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Récolte du maïs fourrage à maturité en 2019 Maïs fourrage

Des récoltes plus tôt que prévu initialement

01 août 2019

Le stress hydrique et les températures élevées de ces jours-ci ont encore favorisé la maturité des maïs fourrage. Si le temps sec persiste, les chantiers de récolte devraient être plus précoces qu’annoncé, selon les dernières estmations pour un scénario climatique à venir chaud. Dans certaines parcelles, elles ont même déjà débuté.

Par rapport à la précédente, cette carte prend en compte les températures relevées depuis le 12 juillet. Pour la plupart des régions, les périodes de début de chantier proposées sont avancées de 5 à 7 jours. En conditions d’alimentation en eau proches de la normale, les premières récoltes auront lieu avant le 15-20 août.

Dans les situations les plus stressées, et si le temps sec persiste, les premiers chantiers devront démarrer dès fin juillet – début août.

Attention, les modèles de prévision de stade prennent mal en considération le stress hydrique. Dans les situations les plus difficiles, les chantiers d’ensilage devront commencer plus tôt que les dates indiquées ici.

Carte 1 : Estimation de la date de début de récolte de maïs fourrage 2019 par région – au 25 juillet

L’objectif de cette carte est de sensibiliser éleveurs, CUMA et entreprises de travaux agricoles de l’avancement de la maturité des maïs pour déclencher les chantiers de récolte à temps.

Comment est construite la carte ?Pour chaque « région », les experts d’ARVALIS ont défini le groupe de précocité dominant et la date médiane des semis en 2019. Avec les données météo de l’année en cours et les données statistiques sur les semaines à venir, il est possible de prévoir une période à laquelle le stade optimal de récolte, 32-33 % de matière sèche plante entière, sera atteint. Cette prévision est régulièrement mise à jour pour prendre en compte le climat de l’année. Afin d’étaler la période de chantier, et pour éviter les récoltes tardives à taux de matière sèche trop élevé, la carte propose une période de début de récolte par région.

Visiter les parcelles pour vérifier l’évolution des maïs

Aujourd’hui, il revient à chaque éleveur de vérifier l’évolution de ses maïs par les méthodes habituelles (observation de l’état des plantes, de la maturité des grains). Les chantiers se déroulant sur environ un mois, ARVALIS recommande de commencer les récoltes suffisamment tôt (dans le calendrier) pour ne pas les finir à des taux de matière sèche trop élevés. Attention, en situation de fort stress hydrique, l’évolution du taux de matière sèche du maïs peut être très rapide.

Des conditions climatiques très difficiles autour de la floraison des maïs

Sur une grande partie du pays, les cumuls de pluie enregistrés depuis le début de l’été sont très faibles. Ce déficit de pluie, associé à des températures chaudes, très supérieures aux normales, a conduit à un stress hydrique précoce et durable, autour de la floraison, période la plus critique pour la mise en place des grains. Dans les conditions de l’année, les prévisions, qui s’appuient sur des modèles validés en conditions normales, doivent être considérées avec précautions. Plus que jamais, l’observation attentive des parcelles s’impose !

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4 commentaires 30 août 2019 par ARVALIS

Oui, les caractères morphologiques des plantes et des variétés résultent de longs processus d’adaptation aux climats, sols et conditions de culture. Une autre particularité du maïs est son fonctionnement de C4 (comme le sorgho et la canne à sucre). Lorsque les conditions sont difficiles (manque d’eau par exemple), les stomates des plantes (qui sont les micro-petites bouches sur les feuilles qui captent le CO2 pour faire de la photosynthèse, mais aussi des quelles est rejetée l’oxygène et transpirée l’eau dans le processus de photosynthèse), se ferment pour ne pas perdre leur eau, ce qui bloque l’entrée du CO2 et donc la photosynthèse. Les stomates des C4, et donc du maïs, ont la particularité de mieux concentrer le CO2 dans leur chambre stomatique, ce qui leur permettent un peu plus d’autonomie de valorisation du CO2 en cas de fermeture des stomates, bref un processus particulier d’efficacité de la photosynthèse qui permet une meilleure régulation de la transpiration. Josiane Lorgeou

30 août 2019 par ARVALIS

L’effet retardement de floraison observé cette année s’explique par le fait que la croissance des plantes était bloquée par le déficit hydrique et les fortes températures, du coup les soies n’étaient pas assez alimentées en assimilats pour s’allonger et sortir des spathes aussi rapidement qu’en situations non stressées. Quant à l’effet parasol des dernières feuilles au dessus de l’épi, l’image est belle ! les derniers entre-noeuds de la tige (entre les dernières feuilles) qui terminent leur croissance durant et quelques jours après la floraison ont eu moins d’assimilats de photosynthèse (du fait du déficit hydrique et des fortes températures) pour s’allonger. Leurs longueurs sont, comme vous l’avez constaté, de très bons « marqueurs » de diagnostic de stress à ce moment là. L’effet « parapluie » de ces feuilles était plus visible qu’habituellement ! oui le maïs, plante originaire de pays chauds, a ses grains sous des spathes (ce qui les protège et les maintient au mieux dans un atmosphère un peu plus humide que l’extérieur). Son épi est localisé à mis hauteur des tiges (ce qui le place au milieu de la végétation qui transpire) et au milieu des plus grandes feuilles qui l’ombragent. Au bilan, lorsqu’il fait chaud et que les plantes fonctionnent (transpirent sous réserve évidemment d’avoir un peu d’eau), on peut avoir 6-8 °C de moins sous les spathes qu’au dessus de la végétation. Bien entendu, lorsque le déficit hydrique est important et les températures élevées l’écart est plus faible. Josiane Lorgeou

30 août 2019 par ARVALIS

Bonjour, Vos observations de terrain sont un témoignage formidable de ce que des chercheurs ont montré. Le progrès génétique apporté par les variétés de maïs successives a été démontré en France et aux USA, y compris en situation de déficit hydrique. Des essais dans lesquels ont été semées des variétés qui ont marqué l’histoire des 50 dernières années et comparées à 2 ou 3 régimes hydriques (bien irrigué, non irrigué et en irrigation limitante) montrent que la pente du progrès génétique (gain par ha et par an) est équivalente entre les 2-3 modalités de déficits hydriques. Les variétés d’aujourd’hui sont globalement plus efficaces pour valoriser l’eau disponible, perdent moins de rendement qu’avant en situation de déficit hydrique notamment du fait qu’elles sauvegardent mieux leurs grains dans la période qui encadre la floraison. Josiane Lorgeou

30 août 2019 par ROEDERER

Certes, il y a eu du déficit hydrique cet été, autour de la période la plus critique des maïs, mais une observation fine des parcelles montre que les variétés récentes (moins de 10 ans) ont fait d'énormes progrès en matière d'adaptation à la sècheresse. J'ai l'impression, déjà, que les maïs cette année ont "retenu" leur floraison femelle... Attendant ainsi des conditions un peu moins chaudes et parfois quelques bruines. J'ai aussi constaté (en 35 ans de carrière, c'est la première fois) que les entrenoeuds au dessus de l'épi étaient raccourcis créant ainsi un parasol pour l'épi. Enfin, je redoutais que les fleurs mâle soient sans pollen, et j'en ai vu quelques unes qui étaient "blanches". mais il devait en rester suffisamment pour assurer une fécondation approchant la normale. Je suppose (je suis certain, même) que nos "célèbres" variétés d'il y a 30 ou 40 années (DEA, LG11, LG 2304, etc...) nous auraient déçu de ce côté amidon, en nous faisant des plantes très grandes et pas "tassées" du tout et qui auraient consommé toute leur eau à faire de la tige et des feuilles. Ce que je dis là est un vécu du début de ma carrière. J'aimerais savoir ce qu'en pensent les chercheurs et les semenciers. Merci. JMR

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