En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Bilan qualité maïs fourrage 2017 - Chantiers d’ensilage de maïs Bilan maïs fourrage 2017

De la qualité en quantité dans les silos !

22 novembre 2017

Des implantations précoces, un printemps favorable à la mise en place de la culture et un été propice au remplissage des grains expliquent les bons résultats obtenus en 2017, en rendement comme en valeur alimentaire. Par rapport à 2016, les ensilages sont en moyenne plus riches en énergie et moins encombrants. Vigilance donc dans la construction des rations avec des maïs parfois trop riches en amidon.

Les semis 2017 ont débuté précocement : avril voire un peu en décalage sur mai pour la Bretagne et l’Aquitaine. Dans le Nord, le Nord-est et le Centre, les gelées d’avril n’ont pas eu d’incidence, même sur les premiers semis alors au stade 2-3 feuilles. Au 10 juillet, le cumul de températures est excédentaire de 40 à 120 degrés jours par rapport à la normale, accélérant le développement des plantes. Les floraisons ont eu lieu avec 2 voire 12 jours d’avance selon les régions. Les orages et les pluies de fin juin et début juillet ont favorisé la mise en place des épis. Les récoltes ont débuté fin août dans les régions les plus avancées pour s’achever vers la mi-octobre.

Des rendements élevés dans presque toutes les régions

Les rendements 2017 sont élevés, nettement supérieurs à la moyenne quinquennale dans la grande majorité des régions. Cela s’explique par un bon gabarit des plantes, un nombre élevé de grains et un bon remplissage de ceux-ci en lien avec le climat de l’arrière-saison.

Le rendement moyen national est estimé à 13,8 t MS/ha (contre 12 t MS/ha en 2016). Seule la région Rhône-Alpes, marquée par un déficit hydrique important, affiche un rendement moyen en retrait par rapport à la normale. Les régions mitoyennes de Rhône-Alpes ont pu aussi être impactées par cette sécheresse.

Les teneurs en MS à la récolte ont été largement dépassées presque partout, sauf sur la frange côtière de la Manche où la médiane se situe à 32,3 % MS, contre 34,5 % MS pour le reste du territoire. Ces teneurs sont toutefois très variables : elles peuvent être élevés pour des récoltes de fin août – début septembre, car les maïs les plus avancés ont desséché en fin de cycle sous l’influence de fortes températures de la dernière semaine d’août. Elles sont plus proches de la normale pour les maïs de la bordure maritime nord-ouest ayant subi un climat en fin de cycle moins chaud et plus régulièrement arrosé.


Figure 1 : Maïs fourrage 2017 - Estimation des rendements moyens régionaux (source ARVALIS - Institut du végétal)

Des maïs riches en amidon

Côté qualité, les résultats sont également satisfaisants.

Les teneurs en amidon sont en moyenne de 33,0 % à l’échelle du territoire. Elles sont peu différentes d’une région à l’autre. Dans le Sud-Est, la sécheresse estivale a conduit à une teneur un peu inférieure (31,4 % en médiane).

Les taux de remplissage élevés des épis ont pour conséquence d’augmenter le taux d’amidon dégradable dans le rumen par rapport à l’année dernière. Vigilance donc dans la construction des rations pour garantir une fibrosité suffisante pour assurer le bon confort digestif des animaux ! Dans plus de la moitié des départements, surtout en zone Sud-Ouest et Nord-Est, plus d’un quart des silos présentent des teneurs en amidon dégradable dans le rumen à plus de 300 g/kg MS.

Des appareils végétatifs encore bien digestibles à la récolte

Après une année 2016 où les maïs présentaient déjà un haut niveau de fibres digestibles, les valeurs de digestibilité du NDF (dNDF) de cette année sont aussi élevées, avec en médiane une dNDF à 51,1 %.

Les ensilages réalisés dans la zone Sud-Est sont particulièrement digestibles (dNDF à 52,6 %).

Des valeurs alimentaires élevées

Les teneurs en MAT des ensilages de maïs sont particulièrement élevées cette année avec + 0,6 point en moyenne par rapport à 2016, soit 7,7 g de MAT par kg MS. Les valeurs azotées sont donc aussi plus élevées qu’en 2016 avec + 4 g de PDIN et + 2 g de PDIE pour arriver à une valeur moyenne « France » assez stable entre régions à 48 g/kg MS de PDIN et 71 g/kg MS de PDIE.

Les teneurs en UFL des maïs fourrage à l’échelle nationale sont en légère augmentation (+ 0,01 UFL/kg MS) par rapport à l’année dernière. En 2017, la teneur moyenne en UFL s’élève à 0,92 UFL/kg MS avec un écart-type élevé à 0,04. Comme habituellement, on ne constate que très peu de différence (moins de 0,01) entre zones sur la teneur en énergie des ensilages de maïs. L’origine de cette énergie est aussi assez similaire avec seulement la zone Sud-Est à retenir comme ayant des maïs légèrement moins riches en amidon mais une meilleure dNDf qui rattrape bien la teneur en énergie globale.

De fortes disparités sont toutefois constatées à l’échelle régionale sur le niveau des UF mais surtout sur l’origine de l’énergie. Il y a tout de même 20 % des ensilages de 2017 qui sont en dehors du créneau courant « 0,88 – 0,97 UFL » ! Alors que 20 % des ensilages sont en dessous de 230 g d’amidon dégradable par kg de MS, 20 % sont à plus de 300 g/kg MS ! Les digestibilités des fibres sont aussi variables avec un écart-type observé à plus de 5 points pour une moyenne à 51,1 %. Une fois de plus il est impératif de ne pas s’arrêter à la valeur UF seule d’un maïs pour caler la ration des animaux !


Tableau 1 : Caractéristiques qualitatives des maïs fourrage 2017 : valeurs moyennes et écart-types par région

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Nota. La base de données constituée rassemble 7433 analyses de fourrages effectuées par 14 organismes : MiXscience avec Sanders, Evialis, GERM-SERVICES, Laboratoire CESAR, Alicoop, OCELIA, Atlantic Conseil Elevage, Elevage Conseil Loire Anjou, DFP Nutraliance, Prisma, Bretagne Conseil Elevage Ouest, CLASEL, EILYPS, Optival, Union Laitière de la Meuse.

Quelques précautions pour construire les rations avec les maïs fourrage 2017Les maïs 2017 sont pour la majorité particulièrement riches en amidon avec une bonne qualité des tiges et feuilles. Ils devront être intégrés avec précaution dans les rations des vaches laitières pour rester sous la barre des 23-24 % d’amidon dans la ration. L’apport de quelques kilos de matière sèche d’herbe sous forme ensilée ou enrubannée pourra être très bénéfique à la qualité de digestion.
La bonne qualité des maïs 2017 devrait permettre une légère augmentation de la production laitière en lien avec la bonne ingestibilité (- 0,01 UEL) et une bonne valeur UFL (+ 0,01) par rapport à 2016.
La richesse en amidon des maïs 2017 devraient également bénéficier à la production de viande issue des animaux en finition en permettant d’augmenter la densité énergétique sans pour autant poser de problème sanitaire. Les jeunes bovins en engraissement supportent en effet des teneurs en amidon de ration élevées : 35-38 %.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10