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Parcelle de Blé tendre à épiaison Point agroclimatique

Des céréales à paille en retard au Nord, en avance dans le Sud-Ouest !

05 mai 2021

Les spécificités climatiques du mois d'avril 2021 ne se limitent pas aux gelées tardives. Les températures moyennes fraîches, associées à un déficit hydrique marqué, ne sont pas sans conséquence sur la croissance des céréales à paille d’hiver.

Un mois d’avril frais, voire froid, avec de fortes amplitudes thermiques

Dire qu’avril 2021 aura été froid ne se résume pas aux gelées alarmantes et largement médiatisées, d’autant plus marquantes qu’elles ont succédé à un pic de chaleur inhabituel fin mars…

En moyenne sur la France, les températures ont été 1,7°C en dessous des valeurs de saison en avril. Cette valeur moyenne cache néanmoins deux nuances : des différences géographiques d’une part, et des différences d’amplitudes quotidiennes d'autre part.

Les secteurs au nord d’une ligne Saint-Malo/Besançon ont davantage ressenti ce déficit de températures, avec un cumul mensuel d’au moins 20 % inférieur aux normales (figure 1). A l’opposé, à l’ouest d’une ligne Quimper/Perpignan, les cumuls sont assez proches des moyennes.

Figure 1 : Cumul de températures (en °Cjour) en avril 2021 par rapport à la moyenne saisonnière 2001/2020

L’abaissement des températures a été plus marqué sur les minimales (-2,1°C en moyenne) que sur les maximales (-1,0°C). Cela s’explique notamment par l’installation d’une météo ensoleillée, qui favorise le refroidissement nocturne et le réchauffement diurne. Là encore, il existe un gradient Est/Ouest : l’Ouest a connu des amplitudes thermiques quotidiennes plus importantes que l’Est.

Figure 2 : Amplitude thermique quotidienne (en °C) en avril 2021 par rapport à la moyenne saisonnière 2001/2020

Pour mesurer la spécificité des températures d’avril 2021, il faut préciser qu’à l’échelle nationale, de telles températures moyennes mensuelles ne se rencontrent qu’une fois tous les 10 ans - et les minimales sont inédites pour la même période de référence (2001-2020).

Cette tendance se poursuit sur la première semaine de mai, avec des températures légèrement inférieures aux normales de saison : environ -1°C en moyenne sur le territoire, mais avec un gradient d’Ouest en Est.

Des stades très contrastés selon les régions

A cette époque où le développement des cultures est uniquement contrôlé par les températures, leur variation a un impact direct : les céréales ont tendance à ralentir là où les températures sont les plus fraîches. Ainsi, selon les secteurs, les stades s’éloignent plus ou moins des références pluriannuelles.

Figure 3 : Ecart (en jours) d’apparition du stade épiaison du blé tendre en 2021 par rapport à la moyenne pluriannuelle 2001-2020 - variétés et dates de semis adaptées localement

Des stress hydriques marqués aux effets contradictoires

La séquence fraîche et ensoleillée d’avril est associée à un déficit très net de précipitations et à des ETP souvent supérieures aux normales de saison. Là encore, la situation est assez tranchée entre les secteurs : le Centre- et le Sud-Ouest sont les secteurs où la situation s’est la plus dégradée au cours des dernières semaines. Le Sud-Est a pu bénéficier de quelques épisodes de pluie mi et fin avril. Les secteurs du Nord et de l’Est, peu arrosés, ont toutefois bénéficié d’ETP moindres, et la fraîcheur retarde le développement des plantes.

A l’échelle nationale, des précipitations de ce niveau ne se rencontrent qu’une année sur quatre. Cependant, sur la façade ouest (environ 20 % du territoire), des cumuls aussi faibles ne se présentent qu’une année sur 20 !

Le bilan mensuel P-ETP est plus défavorable qu’en moyenne sur 85 % du territoire, et pour la majorité des stations météo, il s’agit d’une situation qui ne se rencontre qu’une année sur 5.

Dans une moitié sud, le stress hydrique devient aujourd'hui très marqué. Son impact sur la phénologie des cultures peut parfois être contradictoire. Dans un premier temps, un stress hydrique modéré, exprimé courant montaison, conduit le plus souvent à une accélération des sorties de feuilles (le mécanisme supposé est un échauffement des tissus liés à la restriction progressive de la transpiration). Lorsque le stress devient plus fort et s’exprime autour de l’épiaison, les stades peuvent ralentir : il s’agit en général de la manifestation d’une croissance fortement ralentie de la tige et du pédoncule. Ainsi, l’épi tarde à sortir de la gaine ; dans les cas extrêmes, la floraison peut avoir eu lieu à l’intérieur de la gaine.

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