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Chantier de semis d’orge d’hiver en 2018 dans le centre Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Décalage des semis d’orge : des bénéfices compensatoires

18 octobre 2018

Avec le contexte sec de cette année, les semis des orges d’hiver vont être probablement retardés. Quelles conséquences sur les rendements et les interventions de début de campagne ?

L’absence très marquée de pluies significatives (voir carte 1) depuis bientôt 2 mois conduit à une quasi absence de repousses des précédents blé tendre. Le récent épisode de pluies annoncées ce dernier week-end ne s’est traduit malheureusement que par quelques gouttes éparses. Une levée concomitante de la culture d’orge d’hiver et des repousses de blé (principal précédent) serait alors ingérable (pas de solutions agronomiques ou chimiques) et conduirait à des déclassements importants des lots au moment de la récolte.

Carte 1 : Cumuls de pluie sur les régions Centre – Ile-de-France – Auvergne du 15/09/18 au 10/1/18

Autre raison d’envisager un décalage de la date de semis, l’absence totale de levées d’adventices de type graminées, vulpin ou ray-grass, pour lesquelles le désherbage uniquement chimique ne suffit plus à gérer les fortes infestations.

Une baisse des rendements à prévoir ?

La date que « tout le monde a en tête » du 20 octobre pour arrêter les semis d’orge d’hiver se retrouve effectivement. Au-delà de cette date, les « gros potentiels » ne sont plus atteignables. Les dates de semis plus tardives jusqu’à la fin novembre affichent effectivement une baisse de rendement de l’ordre de 10 %.

Figure 1 : Rendements en (%) de la moyenne – Région Centre - Ile-de-France - Essais ARVALIS orge d’hiver 1992 - 2018

A noter que les dates de semis plus tardives sont souvent imposées par des débuts d’automnes pluvieux et donc, des conditions d’implantations souvent difficiles ; conditions que l’orge d’hiver apprécie peu !

Est-ce le cas cet automne ? Non !

Les conditions de semis sont aujourd’hui dans les parcelles peu motteuses très bonne et peuvent supporter l’arrivée de pluies conséquentes avant de dégrader fortement la qualité d’implantation.

Si on estime que la perte de rendement entre un semis de début octobre vs mi-novembre est de 10 %, il faut mettre en face les bénéfices associés à une date de semis tardive :
- absence d’insecticide d’automne ou limité à un seul (+/- 15 €/ha passage compris),
- effet « date de semis » sur le volet désherbage : non négligeable et peu éviter un passage d’automne (+/- 55 €/ha passage compris),
- gérer les repousses de blé et éviter le déclassement à la récolte pour les brassicoles (prime brassicole de +/- 20 €/t valeur aujourd’hui sur un potentiel de 7 t = 140 €/ha),
- non modification de l’assolement, ce qui à long terme à l’échelle d’une rotation complète reste bénéfique.

Au finalUne économie/bénéfice proche des +/- 200 €/ha pour une orge brassicole entre un semis avant le 15/10 et un semis début novembre qui compense « largement » les 10 % de perte de rendement potentiel.

Revoir la densité de semis

Les semis tardifs au-delà du 20/25 octobre imposent de majorer les densités de semis prévues initialement. Le rendement des orges est sensible à la composante nombre d’épis par m², il faut donc assurer cette première composante par un nombre de pieds/m² suffisant. Ainsi, il est recommander de majorer les densités de l’ordre de 1 % par jour de retard à partir du 20 octobre, soit une augmentation moyenne de 15 % pour des semis de début novembre.

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3 commentaires 22 octobre 2018 par PERREAU

c 'est possible, encore faut-il que tout le stock de semences bouge au même moment et utiliser un semoir qui brasse bien la terre.

21 octobre 2018 par KIEN

Je pense qu’il ne faut pas attendre de voir les repousses sortir de terre. A partir du moment où elle sont germées, la destruction mécanique par le semis suffira, je pense, à les détruire

19 octobre 2018 par PERREAU

Aujourdhui 19 Octobre, il n'a toujours pas plu. Il n'est rien prévu d'ici fin Octobre. Imaginons qu'il pleuve quand même un peu vers le 25/10, disons 15/20 mm, de quoi faire lever tout ce qui n'a pas encore bouger, il faudra attendre au moins 10 jours avant de voir quoi que ce soit en surface du sol. Cela nous pousse vers le 5/11 et ça en admettant qu'il pleuve avant fin octobre. La question qui se pose, n'est pas combien on va perdre pour un semi début novembre mais pour un semi au delà du 15/11 et jusqu’à quelle date on peut repousser le semi.

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