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Gel

Des dégâts à prévoir sur les orges de printemps semées à l’automne et les blés durs

16 février 2012

L’épisode de gel vient de se terminer. Il est encore difficile d’évaluer les dégâts, tout pouvant encore changer en l’espace de quelques jours. Les orges de printemps semées à l’automne et les blés durs font toutefois parties des espèces à surveiller de près.

En dehors de la Bretagne et du pourtour méditerranéen, l’ensemble du territoire a connu des températures minimales inférieures à -8°C, voire -10°C. Certaines zones ont même enregistré des -18°C à -20°C ! A l’opposé, la couverture neigeuse n’a quasiment pas concerné la moitié Est du territoire. Certes, elle est arrivée après le début de la chute des températures, mais elle a quand même procuré une protection intéressante et appréciable là où elle était présente.

Peu de parcelles au-delà du stade épi 1 cm

Il faut tenir compte de ces particularités pour établir un diagnostic. D’abord, compte tenu de l’intensité du gel (valeurs des minima observés), et des modalités d’apparition du gel, les dégâts porteront prioritairement sur les espèces les plus sensibles : orges de printemps semées à l’automne, blés dur puis les orges d’hiver et blé tendre les plus sensibles au gel.

Ensuite, s’ajoute à ces conditions, un facteur stade car certaines parcelles avaient franchi le stade épi à 1cm : dans ce cas, la plante redevient plus sensible, les gels d’épis pouvant apparaître dès lors que la température se situe au-dessous de -5°C sous abri (soit -8°C environ au niveau du champ). Bien heureusement de telles parcelles restent rares et concernent les variétés les plus alternatives, précoces au stade épi à 1cm et semées tôt, qui ont profité des conditions exceptionnelles de douceur de l’automne et du début de l’hiver. La grande majorité des céréales sont au stade maximal de résistance : plein tallage. L’enneigement a également été présent mais localisé de manière hétérogène sur le territoire.

Des espèces plus sensibles au froid

Au niveau des céréales à paille, les premières préoccupations vont donc s’orienter vers les orges de printemps semées dès l’automne (Beauce, Berry, plus ponctuellement Ile-de- France, Champagne, Poitou-Charentes). Il est très probable que les cultures soient complètement détruites, notamment en l’absence de neige.

Le blé dur est particulièrement préoccupant, car sensible au froid. Néanmoins, il existe une variabilité génétique marquée, et certaines parcelles résisteront alors que celles voisines disparaitront. Des variétés comme Karur présentent actuellement peu ou pas de symptômes alors que les dégâts sont beaucoup plus sévères sur Sculptur. La variété Miradoux semble aujourd’hui ne pas trop avoir subi de dégâts. Dans certains secteurs (Poitou-Charentes, Sud-Ouest), la montaison était entamée pour un certain nombre de parcelles : selon le niveau de froid, la disparition du maitre-brin ou une destruction complète des plantes pourront être observées.

L’orge d’hiver aura sans doute touché ses limites de résistance au froid dans certains secteurs, notamment des variétés sensibles au froid comme Esterel et Champie.

Pour les blés tendres, les blés améliorants, généralement alternatifs et peu résistants au froid (notes souvent inférieures à 3) et par conséquent particulièrement à risque, sont à distinguer des blés tendres plus « hiver », qui tiendront très certainement le choc en dehors de dégâts foliaires ou de maitre-brins détruits dans les situations anormalement précoces.

Selon l’intensité du gel, la présence de neige, les espèces et variétés mises en place et le stade des cultures lors de l’arrivée du froid, de fortes disparités régionales des dégâts aux cultures sont à prévoir.

Des risques climatiques limités à court terme

Les conditions actuelles sont plutôt favorables à une limitation des dégâts : pas d’alternance gel-dégel, pas de vent desséchant qui ferait perdre leur eau aux cultures, pas d’excès d’eau outre-mesure autre que la fonte de la neige. Par contre, il faut surveiller avec attention les prévisions météo de début de semaine prochaine, où de petites gelées sont à nouveau annoncées. Rappelons-nous la campagne 2003 qui s’était traduite par 5 ou 6 cycles gel-dégel. Il faut donc espérer que ce premier dégel soit le dernier.

ARVALIS-Institut du végétal

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