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Désherbage des céréales d’hiver / Leviers agronomiques : quel impact a la date de semis sur les adventices automnales ?

16 octobre 2013

Sans entamer le potentiel, le décalage d’une dizaine de jours de la date de semis par rapport à un semis précoce d’une céréale permet de limiter fortement les levées dans les situations à forte infestation d’adventices automnales. Cette technique est à envisager à l’échelle de la parcelle et non de l’exploitation en cas de forte pression d’adventices automnales.

Rotation, interventions à l’interculture, travail du sol, date de semis… Tels sont les moyens agronomiques ayant un impact sur la gestion des adventices en les perturbant. Le choix de l’une ou l’autre option dépend des contraintes de l’exploitation en termes d’organisation, du système de culture, du type de sol et du parc de matériel. Bien connus, ils sont souvent délicats à mettre en œuvre car ils touchent au système d’exploitation. Ils méritent néanmoins d’être étudiés de près tout particulièrement dans les situations à forte pression adventices. Sans remettre fondamentalement le système en cause, certains paramètres peuvent être adaptés. Parmi ces leviers agronomiques, la date de semis est un levier dans la régulation des levées des mauvaises herbes.

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Comment ça marche ?En connaissant la période préférentielle de levée d’une adventice, on peut agir pour en réduire la pression en esquivant la levée d’adventices en décalant la date de semis de la culture. Quels sont les résultats attendus ? sur quelles mauvaises herbes ? quels sont les intérêts et limites de ce levier agronomique ?
Par ailleurs, cette technique peut être complétée par le faux-semis : dans les cas qui le justifient, on cherche à bénéficier des avantages de ces 2 techniques : déstockage du stock semencier par le biais du faux-semis et limitation des levées des adventices en culture.

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Les références expérimentales ARVALISSur céréales à paille, un décalage de la date de semis permet de limiter les levées des graminées automnales (vulpins, bromes et ray-grass) et de certaines dicotylédones. Reporter le semis de quelques jours après un précédent récolté tôt permet de faire lever une partie des graminées automnales et de les détruire avant le semis. Le stock semencier des premiers centimètres étant ainsi réduit, les levées de graminées dans la culture seront moins nombreuses et moins concurrentielles. Le désherbage sera d’autant plus facilité en sortie d’hiver que les graminées auront un stade moins avancé. L’efficacité de cette technique est d’autant plus importante qu’elle est couplée à un faux-semis.

Le décalage de la date de semis en chiffres : des expérimentations dans des secteurs à date de semis précoce
Sur vulpins, des essais conduits en Lorraine en 2003 et 2004 montrent qu’au lieu de semer le blé au 25 septembre, un semis au 15 octobre permet de diminuer de plus de 60 % les levées de vulpin. L’essai de Dienay en Bourgogne conduit en 2007/2008 montre qu’un décalage de 10 jours par rapport à un semis début octobre réduit fortement l’infestation en vulpins et ce pour les 2 modalités de travail du sol étudiées (labour, non labour) Cf graphique ci-dessous. Même constat, pour les 4 essais menés dans la Marne en 2006/2007 où l’impact du décalage de la date de semis du blé a été mesuré sur vulpin : réduction des vulpins de 70 % pour un semis au 18 octobre jusqu’à plus de 90 % à la mi-novembre par rapport à semis de fin septembre.

Sur ray-grass, un décalage de 10 jours de la date de semis couplé à un faux-semis a permis de réduire de 50 % la population (Montcucq – 46 - 2006/2007). Dans une situation de ray-grass résistant, le décalage du semis de blé du 22 octobre au 14 novembre a fait chuter de 60 % le nombre de ray-grass en culture (Villexanton – 41 - 2005).

Sur les dicotylédones, pour quantifier l’influence d’un semis retardé, en 2004 et 2005, 15 parcelles en Lorraine ont été suivies avec pour objectif de mesurer le comportement des adventices en fonction de la date de semis du blé. Les résultats sont très variables et dépendent à la fois du cycle de l’adventice et de sa capacité ou non à lever dans un couvert déjà en place. A titre d’exemple, un retard de 15 jours de semis réduit la population de gaillet de 70 %. Du côté du géranium, la baisse peut encore être plus rapide. Sur matricaire, la réduction de population est plus limitée.

L’efficacité du semis décalé est synthétisée selon le type d’adventices, en lien avec leur biologie (Cf. figures 1 et 2).


Figure 1 : Effet du retard de la date de semis sur vulpin – Essai Diénay (21) – 2007/2008
Figure 2 : Efficacité du semis retardé d’une céréale d’hiver sur les principales adventices automnales
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Des suivis de dynamique de levée des adventices
En complément, des dynamiques de levées des principales adventices (précocité d’apparition, échelonnement, vitesse et potentiel de levée) ont été réalisées pour mieux comprendre leur cycle de développement. Une meilleure connaissance de la dynamique de levées des adventices est importante pour positionner au mieux les traitements mais aussi les pratiques de faux-semis, de semis retardés. Un réseau de 43 parcelles dans le sud-ouest cultivées en céréales (1991 à 1993) et un réseau de 9 parcelles en Lorraine en 2005 ont permis de suivre certaines adventices. Même s’il ressort une différence de comportement des adventices face au climat, ces suivis ont permis de préciser les dynamiques de levées. Ces résultats d’essais permettent de mieux préciser les parcelles où le retard de la date de semis est une technique pertinente.

Complémentarité des leviers agronomiques
C’est la combinaison de plusieurs moyens de lutte qui peut faire baisser durablement la pression des adventices comme l’illustre les essais systèmes de culture. Ces essais (Rots, Epieds, En Crambade) permettent par exemple d’intégrer au sein de systèmes de culture des solutions alternatives de lutte contre les mauvaises herbes. Leur mise en œuvre à un niveau pluriannuel permet d'appréhender plus précisément leur faisabilité, leur efficacité à moyen terme.


Figure 3 : Effet de la diversité des leviers agronomiques sur les adventices : essai de Epieds (27) : Système initial : rotation Colza/blé/Orge en non labour. Introduction d’un pois, décalage date de semis, introduction du labour
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Attention aux risques encourus
Cependant, il faut prendre en compte les risques encourus liés au décalage de la date de semis d’une céréale d’hiver. 
• Le premier concerne la possibilité de semer dans une période où la pluie réduit les jours disponibles pour le semis. Un calcul réalisé à partir d’un modèle de ressuyage des sols mis au point par ARVALIS permet de calculer le nombre de jours disponibles pour le semis à différentes périodes de l’année selon le type de sol. 
• Le deuxième risque concerne les pertes de rendement liées à la réduction du cycle du blé. Une perte à court terme qui peut être compensée à moyen terme en partie par une baisse de l’enveloppe phytosanitaire. L’analyse doit être conduite dans chaque région selon les dates optimales de semis des céréales en lien avec le décalage visé. 
• Par ailleurs, comme pour tous les semis, un semis retardé doit se faire sur parcelle propre. Si des faux semis ont été réalisés, la destruction entre chaque faux semis, et surtout avant le semis doit être parfaite afin de bien implanter la culture et éviter de donner de l’avance aux adventices par repiquage.
• Enfin, comme toutes les techniques agronomiques, les résultats sont globalement positifs mais variables. Une synthèse Anglaise, sur les décalages de date de semis, sur vulpin, a montré que l’efficacité moyenne est de 44 %, par rapport à une date de semis classique. En revanche, cette efficacité est extrêmement variable (de -152 % à 97 % !). Il est donc important d’intégrer ce facteur de variabilité et de mettre en œuvre ces techniques de manière répétée, afin d’avoir un effet visible, plutôt que ponctuelle.

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Les préconisations d'ARVALIS Sur céréales :
• Le décalage de 10 jours d’un semis précoce d’une céréale peut réduire de 60 à 90 % l’infestation en graminées d’automne et a un effet sur certaines dicotylédones.
• Le décalage de la date de semis est une technique efficace à envisager à l’échelle de la parcelle et non de l’exploitation en cas de fortes infestations en graminées automnales notamment. Elle a tout son intérêt pour les semis précoces (fin septembre ou début octobre selon les régions). Pour des dates de semis plus tardives (après fin octobre), il faut bien évaluer le bénéfice-risque.
• L’association faux-semis, décalage de la date de semis et perturbation minimum du sol au moment du semis montre de très bons résultats. Le semis devra s’effectuer, dans tous les cas, sur parcelle propre.
• Aucune des techniques agronomiques recensées ne conduit à des parcelles totalement indemnes d’adventices. C’est la complémentarité des moyens de lutte agronomique et chimique qui permet d’obtenir un contrôle optimal des adventices.

Sur colza : cette technique n’est pas recommandée car trop aléatoire.

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Retrouvez toutes les informations complémentaires de cette fiche

Sources documentaires 

- L. Pelce « Lutte contre les adventices » – Perspectives Agricoles N°349 – Octobre 2008.
- Y. Messmer « Vulpin : comment lui rendre la vie difficile » – Perspectives Agricoles N°326 – Septembre 2006.
- L. Bonin « Contrôler les graminées dans les rotations colza-blé-orge d’hiver » – Perspectives Agricoles N°335 – Juin 2007.
- Brochure « Produire plus et mieux : des solutions concrètes pour réduire l’impact des produits phytosanitaires – Edition Ouest ».
- Brochure « Produire plus et mieux : des solutions concrètes pour réduire l’impact des produits phytosanitaires – Edition Est ».
- Brochure « Produire plus et mieux : des solutions concrètes pour réduire l’impact des produits phytosanitaires – Edition Nord ».
- Brochure « Produire plus et mieux : des solutions concrètes pour réduire l’impact des produits phytosanitaires – Edition Centre ».
- Brochure « Produire plus et mieux : des solutions concrètes pour réduire l’impact des produits phytosanitaires – Edition Sud ».


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