/ha de Mercantor G ou 2,5 l/ha de Camix) pour tous les maïs. Ces recommandations sont à leur initiative et n’ont à ce jour aucune obligation légale. Il n’en demeure pas moins vrai que la durabilité du désherbage du maïs doit passer par un raisonnement plus fin du choix des produits et de leurs doses d’emploi. Nous avons testé également l’efficacité de différentes solutions alternatives permettant de réduire le recours aux herbicides de la famille des chloroacétamides. Enfin, dans les situations à forte pression en graminées estivales, il peut s’avérer nécessaire de mettre en œuvre des doses supérieures à ces recommandations.

Pour en savoir plus, consultez le tableau des efficacités des programmes herbicides avec dose réduite ou sans S-métolachlore dans le guide Choisir et décider Maïs - 2020 - Poitou-Charentes.

La fin du bromoxynil ?

Cette campagne est probablement la dernière occasion d’utiliser les produits contenant du bromoxynil. Ses cibles prioritaires pour le désherbage du maïs sont la mercuriale annuelle et la renouée liseron. Les solutions en prélevée pour ces deux dicotylédones difficiles ne sont pas efficaces. La mercuriale annuelle est sensible aux inhibiteurs de l’ALS (Equip, Pampa, Peak), à condition d’intervenir sur des individus très jeunes. Il en est de même avec certains prémix tels que Monsoon-Active ou Calaris. La renouée liseron est plus difficile à maîtriser. Le stade au traitement est vraiment déterminant. Il est nécessaire d’intervenir avant 3 feuilles avec Biathlon, Peak, Monsoon-Active, Capreno ou Calaris ou encore CallistoPlus, Nikita WG ou Rinidi WG.

Désherbage mécanique possible

Des conditions séchantes, 24 à 48 h après passage, sont à privilégier pour maximiser l’efficacité d’un désherbage mécanique. On peut opter cette année pour un passage de herse étrille à l’aveugle avant la levée du maïs après l’épisode de petites pluies annoncées qui peuvent aussi mettre en germination des adventices. Ces interventions ont une efficacité partielle mais peuvent s’avérer intéressante dans ces situations où les adventices sont encore au stade filament. Attention, tout comme les interventions phytosanitaires, un passage au stade coléoptile (pendant la levée) est à proscrire.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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