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Optimiser la fertilisation azotée Changement climatique

Des pistes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre

16 novembre 2017

Comme toute activité productive ou industrielle, l’agriculture émet des gaz à effet de serre (GES), avec une contribution estimée en France en 2015 à 17 % du total des émissions.

Ces émissions sont essentiellement liées au méthane (CH4), très majoritairement issu des systèmes d’élevage, et aux oxydes d’azote (N2O) liés aux cultures et en particulier à la fertilisation. Les émissions directes de gaz carbonique (CO2) issues des carburants brûlés par les tracteurs sont très minoritaires en termes d’effet de serre.

Pour réaliser un autodiagnostic des émissions de GES au niveau de votre exploitation, consultez l’outil en ligne EGES, disponible gratuitement.

Optimiser la fertilisation azotée

En grandes cultures, l’axe dominant pour réduire ces émissions consiste donc à optimiser la fertilisation azotée. Sur céréales à paille, les travaux indiquent clairement un lien entre les apports d’azote et les émissions de N2O, sans qu’il y ait pour autant proportionnalité.

L’adaptation des doses aux besoins réels des plantes, grâce à l’utilisation d’outils d’aide à la décision, et leur fractionnement optimal au cours du cycle sont donc fondamentaux. Ces instruments d’optimisation ont déjà permis d’améliorer l’efficience de la fertilisation azotée de 50 % en 20 ans : le recours aux engrais azotés de synthèse a diminué dans l’hexagone de 20 % entre 1990 et 2010, alors que la production cumulée des principales grandes cultures (céréales + colza) a augmenté de 30 % sur la même période.

Parmi les outils d’aide à la décision disponibles, citons Farmstar : il utilise la télédétection satellitaire pour évaluer, à la parcelle, voire par zones au sein de la parcelle, l’état de nutrition azotée des plantes et en déduire un conseil pertinent de fertilisation azotée. Des travaux de recherche visent à améliorer en permanence la précision du conseil, mais aussi de coupler les sources d’imagerie entre le satellite et les vecteurs drones.

Les prairies ne sont pas oubliées : l’outil Date N’Prairie permet d’ajuster le premier apport d’azote.

D’autres leviers d’action

L’optimisation de la nutrition azotée n’est pas la seule voie de progrès pour la réduction des GES. L’utilisation d’additifs rendant les engrais moins émissifs, la lutte contre les excès d’eau (les phases d’hydromorphie favorisant les émissions), le recours à des sources d’azote non minéral via les légumineuses en interculture, en couvert ou comme culture principale… sont autant de solutions partielle à la réduction des émissions.

Vers des systèmes d’élevage bas carbone

En élevage herbivore, les émissions de GES proviennent essentiellement des fermentations entériques (pour 50 à 60 % environ). Les émanations liées aux bâtiments et aux effluents d’élevage comptant pour 10 %. Là aussi, des leviers d’action sont accessibles, en agissant sur les rations, sur les modalités de gestion des effluents (y compris au travers de la méthanisation), qui pourraient permettre de réduire de 20 % les émissions brutes de GES par unité de bovin.


Figure 1 : Emissions de GES de différentes pratiques de conduite d’élevage

ARVALIS - Institut du végétal en collaboration avec l’IDELE, l’ITB et Terres Inovia.

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5 commentaires 20 novembre 2017 par CRATZ

20 novembre 2017 par CRATZ

coucou

18 novembre 2017 par ROEDERER

P.S.: Je ne suis aucunement "climatosceptique", simplement je trouve qu'il y a une grosse escroquerie à mettre sur le même plan les émissions de GES d'origine fossile et le CO2/CH4 aériens que nos plantes ont fixé par leur photosynthèse et que nos animaux (et nous-même, mammifères que nous sommes) réémettent dans l'atmosphère... J'ai l'impression, alors, qu'on me demande des efforts pour aller "contre-nature" pour quelques misérables pourcent de GES, alors qu'il me semblerait plus efficace de s'attaquer aux 38 % émis par le secteur des transports (ou de l'industrie, 38% aussi)! Vous voulez un exemple ? Le lait que la laiterie daigne (avec un certain mépris) venir chercher dans ma cour (jusqu'à quand ?) parcours 250 km vers la Bretagne avant de partir soit à l'export soit vers Paris (400km) alors que je suis "posé" à 100 km de ce "gisement" de consommateurs (il y avait des laiteries un peu partout chez moi, il y a quelques décennies...) . Petit rappel: en moyenne, un litre de lait parcours 1200km entre le pis de la vache et le consommateur... C'est un peu la même chose pour les céréales que l'on produit en région centre et qui partent en Bretagne (ou ailleurs) pour faire de l'aliment pour bétail; les même camions nous rapportant le lisier/fumier "composté", d'autres camions distribuant la viande produite sur l'Europe... Tout ça dans un contexte où la tendance va être à la disparition totale de l'élevage (contraintes de tous ordres qui dépassent de loin l'agrément qu'il y a eu, un temps, à faire ce métier...). Il restera à ceux qui habitent en campagne à "faire du paysage" pour accueillir les bobos citadins une ou deux fois par an quand ils ne seront pas partis en vacances à l'étranger... Salutations

18 novembre 2017 par ROEDERER

P.S.: Je ne suis aucunement "climatosceptique", simplement je trouve qu'il y a une grosse escroquerie à mettre sur le même plan les émissions de GES d'origine fossile et le CO2/CH4 aériens que nos plantes ont fixé par leur photosynthèse et que nos animaux (et nous-même, mammifères que nous sommes) réémettent dans l'atmosphère... J'ai l'impression, alors, qu'on me demande des efforts pour aller "contre-nature" pour quelques misérables pourcent de GES, alors qu'il me semblerait plus efficace de s'attaquer aux 38 % émis par le secteur des transports (ou de l'industrie, 38% aussi)! Vous voulez un exemple ? Le lait que la laiterie daigne (avec un certain mépris) venir chercher dans ma cour (jusqu'à quand ?) parcours 250 km vers la Bretagne avant de partir soit à l'export soit vers Paris (400km) alors que je suis "posé" à 100 km de ce "gisement" de consommateurs (il y avait des laiteries un peu partout chez moi, il y a quelques décennies...) . Petit rappel: en moyenne, un litre de lait parcours 1200km entre le pis de la vache et le consommateur... C'est un peu la même chose pour les céréales que l'on produit en région centre et qui partent en Bretagne (ou ailleurs) pour faire de l'aliment pour bétail; les même camions nous rapportant le lisier/fumier "composté", d'autres camions distribuant la viande produite sur l'Europe... Tout ça dans un contexte où la tendance va être à la disparition totale de l'élevage (contraintes de tous ordres qui dépassent de loin l'agrément qu'il y a eu, un temps, à faire ce métier...). Il restera à ceux qui habitent en campagne à "faire du paysage" pour accueillir les bobos citadins une ou deux fois par an quand ils ne seront pas partis en vacances à l'étranger... Salutations

17 novembre 2017 par ROEDERER

Oui,oui ! magnifique tout ça ! Il n'en reste pas moins qu'il y avait des ruminants sur terre AVANT qu'il n'y ait des hommes ( au fait, ces mammifères-là émettent aussi du méthane dans leurs flatulences... on préconise quoi pour limiter cela ???), et on ne parlait pas de réchauffement climatique (les mammouths de la dernière glaciation devaient sans doute en émettre un paquet compte tenu de leur régime alimentaire...) . Les méthaniseurs ? QUELLE BLAGUE ! Ceux qu'on a été voir en Allemagne, ne fonctionnent vraiment qu'en été (avec des cultures fourragères dédiées), et relâchent leur gaz dans l'atmosphère parce que personne en a besoin à ce moment ( moins d'électricité consommée (20% de l'énergie de l'outil) et surtout pas besoin de chaleur (80 %)). Quelle efficacité !!! Le fumier coupable ? Vous préférez sans aucun doute le lisier ? Ben oui, dans le lisier, il y a moins de carbone, donc moins de méthane produit à l'épandage... Dans l'histoire, j'ai peur qu'on "oublie" (volontairement ?) les GES dûs aux gaz réfrigérants de nos climatiseurs, leur effet est bien plus dévastateur que le méthane (21 fois plus "puissant" que le CO2, mais qui reste dans l'atmosphère 10 fois moins longtemps..;), en effet ces gaz auraient un effet 21000 fois plus fort que le CO2. Mais ça dérangerait beaucoup trop de gents que de savoir cela ( et combien de lobbys...?). En fait, le véritable objet de ces polémiques médiatiques et politiques ( soyez rassurés, eux ne manqueront jamais de rien...), c'est la délocalisation de l'agriculture dans les pays de l'Est (au mieux) ou ailleurs dans le monde (au pire) et en particuliers de l'élevage (laitier en particuliers, mais pas que...). Resteront en France quelques bio de luxe pour nourrir nos privilégiés à pas cher (concurrencés par les prix de la merde vendue sur le marché mondial...). A bon entendeur, salutations...

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