Pulvérisateur dans une parcelle de blé pour le désherbage d'automne en octobre 2021 en Normandie Messagerie Normandie

Désherbage des céréales : mettre toutes les chances de son côté dès l’automne

28 octobre 2021

Sols ressuyés, températures minimales non gélives, amplitudes thermiques limités : c’est le bon moment pour désherber ! Attention toutefois au vent, qui souffle bien ces derniers jours.

A l’exception des parcelles faiblement infestées par les mauvaises herbes et non concernées par des résistances aux herbicides de sortie d’hiver (groupes HRAC A-1 et B-2), il est nécessaire d’intervenir dès l’automne. Dans les situations où les herbicides de sortie d’hiver ne sont plus utilisables, en lien avec des résistances bien installées, deux passages à l’automne sont recommandés en cas de populations importantes de ray-grass et vulpins.

Figure 1 : Relevé météo journalier sur le poste d'Evreux (27)
Relevé météo journalier sur le poste d'Evreux

(Source : ARVALIS - Météo France)

L’efficacité d’une intervention repose sur les conditions d’application

Les herbicides disponibles à cette période étant quasi-exclusivement des produits racinaires, une efficacité optimale passe forcément par un sol humide. Il faut que les substances actives soient dissoutes dans la solution du sol pour pouvoir être absorbées par les adventices (tableau 1).

Tableau 1 : Conditions optimales d'application des herbicides racinaires
Conditions optimales d'application des herbicides racinaires

(Source : ARVALIS - Institut du végétal)

En résumé, pour les modes d’action racinaire, il faut combiner amplitude thermique réduite, pluviométrie inférieure à 20 mm dans les deux jours suivant le traitement, sol ressuyé, pas de semis superficiel et adventices jeunes. Si on associe un produit de contact, il faudra également avoir une bonne hygrométrie au moment de l’intervention et un volume de bouille suffisant.

En cas d’utilisation de chlortoluron, vérifier que les variétés de blé sont tolérantes

Même si des variétés de blé dites « sensibles » peuvent supporter un passage à 500 g/ha de chlortoluron, il convient de vérifier la sensibilité des variétés.

Chaque année, des parcelles de blé disparaissent à l’automne dans la région suite à une erreur de ce type !

Respecter la réglementation sur le prosulfocarbe

Le maintien des produits à base de prosulfocarbe passe par le respect collectif de la nouvelle réglementation. Intervenir avec des buses antidérives, en l’absence de vent significatif, ne détériorera pas l’efficacité du produit, bien au contraire !

Quelles bonnes pratiques pour limiter l’apparition de résistances ?

Moyens préventifs

La lutte préventive contre les adventices s'appuie sur une bonne gestion des parcelles : assolement équilibré, travail du sol en interculture et à l’implantation, alternance des familles d’herbicides (à la culture et à la rotation).

Pour calculer un risque d’apparition de résistance en fonction des facteurs agronomiques et herbicides,  rendez-vous sur le site http://www.r-sim.fr/

Lutte curative

En situation d’échec d’efficacité ne pouvant pas être expliqué par de mauvaises conditions d’application, la présence de résistance peut être suspectée. Des tests sur semences ou sur plantules permettent de le confirmer ou non.

Dans ce cas, des mesures s’imposent pour maîtriser la population résistante et éviter de la disséminer sur d’autres parcelles :
- diversifier la rotation et inclure des cultures de printemps ;
- labourer après un échec de désherbage ;
- réaliser des faux-semis, quand les conditions le permettent ;
- utiliser des herbicides appartenant à d’autres modes d’action que celui mis-en cause ;
- récolter en dernier les parcelles concernées et nettoyer la moissonneuse.

Lutte chimique

Face à un problème de résistance dans une parcelle, le premier réflexe est d’identifier le mode d’action concerné ou la substance qui ne fonctionne plus. Idéalement, il ne faut plus l’utiliser (sauf si elle est indispensable pour contrôler d’autres adventices non concernées par la résistance).

Ensuite, il est indispensable de mettre en œuvre des programmes de désherbage avec des modes d’action différents. Cette alternance des herbicides a été démontrée comme étant une stratégie très efficace pour prévenir et gérer la résistance aux herbicides. Le succès de cette stratégie de « rotation » dépend aussi du coût de la résistance (diminution de production de graines chez les plantes résistantes) et de l’absence de résistance croisée entre les herbicides utilisées.

La deuxième stratégie utilisant des herbicides consiste à combiner deux (ou plus) spécialités ayant des modes d’action différents. L’objectif de cette tactique est basé sur la très faible probabilité de voir apparaître des individus doublement résistants. Cependant, cela engendre un surcoût, car les herbicides doivent être utilisés à leurs doses efficaces. En cas de sous-dosage, la stratégie antirésistance est plus discutable.

Pour en savoir plus, téléchargez le guide Choisir et décider 2021/2022 – désherbage – Région Ouest.

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