En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Ensilage maïs fourrage coupe haute Alimentation des ruminants

Récolte du maïs fourrage : qu'attendre d'une coupe haute ?

16 septembre 2021

La campagne fourragère 2021 se distingue par une pousse exceptionnelle d’herbe en juin et juillet. La période de pâturage s'est prolongée durant l’été, et les éleveurs ont pu épargner leurs réserves et constituer de nouveaux stocks d’herbe en ensilage, enrubannage ou en foin. Comme les rendements en maïs fourrage s’annoncent bons également, certains éleveurs envisagent d’élever la hauteur de coupe à la récolte. Le point sur les enjeux liés à cette technique.

La récolte du maïs fourrage plante entière en coupe haute peut avoir deux objectifs, selon la situation :
- Augmenter la teneur en matière sèche du produit récolté. C’est intéressant dans le cas où on craint de ne pas atteindre le seuil minimum pour la récolte (30 % MS plante entière) en fin de saison (date de semis tardive, précocité variétale inadaptée). En revanche, cette pratique n’est pas recommandée sur des maïs à des stades déjà bien avancés, au-delà de 35 % MS.
- Augmenter la valeur énergétique du produit récolté. Intéressant pour l’alimentation d’animaux exigeants (vaches laitières à haut potentiel, jeunes bovins à l’engraissement). Dans ce cas, la coupe haute peut être considérée comme une technique intermédiaire entre une récolte classique ensilage plante entière et une récolte ensilage d’épis complets.

Afin de chiffrer l’impact d’une récolte en coupe haute, Arvalis a réalisé en 2014 deux essais sur ses stations expérimentales de La Jaillière (44) et de Saint-Hilaire-en-Woëvre (55). En comparaison à une coupe classique d’une hauteur moyenne de 15 cm, une coupe haute a été réalisée à 55 cm, à la même date. Cinq variétés ont été étudiées, avec des réponses très similaires.

Moins de rendement mais une teneur en amidon supérieure

Le relèvement de la barre de coupe de 40 cm (passant de 15 à 55 cm au-dessus du sol) concentre le fourrage récolté sur la partie haute contenant l’épi. La coupe haute augmente la teneur en MS du fourrage de 2,6 points (tableau 1). La diminution de la proportion de tiges permet de diminuer la teneur en fibres du fourrage, mais sa teneur en amidon augmente de 10 %, soit environ 3 points d’amidon supplémentaires.

Le rendement diminue de 9 %, passant de 15,6 t MS/ha pour une coupe à 15 cm, à 14,2 t MS/ha pour une coupe à 55 cm. Quelles que soient les variétés de maïs étudiées, la perte de rendement entre 15 et 55 cm de hauteur de coupe est de 35 kg MS/cm/ha dans nos essais (contre 45 kg MS/cm/ha pour une moyenne de 15 références internationales).

Tableau 1 : impact de la hauteur de coupe du maïs fourrage sur différents critères (2 essais ARVALIS, 2014 ; rendement et % MS : 5 variétés, analyses qualité : 3 variétés)

La digestibilité et la valeur énergétique du maïs fourrage coupé haut s’améliorent

La coupe à 15 cm permet d’obtenir un fourrage dont la dégradabilité ruminale a été mesurée à 55,4 %, contre 56,9 % pour une coupe à 55 cm. L’augmentation de la digestibilité estimée de la matière sèche est ainsi de 2,4 points (références USA = +2,2 points).

Les valeurs azotées estimées pour les variétés étudiées varient peu entre un maïs fourrage coupé à 15 cm et à 55 cm, même si une légère augmentation de la teneur en protéines digestibles (+1 g PDIE et +3 g PDIN par kg de MS) a été observée. La valeur énergétique est augmentée d’environ 0,04 UFL/kg MS. Un maïs fourrage récolté haut aura souvent une valeur comprise entre 0,95 et 1 UFL/kg MS. A noter que ce type de fourrage, plus riche en amidon qu’un maïs classique, sera à utiliser avec précaution dans les rations de vaches laitières afin d’éviter d’éventuels troubles métaboliques (acidose).

Adapter la ration pour une bonne valorisation

Le maïs coupé haut est un fourrage à haute valeur nutritive en raison de sa meilleure digestibilité. Ce fourrage sera très bien valorisé par des animaux à haut niveau de production à condition d’adapter la ration pour conserver une teneur en fibres suffisante. Il sera idéalement associé à un ensilage d’herbe (ou méteil, luzerne, …) pour limiter les interactions digestives et valoriser pleinement le potentiel énergétique de ces maïs. Pour une ration de vaches laitières, on visera idéalement au minimum 35 % NDF et maximum 19-22 % d’amidon dégradable dans le rumen, soit 25 % d’amidon total.

Sur une exploitation, le chantier d’ensilage du maïs fourrage est très souvent réalisé à une date fixe et unique. Les parcelles étant à des stades différents, cela génère une hétérogénéité au silo. Dans la mesure où on accepte une perte de rendement, la coupe haute permet d’homogénéiser la qualité du fourrage récolté (teneur en matière sèche, teneur en amidon). Ceci facilite l’ajustement des rations et limite l’impact des transitions alimentaires, pour de meilleures performances animales.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

3 commentaires 18 septembre 2021 par COLINEAU

Vous ne parler pas d UEL , c est un des éléments très intéressant , en coupe haute, quand vous avez des maïs à 0.90 UEL pour 1 UFL, faites une ration en comparaisons d un mais à 0.95 UFL et 1.,05 UEL Vous constaterez une belle différence de couverture des besoins énergétiques et protéines de la ration avec pratiquement 15 % d ingestion en plus. Chez moi , depuis 5 ans coupe haute de 40 cm à 60 suivant la taille du maïs

17 septembre 2021 par PERROT

cette annee nous avons ensile le 4 09 et comme le mais etait particulierement haut ,nous avons ensile a 40 cm de haut . on verra le rsultat dans 2 mois a l'ouverture du silo

17 septembre 2021 par ROEDERER

Après de nombreuses années à faire de l'ensilage PE à 15-20cm, et de l'ensilage d'épis, j'apprécie beaucoup de pouvoir jouer sur le levier énergétique de la ration pour l'ajuster aux besoins des animaux: moins de densité énergétique pour les génisses et les taries (donc plante entière seul), plus pour les vaches en lactation (tout en gardant de la souplesse: ajustement des apports de maïs épis en fonction des valeurs de la plante entière et des niveaux de lactation. De plus, sans en avoir la preuve, je suppose que les celluloses de l'épi sont intéressantes pour éviter l'acidose (vs grain inerté). Pour cette année, je vais peut-être relever la coupe à 35-40, mais pas au-dessus.

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10