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Rang de plantes de blé tendre, sain - épi en dessous stade 1 cm Développement des céréales

Des situations très hétérogènes cette année

04 mars 2020

Les conditions climatiques particulières de ce début de campagne se traduisent par une forte hétérogénéité des parcelles, en termes de stade, de peuplement et de niveau de croissance, de qualité d’implantation, de pression sanitaire (adventices, viroses, maladies). Plus que jamais, les conseils, les décisions et les interventions devront être raisonnées à la parcelle.

Un hiver globalement très doux…

A l’échelle France, le cumul des températures moyennes entre le 1er octobre 2019 et le 28 février 2020 est supérieur de 200°j à la moyenne pluriannuelle 1999-2019, avec une douceur particulièrement marquante dans le Centre-Est.

Ce début de campagne est parmi les plus chauds des 20 dernières années. Cela se traduit notamment par un nombre de jours de gel particulièrement bas, à un niveau observé uniquement 1 ou 2 années sur 10.

Une humidité persistante qui pénalise les cultures

En parallèle, les précipitations ont été importantes : entre 50 et 200 mm de plus qu’une année moyenne. Ceci est lié à de nombreux épisodes de pluie : près de 85 jours avec précipitations, contre 65 en valeurs moyennes. Ainsi, en dépit d’ETP plus élevées que les autres années, l’excès d’eau est donc un marqueur important de ce début de campagne.

Des stades potentiellement précoces mais affectés par les semis tardifs et l’excès d’eau

Une telle douceur devrait avoir un impact très fort sur le développement des cultures. A date de semis normale, les blés sont en avance de deux semaines. Cependant, cet effet est actuellement très contrasté, pour trois raisons :

- l’excès d’eau agit comme un frein sur le métabolisme des plantes, à la fois à travers l’anoxie qui touche les racines et le maintien d’une température du sol assez faible ;
- les semis ont été très étalés. Si les premiers semis sont souvent beaux, bien tallés et en avance, les semis tardifs réalisés dans des conditions difficiles souffrent fortement de l’hydromorphie ;
- les parcelles précoces ont pu profiter de la douceur observée entre le 20 et le 25 février pour atteindre et dépasser le stade épi 1 cm, alors que les parcelles tardives vont être fortement freinées par l’épisode de froid actuel.

Les différences de stade entre parcelles de blé (blé tendre et blé dur) vont donc être exacerbées cette année (cartes 1 et 2). L’orge est un peu moins concernée, car sa phénologie semble davantage contrôlée par la photopériode (carte 3). De plus, les semis de cette espèce ont été moins étalés dans le temps.

Carte 1 : Prévision d’atteinte du stade épi 1 cm pour du blé tendre semé à une date normale (variétés et date de semis ajustées à la région en moyenne pluriannuelle)

Carte 2 : Prévision d’atteinte du stade épi 1 cm pour du blé tendre semé avec 2 mois de retard (variétés et date de semis ajustées à la région en moyenne pluriannuelle)

Carte 3 : Prévision d’atteinte du stade épi 1 cm pour de l’orge d’hiver semée à une date normale (variétés et date de semis ajustées à la région en moyenne pluriannuelle)

Quelles conséquences sur la conduite des cultures ?

Les conséquences de ces conditions sur la conduite des cultures sont multiples :

- D’une manière générale, les parcelles implantées tardivement présentent de faibles infestations, mais doivent faire l’objet d’une intervention de sortie d’hiver difficile à positionner dans les conditions actuelles. Les parcelles semées tôt présentent deux cas de figure : les situations en programme où les interventions ont bien fonctionné, encore propre aujourd’hui, et les situations où aucune intervention efficace n’a pu être menée en automne, actuellement très sales.
- Les parcelles semées précocement ont souvent été touchées par les insectes vecteurs de virus (JNO notamment). Les parcelles plus tardivement implantées montrent pour l’immédiat peu ou pas de symptômes, mais des inquiétudes persistent sur d’éventuelles infections tardives.
- Les parcelles précoces présentent parfois des risques estimés (par modélisation) ou avérés (observation de symptômes dans les parcelles) pour les maladies (rouille jaune, piétin).
- Les besoins en azote sont actuellement freinés par les températures faibles. Cependant, les faibles reliquats constatés et l’hydromorphie fréquente limitent les ressources accessibles. Des apports minéraux ont donc souvent été réalisés, ou vont devoir l’être rapidement, malgré un contexte climatique assez défavorable à leur bonne efficience.

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5 commentaires 06 mars 2020 par ARVALIS

En fait, c’est un cumul de températures base 0. Mais effectivement, il y a eu une erreur dans notre formulation : 200°Cj représente l’écart de sommes de températures des 5 premiers mois de la campagne par rapport à la médiane et non le cumul brut des températures pendant cette période.

06 mars 2020 par BUGHIN

Comment se fait-il que l'on ne soit qu'à 200 degrés-jour sur 5 mois ? Ou alors il s'agit de la somme de T°C en base 6 ?

06 mars 2020 par ARVALIS

Bonjour, le cumul de températures, exprimé en degrés-jour, correspond à la somme des températures moyennes journalières (Tmin + Tmax / 2) sur une période donnée.

06 mars 2020 par LE MORVAN

Dans le nord ouest 22 les desherbages ne sont pas terminé voir pas réalisé et l engrais est toujours dans le hangar. Avec 40 MM cette semaine on se demande quand on pourra intervenir ? Des semis étalé sur 2 mois du jamais vu et pourtant 40 ans de métiers Daniel

06 mars 2020 par BUGHIN

Que signifie ce cumul de 200°CJ sur les 5 mois ?

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