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faux-semis en 2019 en poitou charentes Messagerie Poitou-Charentes

Désherbage : après les pluies, penser aux faux-semis

26 septembre 2019

Les pluies sont de retour cette semaine. Après le ressuyage des sols, la réalisation d’un faux-semis est à envisager dans les parcelles où il n’y a pas de couverts, afin de contrôler les adventices dans les futurs semis. Rappel des conditions de mise en œuvre de cette pratique.

Sol fin rappuyé et humide : une clé de la réussite

Un faux-semis demande une préparation du sol fine et superficielle, que ce soit en déchaumage ou en intervention après labour. Il s’agit d’établir un bon contact terre-graine favorisant la levée des adventices. Un roulage peut donc être favorable à la levée.

Toutefois, la technique ne fonctionne que sur les adventices en mesure de germer durant la période de réalisation du faux-semis. Aujourd’hui, cette pratique sera efficace sur beaucoup de graminées (bromes, ray-grass, vulpie queue de rat, vulpins). Mais elle favorisera également les repousses de céréales à paille. Quelques dicotylédones peuvent aussi levée à cette période : véroniques, gaillet,… Mais l’impact sur le stock semencier sera moins important que pour les graminées.

Le faux-semis est particulièrement recommandé dans les parcelles infestées de ray-grass, de bromes, de vulpie queue de rat et, dans une moindre mesure de vulpin. Il permettra également de limiter les repousses de blé dans de l’orge.

Une technique inefficace en cas de dormance des graines

La levée des adventices se heurte à un problème de dormance des graines. Si la dormance n'est pas levée, la technique du faux-semis est alors totalement inefficace. La période de dormance des graines est propre à chaque espèce adventice :

Le brome stérile n’a pratiquement pas de dormance. C'est la graminée d’automne la plus facile à détruire par faux-semis.

Le vulpin et le ray-grass sont capables de germer à partir de début septembre, mais certaines années, une dormance plus prononcée peut les empêcher de lever à cette époque. Un faux-semis réalisé en conditions de sol humides peut stimuler la germination et permettre ainsi la levée de dormance. Des travaux anglais, sur le vulpin, ont montré un lien entre la dormance des graines et les conditions de maturation de celles-ci. Ainsi, en période de maturation (mai - juin) fraîche et humide, la dormance est élevée. Au contraire, si les conditions climatiques sont sèches et chaudes, la dormance est faible.

Figure 1 : Epoque préférentielle de levée

Adapter le mode de destruction du faux-semis aux conditions climatiques

En interculture, il est possible de détruire mécaniquement les adventices. Afin d’assurer la réussite de cette destruction mécanique, il est important d’intervenir avant deux à trois jours sans pluie et de veiller à travailler toute la surface du sol, sans laisser de bandes non travaillées. Pour cela, les outils à dents de type vibrodéchaumeurs et cultivateurs à trois ou quatre rangées de dents sont bien adaptés et permettent de contrôler facilement la qualité du travail effectué.

Les conditions météo lors de l’intervention et des jours suivants sont elles aussi déterminantes pour assurer un bon dessèchement des plantes, et donc limiter le risque de repiquage. En conditions humides, une destruction chimique peut-être privilégiée, en particulier si la destruction du faux-semis se fait juste avant le semis de la culture.

Faux-semis multiples : travailler toujours à la même profondeur

Sur les parcelles les plus infestées de graminées automnales, plusieurs faux-semis peuvent être réalisés. Leur nombre dépend du temps de travail, du climat de l’année et des rotations pratiquées. En cas de faux-semis multiples, il est recommandé de toujours travailler à la même profondeur, assez superficiellement afin de faire germer les graines de surface.

Lorsque le faux-semis est réussi, il faut éviter les relevées au moment du semis de la culture. Il est recommandé de laisser au minimum trois semaines entre le dernier faux-semis et le semis de la culture.

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