9 décembre 2014

Maladies des céréales à paille

Définir sa stratégie fongicide : les points-clés

Première étape pour bâtir son programme fongicide a priori, une évaluation agronomique spécifique à la parcelle est indispensable. Ce programme devra être ajusté en fonction des conditions climatiques de l’année. Attention, il faut veiller à diversifier les modes d’action pour minimiser les risques de résistance.

Construire sa stratégie de lutte fongicide consiste dans un premier temps à établir des programmes prévisionnels pour anticiper les risques de développement des maladies. Ces programmes doivent tenir compte de l’historique de la parcelle, des pratiques culturales, et du niveau de sensibilité des variétés aux maladies. Mais il faut savoir aussi adapter son programme fongicide au contexte parasitaire de l’année qui dépend principalement des conditions climatiques. Des modèles agro-climatiques, des outils d’aide à la décision, et des Bulletins de santé du végétal sont à votre disposition pour bien positionner les traitements.

Sommaire

Etablir des programmes fongicides prévisionnels

Ajuster le programme au contexte parasitaire de l'année

Décider d'une intervention fongicide

Eviter l'apparition de résistances

Recommandations générales d'ARVALIS

Etablir des programmes fongicides prévisionnels

Un certain nombre de règles doivent être prises en compte pour définir des programmes a priori. La première est l’évaluation agronomique des risques spécifiques liés à la parcelle. Certaines maladies sont inféodées à la parcelle. Ainsi, l’estimation du risque piétin-verse est largement déterminée par l’inoculum présent dans la parcelle. Ce champignon se conserve sur les résidus de récolte. Par conséquent, si le développement de cette maladie a déjà été important sur la parcelle, le risque piétin-verse reste très élevé si un blé est de nouveau implanté. De même, le risque fusarioses des épis dans les parcelles conduites en non-labour est particulièrement élevé derrière des précédents maïs ou sorgho qui conservent l'inoculum.

Le second critère à prendre en compte est la tolérance de la variété aux maladies. Les seuils d’intervention diffèreront pour une maladie donnée selon que la variété est sensible ou non à la maladie. La prise en compte de ces deux facteurs permettent de définir des programmes prévisionnels fongicides à la parcelle qui limiteront le développement des maladies à risques.


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Ajuster le programme au contexte parasitaire de l’année

Cependant, la stratégie fongicide définie de façon prévisionnelle nécessite des ajustements au contexte parasitaire de l’année. Il faut tenir compte notamment du climat. A titre d’exemple, des pluies répétées durant la phase de montaison favorisent le développement de la septoriose et la contamination rapide des étages supérieurs du blé. De même, la persistance d’un temps humide durant la floraison augmente le risque d’apparition des fusarioses des épis. Enfin, de manière générale un temps doux et humide durant l’automne et l’hiver sont favorables à la grande majorité des maladies du blé. Les ajustements en cours de saison sont possibles grâce à des outils d’aide à la décision comme FONGISCOPE Blé tendre®, des modèles agro-climatiques tels que TOP qui permet de préciser le risque climatique de l’année en début montaison pour le piétin-verse ou Septo-LIS® qui permet de compléter utilement les observations pour positionner au mieux l’intervention contre la septoriose. Le suivi régulier des Bulletins de Santé du Végétal est également une aide précieuse.


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Décider d’une intervention fongicide

Pour décider si une intervention se justifie et positionner au mieux les traitements, ARVALIS – Institut du végétal a mis au point des seuils d’intervention pour les principales maladies rencontrées sur céréales à paille. Ces seuils tiennent compte de la sensibilité variétale. Retrouvez ces seuils d’intervention en accédant aux articles consacrés aux maladies du blé tendre (septoriose, oïdium, piétin-verse, rouille jaune, rouille brune), et de l’orge (helminthosporiose, rhynchosporiose).


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Eviter l’apparition de résistances

Diversifier les modes d’action et les substances actives reste le principe de base de la gestion des risques de résistance. Une seule application de SDHI sur blé apparaît suffisante techniquement et permet de limiter les risques d'apparition de souches résistantes à cette famille. Malgré la présence de résistance, la même recommandation demeure pour les strobilurines. Le chlorothalonil garde tout son intérêt en association, dans le cadre de programmes.

Pour les triazoles, vis-à-vis des maladies des céréales, les substances actives les plus efficaces peuvent toujours être utilisées mais de préférence associées à un autre mode d'action. Eviter de recourir à la même molécule, plus d’une fois par saison. 


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Recommandations générales d’ARVALIS

• Préférer des variétés peu sensibles aux maladies et éviter d’utiliser des variétés de blé ou d’orge sensibles sur de grandes surfaces.

• Diversifier les variétés à l’échelle de l’exploitation, de la micro-région et d’une année sur l’autre pour favoriser la durabilité des résistances génétiques.

• Privilégier les pratiques culturales permettant de réduire le risque parasitaire, notamment en limitant l’inoculum primaire (ex : rotation, labour, date de semis, gestion des repousses de céréales notamment dans l’interculture…) ou la progression de la maladie (densité, azote)...

• Raisonner le positionnement des interventions en fonction du développement des maladies grâce à des méthodes fiables d’observation et de suivi de l’épidémie (modélisation puis symptômes).

• Limiter le nombre d’applications chaque saison avec des matières actives de la même famille (caractérisées généralement par une résistance croisée positive).

• Diversifier les modes d’action en alternant ou en associant les molécules dans les programmes de traitements, pour minimiser le risque de développement de résistance.

• Recourir lorsque cela est possible et utile aux fongicides multisites, moins susceptibles de sélectionner des populations résistantes, en particulier sur septoriose.


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Retrouvez les préconisations proposées pour 2015 pour protéger :
- les blés
- les orges,
- le triticale.


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Gilles COULEAUD, Jean Yves MAUFRAS, Claude MAUMENE (ARVALIS - Institut du végétal)

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