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Plaques de jaunissements dans une parcelle d’orge d’hiver liées au virus de la mosaïque dans le Centre en mars 2021 Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Des symptômes de mosaïques observés sur les orges d'hiver

18 mars 2021

Actuellement, les parcelles d’orges d’hiver présentent des plaques de jaunissement, notamment dans le nord de la région Centre et quelques régions voisines (Poitou-Charentes, Normandie). Selon les premières analyses des laboratoires, ces symptômes sont dus au virus de la mosaïque de l’orge (BaYMV).

Les zones touchées se répartissent en foyers de plusieurs dizaines voire centaines de m² semblant s’allonger avec le sens du travail du sol. Les plantes au sein des zones touchées sont tassées, chétives et plusieurs étages foliaires présentent des symptômes de jaunissements.

Un peu de biologie

Ce virus est transmis par un champignon du sol, Polymyxa graminis, inféodé à la parcelle et qui contamine les racines de l’orge à l’automne. Les symptômes de la mosaïque s’expriment ensuite seulement pendant l’hiver de mi-janvier à mi-mars.

Il existe deux types de mosaïques de l’orge.

• Le premier, le virus de la mosaïque modérée de l’orge (BaMMV), est apparu dans les années 1980-90 et est le moins virulent. Il est moins présent car les variétés d’aujourd’hui sont résistantes à ce virus.

• Le second, le virus de la mosaïque jaune de l’orge (BaYMV), est majoritairement signalé depuis les années 1990-2000 et compte aujourd’hui deux pathotypes (BaYMV-1 et BaYMV-2).

Les variétés présentes sur le marché peuvent être résistantes ou sensibles à l’un ou l’autre, ou les deux types. Par exemple, Etincel est résistante à BaMMV et à BaYMV-1 mais pas à BaYMV-2.

La propagation du virus se fait par son vecteur, par les outils de travail du sol et par l’utilisation de variétés sensibles qui permet la multiplication de P. graminis. Le seul moyen de lutte est donc d’implanter des variétés résistantes à la mosaïque.

Pour éviter la propagation aux autres parcelles de l’exploitation, il est important de bien nettoyer les outils de travail du sol lorsque l’on passe d’une parcelle infestée à une parcelle saine.

Des facteurs climatiques favorables cette année

Les mosaïques sont favorisées par un enchaînement climatique spécifique :
- un automne doux permettant au vecteur (micro-organismes du sol) de coloniser le système racinaire et de s’y multiplier. Plus cette période propice aux multiplications est longue, plus la charge virale sera importante.
- puis une période de froid hivernal significative.

Les conditions de l’automne et de l'hiver 2020-2021 sont donc favorables à l’expression des symptômes de mosaïques.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes de la mosaïque de l'orge sont visibles de loin. Une parcelle infectée est parsemée de taches plus claires qui s’étirent dans le sens du travail du sol.

De plus près, les symptômes sont visibles sur les jeunes feuilles. Cela consiste en une marbrure plus claire du limbe de la feuille (sorte de tiret). On parle de tirets chlorotiques, répartis irrégulièrement et parallèles aux nervures des feuilles. Sur les feuilles plus anciennes, les taches se décolorent de plus en plus, ce qui donne cet aspect jaune au loin. Un nanisme de la culture est aussi observé. Le système racinaire est souvent réduit.

Ces symptômes peuvent évoluer et s’estomper au cours de la montaison. Malheureusement, cette évolution n’est pas prédictible et dépend des conditions et stress rencontrés en fin de cycle.

La confirmation du diagnostic se fait par analyse virologique au laboratoire.

Quelle nuisibilité ?

La nuisibilité de la mosaïque sur orge d’hiver est très variable et une moyenne n’est pas représentative de ce qui peut se passer dans les parcelles cette année.

Cependant, une gamme de pertes de rendement peut être donnée, permettant une estimation dans différentes situations et sur différentes années. Ainsi, les pertes peuvent aller de 0 à 30 q/ha en majorité (figure 1). Attention, les données de 2016 sont nettement impactées par les conditions calamiteuses survenues en fin de cycle cette année-là.

Figure 1 : Pertes de rendement (en q/ha) entre des zones saines et des zones contaminées par la mosaïque de l'orge (Résultats du CASDAR MOSA-HORDEUM 2013-2016)

Un bâton représente l'écart de rendement entre deux zones d'une même parcelle.

Une enquête est ouverte !Si vous observez de potentiels symptômes de mosaïque dans vos parcelles, une enquête est ouverte pour recueillir votre témoignage :
Participer à l’enquête !

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