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Semis maïs Messagerie Poitou-Charentes

Désherbage du maïs : comment s’adapter aux conditions sèches ?

22 avril 2021

La période sèche actuelle, qui semble perdurer dans les 10 prochains jours, complique sérieusement les stratégies de désherbage de prélevée à mettre en œuvre. Le point sur les options possibles au printemps 2021.

Des semis de maïs effectués au gré des opportunités

Les semis de maïs ont débuté dès fin mars avant d’être retardés par les températures fraîches dans l’attente de conditions plus favorables. Le temps sec des dernières semaines et les reprises de travail du sol difficiles dans certains terroirs compliquent les implantations.

Pour les quelques semis très précoces, effectués voilà trois semaines, les parcelles approchent le stade 3 feuilles. Dans la majorité des situations, les semis se réalisent depuis 10 jours à la faveur des petites pluies du week-end du 10 avril et sont toujours en cours.
En général, les conditions n’étaient ou ne sont pas réunies pour effectuer des désherbages de prélevée dans de bonnes conditions.

Adapter la stratégie à la flore dominante

Pour guider le choix de la stratégie de désherbage à mettre en œuvre, c’est la flore dominante attendue sur la parcelle qui est à prendre en compte. Elle est fonction du contexte pédoclimatique et du système de culture. Les stratégies à double passage restent les plus sécurisantes et les plus régulières pour une bonne maîtrise de la flore adventice en Poitou-Charentes.

La période sèche actuelle, qui semble perdurer dans les 10 prochains jours, complique sérieusement les stratégies de désherbage à mettre en œuvre. C’est notamment le cas des stratégies à base d’herbicides racinaires souvent indispensables dans la région pour gérer des flores mixtes à dominante graminées, apportant de la persistance. On peut espérer des levées d’adventices décalées dans cette période sèche…

La prélevée, indispensable dans les situations à forte présence de graminées

La stratégie de prélevée relayée par une intervention de postlevée est à privilégier dans les situations de flore graminée dominante (sétaires, panics, digitaires) ainsi que pour certaines dicotylédones (véronique de perse par exemple). Elle est incontournable pour les situations de sétaires résistantes au nicosulfuron dans la région et s’impose dans les situations attendues de forte présence de graminées estivales ou encore de ray-grass avec l’application d’un produit racinaire avant la levée des graminées.

Outre son efficacité sur les premières levées, c’est essentiellement la rémanence qui confère au programme sa robustesse. Or, un critère essentiel à son efficacité est l’humidité du sol. On peut aussi retenir que pour garantir une efficacité optimale, les herbicides de prélevée nécessitent un cumul de 10/15 mm de pluie dans les 10/15 jours qui suivent l’application. Ce printemps, les sols sont très secs superficiellement, voire croutés. Ainsi, le critère essentiel d’humidité n’est pas rempli actuellement avec la double restriction : sol souvent très sec sur les premiers centimètres et pas de pluie annoncée prochainement.

Dès lors que l’irrigation est envisagée pour faire lever les maïs : désherber en prélevée avant pour bénéficier des 15/20 mm de l’irrigation, en priorisant les parcelles où la prélevée est jugée indispensable à la maîtrise de la flore de la parcelle et où un besoin de persistance est nécessaire.

Que faire si les conditions de sol sont jugées trop sèches et en absence de pluies significatives d’ici à 10 jours ?

Dans ce cas, il faut reporter l’intervention de prélevée en postlevée : en absence d’humidité, l’efficacité escomptée des racinaires sera mise à mal et pas au rendez-vous.

• Postlevée précoce 1 à 2F du maïs en associant foliaires et racinaires si les conditions deviennent favorables.
• Postlevée avec des herbicides agissant en priorité par voie foliaire (pénétration foliaire > racinaire) comme les associations tricétones / sulfonylurées. Privilégiez en association, la tembotrione pour gérer les sétaires (mésotrione ou tembotrione pour les digitaires).
• Dans tous les cas, un désherbage mécanique précoce peut être envisagé.

Et pour les situations où une certaine fraîcheur du sol est maintenue ?

Dans ces situations (humidité résiduelle du semis, zone ayant eu un peu de pluie il y a 10 jours), l’efficacité des racinaires n’est pas nulle et la prélevée limitera le risque d’avoir à gérer en postlevée des situations non contrôlables par des produits foliaires (à condition que des pluies interviennent dans les 10 à 15 jours après).

On ciblera alors la prélevée avec des matières actives les plus efficaces vis-à-vis des graminées. Néanmoins, lorsque d’autres adventices difficiles sont attendues en très fortes infestations, un renforcement ciblé en prélevée est possible :
• Pendiméthaline : intérêt majeur sur renouée des oiseaux, quelques graminées (vulpin, pâturin) et dicotylédones classiques. Peu d’intérêt sur renouée liseron, géraniacées, mercuriales, crucifères…
• Thiencarbazone-méthyl : intérêt majeur sur renouée des oiseaux et renouée liseron… mais faible sur mercuriale.
• Isoxaflutole (IFT) : intérêt manifeste sur ambroisie, crucifères, dicotylédones classiques, lamier, linaires… mais nul à faible sur renouées, mercuriale, géraniacées…
• Gestion des ray-grass : en situation de résistance ou en cas de fréquence très élevée, cet adventice impose le recourt à la prélevée. Les résultats acquis mettent en évidence une meilleure efficacité des associations de chloroacétamides à base de S-métolachlore et de DMTAP en situation de résistance.

Le rattrapage de postlevée sera à calibrer par la suite selon la flore présente et les éventuelles relevées.

Désherbage mécanique : des conditions plutôt favorables

Les conditions très séchantes actuelles et venteuses sont favorables pour une bonne efficacité du désherbage mécanique. On pourra opter cette année pour un passage de herse étrille/roto étrille à l’aveugle avant la levée du maïs si les conditions de sol le supportent (type de sol, pas trop motteux, non battu et pouvant s’émietter facilement) ou de houe rotative sur les sols croutés en surface. Ces interventions n’ont pas la persistance d’action d’une prélevée, mais peuvent s’avérer intéressante dans les situations où les adventices sont encore au stade filament.

Une stratégie « postlevée précoce » pour pallier aux conditions trop défavorable de prélevée

Le report de la prélevée en postlevée précoce (à 2 à 3 feuilles du maïs) est possible, éventuellement associée à des produits foliaires pour garantir une meilleure efficacité sur les adventices tout juste levées ou non encore levées.

Comme pour les applications de prélevée, cette stratégie nécessitera une intervention sur sol suffisamment frais et une pluviométrie suffisante après application permettant d’assurer l’efficacité optimale des matières actives à action racinaire. C’est une intervention délicate à mettre en œuvre car la fenêtre de positionnement est très étroite pour bénéficier de l’ensemble des potentialités de l’association des produits (sol humide, besoin en températures, hygrométrie supérieure à 70 %, absence de forte amplitude thermique et adventices très jeunes). Dans les faits, un rattrapage s’avère souvent nécessaire.

Pour les situations actuelles de maïs à 2 - 3F non désherbées en prélevée, les conditions ne sont pas favorables à la postlevée précoce associant un racinaire. La sécheresse de surface du sol est certainement trop limitante. Si l’absence de pluie dans les 10 jours se confirme (un minimum de 10 mm), il faudra s’orienter vers une stratégie de tout en post avec très probablement 1 ou 2 rattrapages à envisager selon la flore de la parcelle en absence de persistance des herbicides racinaires. Il faudra être très attentif aux levées.

Pour en savoir plus sur les stratégies de désherbage du maïs, consultez notre guide « Choisir & Décider – maïs 2021 ».

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