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Un agriculteur analyse une image satellite de sa parcelle de blé pour piloter le dernier apport d’azote (fin montaison) en 2019 dans le Centre Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Derniers apports d’azote sur blé : diagnostiquer et s’adapter

25 avril 2019

Avec le manque de pluies, la valorisation de l’azote a pu être aléatoire. Pour vous aider dans la gestion de votre dernier apport, voici quelques éléments qui devront vous permettre de faire votre propre diagnostic. Les objectifs : ajuster votre stratégie de fertilisation et notamment, l’adapter avec l’utilisation d’outils de pilotage.

La valorisation de la majorité des apports effectués autour du stade épi 1 cm est incertaine et variable selon plusieurs facteurs : les dates d’apports, la pluviométrie rencontrée (ou la possibilité d’irriguer), le délai entre l’apport et les pluies (si elles ont eu lieu), le vent et la forme utilisée

Quelle valorisation pour les derniers apports ?

En cas d’absence de pluie suite à un apport azoté, les engrais restent en surface du sol (non dissolution des granules pour les engrais solides) et sont soumis aux pertes par volatilisation ammoniacale, diminuant ainsi l’efficacité des engrais et pouvant conduire à des stress azotés si les pluies ne reviennent pas assez tôt.

Il est aujourd’hui nécessaire de bien diagnostiquer si l’apport début montaison (épi 1 cm) présente des difficultés de valorisation vis-à-vis de la pluie. Le seuil « critique » classiquement utilisé est le cumul de 15 mm de pluie pendant les 15 jours (mais ce seuil est certainement variable selon le type de sol et la répartition des pluies).

La forme utilisée est également importante :

- la solution azotée est la forme la plus sensible aux phénomènes de volatilisation et d’organisation par la biomasse microbienne du sol en conditions difficiles. Sans précipitations après un apport, on peut supposer qu’une grande partie de l’azote est perdue et que même avec un retour des pluies significatif, il ne faut pas compter sur une valorisation tardive de cet apport. La carence détectée aujourd’hui et la dose préconisée par l’outil de pilotage devra être appliquée dans sa totalité sous réserve que le potentiel ne soit pas entamé.

- l’ammonitrate ou les urées additionnées d’inhibiteurs d’uréases sont les formes les moins sensibles à la volatilisation. Il est envisageable qu’une partie de l’azote de l’apport épi 1 cm non valorisée aujourd’hui le soit plus tardivement avec un retour des pluies. Dans cette situation un pilotage plus tardif peut être envisagé pour prendre en compte cette valorisation.

- l’urée présente un comportement intermédiaire entre les deux situations précédentes. Un diagnostic de la parcelle associé à un bilan de valorisation de l’apport épi 1 cm est nécessaire.

Tableau 1 : Caractérisation du niveau de valorisation de l’engrais azoté apporté en fonction du cumul de précipitations des 15 jours suivant l’apport

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(Attention, entre le 10/04 et le 30/04, les cumuls sont basés sur les prévisions de pluies par Météo-France jusqu’au 01/05, ils sont calculés sur un nombre de jours inférieur à 15 et devront être complétés avec les prévisions ultérieures).

Légende : vert si > 15 mm, orange si compris entre 5 et 15 mm, rouge si < 5 mm.

Nous pouvons globalement noter que :

- Les apports effectués avant le 8 mars ont été assez bien valorisés dans le contexte de de l’année (hors Puy-de-Dôme).
- Après le 8 mars, la pluviométrie a été limitante dans la plupart des secteurs de la région et n’a permis, dans le meilleur des cas, qu’une valorisation partielle des apports.
- Certaines zones ont bénéficié de pluies d’orages localisées qui ont permis la valorisation des apports effectués sur la fin mars.

Avec un stress hydrique qui perdure, il convient également de définir si une baisse de rendement est déjà à prévoir par rapport à l’objectif de rendement initial, ce qui impliquera de revoir à la baisse la dose d’azote à apporter.

Dans tous les cas, la pluie (ou l’irrigation) sera nécessaire pour retrouver une efficacité (totale ou partielle) des apports d’engrais déjà effectués ou programmés pour le troisième apport.

Quid de l’utilisation des outils de pilotage dans les conditions de l’année

La première condition pour une utilisation pertinente d’un outil de pilotage est que l’apport d’azote principal à épi 1 cm soit valorisé par la plante. Dans le cas contraire, l’outil va diagnostiquer une plante carencée mais on ne pourra pas définir une dose correctrice à apporter puisque tout ou partie de l’apport épi 1 cm est encore dans le sol, non valorisé par la plante.

Pour que le dernier apport d’azote réalisé soit considéré comme valorisé et que l’utilisation d’un outil de pilotage apporte toute sa pertinence, on considère qu’un cumul de 15 mm de pluie depuis ce dernier apport est nécessaire et que 15 jours se soient écoulés depuis l’apport et 5 jours depuis les dernières pluies (afin que le diagnostic effectué au sommet de la plante soit pertinent).

Suite à un diagnostic par un outil de pilotage, il faudra, dans la mesure du possible, estimer la part de l’azote apporté qui est n’est pas encore absorbée par la culture et qui reste encore disponible. On pourra déduire cette quantité d’azote de la dose préconisée.

Dans le cadre de Farmstar®, la méthode utilisée (méthode QN) pour le calcul de la dose préconisée fin montaison, intègre l’effet du stress hydrique sur le potentiel de croissance de la plante. Les préconisations prennent en compte l’éventuel impact du stress hydrique sur le potentiel.

En résuméDans l’hypothèse de retour de pluies significatives d’ici le stade dernière feuille étalée, interpréter le conseil d’un outil de pilotage nécessite d’estimer :
• l’azote du dernier apport déjà absorbé,
• l’azote du dernier apport encore absorbable,
• l’azote du dernier apport perdu par volatilisation ou organisation,
• l’éventuel impact d’un stress hydrique sur le potentiel (révision de la dose d’azote à la baisse en cas de rendement impacté).
Pour décider de la dose complémentaire éventuellement nécessaire pour atteindre le potentiel, il sera indispensable de prendre en compte les conditions particulières de chacune des parcelles (dates, doses et formes d’apport).

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